Connect with us

A la Une

Polémique sur fonios : les deux marques ne peuvent être confondues (rapport d’un mandataire agréé à l’OAPI)

Depuis quelques jours, des internautes guinéens se livrent à de la publicité gratuite en faveur de deux produits qui n’auront peut-être plus besoin d’acheter des espaces publicitaires dans les médias. Il s’agit d’une affaire de fonio dans laquelle des attaques, parfois virulentes, sont adressées contre Fony – spécimen d’une marque de fonio produit par l’Initiative présidentielle pour le développement du monde rural. Les attaques visent également Mohamed Kagnassy, conseiller du Président de la République en développement rural. « Malheureux ce pays où l’initiative présidentielle pilotée par M. Kagnassy, conseiller à la présidence, plagie les innovations des jeunes entrepreneurs (La Petite Damba). En plus des éléments indiqués sur l’emballage, il a même rempli son sachet avec du fonio de La Petite Damba (Preuve à l’appui)… », peut-on lire sur la page Facebook de la Petite Damba, une marque de fonio guinéenne.

Des accusations auxquelles Monsieur Kagnassy n’a jamais répondu. Même si sur les réseaux sociaux, certains internautes ont pris sa défense avec plus ou moins de réussite. « Monsieur Kagnassy ne peut pas se mettre dans une telle polémique qui n’a pas sa raison d’être. Fony ne l’appartient pas,  il appartient plutôt à la Guinée à travers l’Initiative présidentielle pour le développement du monde rural, qui intervient désormais dans le conditionnement et l’emballage des produits agricoles du pays. En plus, Fony n’est pas encore une marque sur le marché, ce n’est qu’un spécimen pour promouvoir le fonio guinéen. S’il y a une chose que monsieur Kagnassy est allé présenter à Paris, c’est la plateforme digitale Kobiri. On a donc profité du stand de Kobiri pour présenter Fony qui veut dire fonio en langue malinké », nous a confié un proche de l’homme d’affaires lors d’un entretien téléphonique. « Ce n’est pas sur les réseaux sociaux que Kagnassy pourrait se défendre. Depuis la semaine dernière, il attend que ceux qui l’accusent portent plainte contre lui. La justice est là pour ça… », a-t-il poursuivi. 

Mediaguinee est allé au-delà de la polémique pour accéder à un rapport du cabinet de conseil en propriété intellectuelle et mandataire agréé à l’OAPI (Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle) Algaphe Consulting – excusé encore de la publicité. Que dit ce rapport ?  Il fait d’abord un rappel sur les conflits en matière de marque. « L’une des parties peut saisir les autorités compétentes (OAPI dans le cadre de marque enregistrée) ou une autorité judiciaire dans le cadre d’une marque non enregistrée… Dans ce  cas, il doit apporter la preuve de sa propriété », indique le cabinet.

«  On ne peut revendiquer Fonio qui est produit naturel »

Pour la comparaison des deux marques (Petite Damba et Fony), le cabinet s’est basé sur les trois niveaux : visuel, conceptuel et sonore des deux éléments. « Au niveau visuel, les deux marques n’ont aucune ressemblance tant au niveau écriture que représentant. L’une Fony, est représentée par une expression verbale, et l’autre (Petite Damba) est représentée par une expression figurative (photo d’une petite fille).

Il faut toutefois relever que pour les deux marques il existe un élément qui leur est commun à savoir « Fonio from Guinea » et « Fonio cultivée en Guinée ». Mais, précise le rapport, « à ce niveau on peut considérer qu’un consommateur lambda de fonio ne peut faire de confusion entre les deux marques. Car on ne peut revendiquer le fonio qui est un produit naturel. Ce qui est important ici ce sont les formes de représentation des marques ».

Au niveau conceptuel, « Fony est conçue pour mettre en valeur une alimentation saine et nutritive à base de fonio concrétisée par un tas de fonio avec tout autour des produits naturels (tomate, courges etc.) », alors que Petite Damba, « en plus de l’idée de mettre en valeur le produit naturel fonio, a conçu une femme africaine tenant entre ses mains une calebasse symbole de la culture africaine ».

Au niveau sonore, le rapport note que la marque de la « Petite Damba » s’entend de manière très distinctive avec la marque « Fony ». Parlant des recettes de préparation, le rapport indique que « cet élément est simplement subjectif et ne peut considérer comme un moyen d’appropriation d’un droit ». Lire ici le rapport complet sur le sujet…

Rapport sur Fony et Petite Damba

 

Continuer la lecture
Cliquer ici pour Commenter

Laisser un commentaire

Suivez-moi sur Facebook

Suivez-moi sur Twitter