Plan de riposte au Covid-19 du gouvernement : les enseignants des établissements privés ignorés, cas de N’zérékoré

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Le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana qui s’est exprimé lundi 6 avril 2020 à la télévision nationale a annoncé plusieurs mesures d’accompagnement, une façon d’alléger la charge des populations en cette période de crise sanitaire marquée par la pandémie de Covid-19.

Malheureusement, la cause des enseignants évoluant dans les écoles privées du pays n’a pas été prise en compte.

A N’Zérékoré par exemple, dans la partie sud du pays, ils sont environ 7000 enseignants qui n’auront pas de salaire pendant ce mois d’avril.

En tout cas, c’est ce qu’a laissé entendre le fondateur du groupe scolaire Ramatoulaye Kéita en même temps secrétaire chargé de la communication et des affaires sociale des écoles privée de la préfecture.

« On a fait notre mieux pour pouvoir payer nos enseignants le mois de mars. Mais pour ce mois d’avril, je pense que la situation financière chez nous est compliquée. Là, on ne sera pas en mesure de donner quelque chose aux enseignants contractuels. Sinon le moment est difficile et on souhaitait venir au secours de nos enseignants pour les assister. Imagine qu’ils sont en location mais en plus ils ont la charge de leurs familles. Cette année les cours ont été perturbés à cause des différents événements que vous connaissez » explique Karamo Cissé.

Concernant le plan de riposte contre le Covi-19 annoncée par le gouvernement, le jeune fondateur se dit déçu du fait qu’aucune ligne n’ait été prise pour dit-il aider les enseignants contractuels.

« Moi je pensais que le gouvernement allait consulter notre structure qui est représentée à Conakry. Mais malheureusement rien n’a été fait en ce sens pourtant nous sommes légalement installés dans le pays. Si les écoles sont fermées, comment pourrons nous prendre en charge nos enseignants ? Pourtant c’est la prestation qui est payée. L’État doit revoir comment nous aider au moins à prendre en charge ces enseignants. C’est une doléance, » plaide Monsieur Cissé.

Quant aux enseignants contractuels, c’est un désespoir total qui les anime.

« Depuis le mois de mars d’abord on a réussi que la prestation de 19 jours. Moi par exemple, je me suis retrouvé avec 280 mille francs guinéens. Payer la location, le manger et traiter la famille, c’est un calvaire. Nous payons les conséquences de cette pandémie durement. Il faut que l’État vient en aide » dira Mamadou Tounkara.

Même sentiment chez Mamady Camara. Il trouve les mesures minimes et qui ne tiennent pas également compte de la situation du bas peuple.

« J’ai du mal à comprendre ce gouvernement, car ces mesures-là sont insignifiantes parce que ça ne touche pas tous les Guinéens. Nous qui sommes dans les établissements privés du pays sont mis de côté. Depuis le mois passé notre revenu a été affecté fortement. Ce mois d’avril, nos fondateurs n’ont pas la volonté de nous faire des gestes. Parce que déjà, ils disent que les parents n’ont pas accepté de payer la totalité de la scolarité. Moi, je suis en location, et j’ai une famille, comment je vais m’en occuper ? Là, c’est plus que difficile. Il faut que le premier ministre pense à nous, parce que nous sommes aussi des Guinéens qui ont besoin d’aide pendant cette période de pandémie » se lamente cet enseignant en détresse.

En attendant, ces milliers d’enseignants prennent leur mal en patience.

Amara Souza Soumaoro, correspondant à N’Zérékoré

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