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Societé

PMU : pour sauver son ‘’grenier’’, Jean-Jacques fait de la résistance

« La Loterie nationale de Guinée a le droit de patrimoine et de monopole exclusif sur l’organisation et l’exploitation des jeux de loteries et assimilés en République de Guinée ».

Le décret fixant les statuts de la Loterie nationale de Guinée (LONAGUI) ne souffre d’aucune ambigüité. C’est en se fondant sur ses attributions que la LONAGUI a décidé, enfin, pourrait-on ajouter, de franchir le pas : aller au-delà de la simple régulation pour se lancer dans l’exploitation d’au moins un type de jeu. Comme le font depuis longtemps la plupart de ses homologues en Afrique. Les exemples de la LONASE au Sénégal ou de la LONACI en Côte d’Ivoire, où ces sociétés publiques assurent avec succès l’exploitation (entre autres) des jeux hippiques, sont éloquents à plus d’un titre. Elles y font la fortune de bon nombre de parieurs tout en assurant à l’Etat des recettes largement supérieures à celles que le trésor public guinéen tire des activités de WINIYA SARL, la société de l’homme d’affaires français Jean Jacques Grenier.

La question n’est plus de savoir si la LONAGUI ‘’veut mettre la main sur le PMU’’, pour reprendre une expression lue quelque part. La décision de reprendre l’exploitation des jeux sur les courses hippiques est prise conformément à ses statuts, et aussi en tenant compte du fait que la concession de dix ans accordée à la société WINIYA de J.J. Grenier arrive à son terme.

Le processus est d’ores et déjà enclenchée, la LONAGUI qui a décidé de préserver l’ensemble des emplois (directs et indirects) se dit prête à reprendre la bride de PMU-Guinée dès après la fin du contrat à la date fatidique du 5 août 2019.

Après les complaintes, la plainte avec un motif des plus surréalistes

Evidemment, Jean Jacques Grenier ne voit pas d’un bon œil cette nouvelle option de la LONAGUI, qui risque ainsi de lui ôter de la bouche un bifteck qui vaut des dizaines de milliards de nos francs.

Même si cela ressemble plus à un baroud d’honneur qu’à autre chose (donc vain), le patron de WINIYA espère toujours interrompre un processus qui semble pourtant inexorable. En s’offrant une tribune notamment dans la presse en ligne, avec comme principal argument la « rupture abusive » d’un contrat qui court pourtant jusqu’à son expiration très prochaine. Un contrat, faut-il le préciser, qui n’a connu la moindre interruption depuis 2009.

Dans sa lancée, WINIYA est passée à la vitesse supérieure l’autre semaine, en saisissant le tribunal du commerce pour … « rupture abusive de contrat » !

Avec les montants faramineux qui sont en jeu, le désarroi de J. J. Grenier est bien compréhensible, même si, à cause de ce qui a été dit plus haut, les chances de voir sa démarche prospérer devant Dame Thémis sont quasiment nulles. En l’occurrence, aucun texte, rien n’oblige le concédant à renouveler une concession lorsque celle-ci arrive à échéance. On se demande bien par quel tour de passe-passe juridique l’on fera passer le non-renouvellement d’un contrat pour une rupture abusive dudit contrat.

Pendant ce temps, à la direction de la LONAGUI on n’en a cure.  On s’active comme dans une ruche pour régler les derniers détails avant le grand jour.

Fatoumata Diariou Baldé    

 

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