Police nationale : un futur « Office national d’identification » pour quoi faire ?

Selon nos sources, le ministre de la sécurité et de la protection civile, le général à la retraite, Bachir Diallo, a émis, il y a quelques semaines, l’idée de la création de l’Office national d’identification (ONI). Cette proposition, qui coïncide aujourd’hui avec la suspension de deux hauts responsables de la police de l’air et des frontières, suite au scandale des passeports, n’est pas partagée en la forme par la haute hiérarchie de la police nationale…

Selon une de nos sources, contrairement aux rumeurs distillées, la haute hiérarchie policière ne s’est pas opposée à la proposition du ministre mais elle aurait demandé de « mettre une forme légale » à la création de cette nouvelle structure voulue par le ministre Bachir.

« Le directeur national de la police a tout simplement demandé, compte tenu des prérogatives importantes qu’un tel office va retirer à la police nationale, de faire un projet de décret pour le soumettre au chef de l’Etat, afin que tout soit clair et transparent sur le plan administratif », a indiqué cette source.

Il semble qu’outre ce retrait d’attributions normalement dévolues à la police nationale dans tous les pays du monde, les arguments de la haute hiérarchie policière ont touché deux autres points : premièrement, un office aura le statut d’un Etablissement public et administratif (EPA) avec tout ce que cela devrait engendrer comme conséquence budgétaire en cette période d’austérité, deuxièmement, un civil ne peut pas gérer des données aussi sensibles qui relèvent parfois du renseignement.

« Dans une telle situation (limogeage des 2 hauts responsables de la police de l’air), le mieux est de renforcer la direction nationale de la police de l’air et des frontières par des cadres de la police compétents et intègres », affirme une autre de nos sources.

Ces explications auraient d’ailleurs été données aux plus hautes autorités du pays, ce qui explique sans doute pourquoi la proposition de décret du ministre Bachir n’a pas été encore validée par le président de la transition.

Pour la petite histoire, la haute hiérarchie policière a été la première a fustiger le scandale qui éclaté autour des passeports, provoquant la suspension de l’ex DG de la police de l’air et son adjointe, suite à une décision interne au ministère.

« Ces questions d’ethnocentrisme sont absolument inventées de toutes pièces. Je pense que c’est ceux qui les distillent qui réfléchissent comme ça et c’est bien dommage », a poursuivi une de nos sources. Cette source indique que le DG de l’ONI et son adjoint auraient déjà été nommés, même si, sentant le vent tourner, certains individus qui s’attendaient ont décidé de s’agiter autour d’un dossier où la « solution » prônée par le ministre Bachir n’offre absolument aucune garantie de performance.

Oumar Bah

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