Pivi parle : « comment j’ai imposé Dadis au pouvoir devant Sékouba… »

Qui faut-il désormais croire? Le colonel Claude Pivi « Coplan », ex-ministre de la sécurité présidentielle sous le CNDD est revenu lundi à son tour sur la prise du pouvoir en décembre 2008 par le capitaine Moussa Dadis Camara. A la barre, « Grand Co », comme l’appelle affectueusement Toumba, a indiqué avoir été celui qui a imposé Dadis au pouvoir devant le général Sékouba Konaté, alors puissant chef du BATA [Bataillon autonome des troupes aéroportées]. Une narration qui contredit celle du commandant Toumba Diakité🔻

« C’est depuis très longtemps que nous avions siégé là-dessus. Souvent, on disait que le jour que Dieu va appeler le Président feu Lansana Conté, il faudrait qu’on prenne le pouvoir. Comme c’est moi qui étais porte-parole de l’armée à l’époque, alors toutes les équipes tournaient autour de moi pour se renseigner sur tout ce qui se passait. Et dès que le Président est mort la nuit, je fus informé par la garde rapprochée qui était au palais. À mon tour, j’ai aussitôt informé le Président Dadis parce que nous étions ensemble. Je lui ai demandé de rentrer avec son ami Kélè [Kèlètigui Faro] paix à son âme, en lui disant que moi je devrais aller au camp pour une organisation par rapport à la situation qui était arrivée. Un peu plus tard, on s’est rendus au Bata pour aller informer les commandos qui y étaient. Sauf que le ministre de la défense [le général Sékouba Konaté] n’était pas sur les lieux. C’est à partir de là que j’ai demandé en tant que chef de bataillon, de l’appeler pour qu’il vienne afin de siéger ensemble autour de la situation. On a donc convenu la nuit et moi j’ai dit au Président Dadis Camara, qu’il ne pouvait que se présenter pour que tout se termine afin de voir comment lui donner le pouvoir. Entre-temps, le camp était sous mon contrôle et j’ai essayé de faire des groupes de Bata. C’est après cela que j’ai dit au Général Sékouba Konaté que vous n’avez rien à avoir dedans, et que chacun devrait nous suivre. Avec mon ami Issa (paix à son âme,) on a décidé de se rendre dans le bureau de Sékouba pour les derniers réglages. Sauf que j’avais demandé que 3 personnes plus moi-même 4 qui pouvions être dans le bureau. Mon ami Issa, Sékouba Konaté, Dadis Camara et moi. Vous pouvez demander à certains militaires car c’était devant tout le monde. Alors mon ami Issa a pris la parole pour désigner celui qui doit être Président de la transition. Il a donc dit que c’est le Général Sékouba. J’ai du coup tapé la table pour lui dire qu’il ne devrait pas dire ça. Parce que très longtemps, on avait jugé nécessaire pour dire que le jour que le Président Lansana Conté va mourir, c’est au capitaine Dadis qu’on doit donner le pouvoir, puisque c’était quelqu’un qui nous donnait beaucoup de conseils. J’ai donc demandé à Sékouba Konaté que vous, vous devez être ministre de la défense auprès de son camarade et lui va être Président, et que nous nous devenons ministres auprès d’eux. De là-bas, on est sorti pour aller au bataillon du camp Alpha Yaya Diallo, où on organisé maintenant les autres officiers supérieurs pour mettre en place les membres du CNDD, notamment les généraux comme Toto, et c’est moi qui étais à la porte. Vous pouvez aussi demander aux autres militaires. Aucun militaire de grade comme lieutenant et autres, n’a pu être dans cette salle. Ce n’était que les militaires du rang, des officiers supérieurs que j’ai permis de rentrer pour siéger. Par la suite, j’ai demandé à l’équipe de sortir pour les présenter aux militaires puis à la radio. C’est ce qui a été fait. C’est pourquoi moi je ne peux pas confirmer les propos de Toumba, parce qu’en ce moment il ne pouvait pas être parmi nous, vu le grade qu’il avait. C’est moi qui étais également en contact avec le Président. C’est devant le barreau ici que j’ai entendu dire Toumba a fait ceci ou cela par rapport à la prise de ce pouvoir. En tout cas tout s’est passé devant les militaires guinéens et ils sont témoins. Si Toumba dit que c’était Konaté le plus craint, moi je dirai que c’est moi-même en tant que porte-parole qui ai ordonné d’ouvrir le camp pour lui, parce qu’il était en service à Macenta. J’avais donc le contrôle du bataillon mais aussi de tout le camp ».

Décryptage : Robert Koundouno

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