Politique de l’ethnicité n’est-elle pas un frein au développement de la Guinée ? (Ibrahim Chérif)

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La Guinée dans sa composition ne manque de rien pour se développer rapidement. Car, toutes les chances sont offertes ; les ressources humaines et naturelles pour faire mieux. Cependant, il y a juste un petit détail que nous ignorons dans nos analyses concernant le problème de gouvernance en Guinée c’est-à-dire un élément freinant le développement harmonieux de notre pays ; principalement la question politique de l’ethnicité, qui doit être un sujet clé d’analyse afin de comprendre l’une des causes de nos souffrances ou problèmes. Donc, en ignorant l’aspect politique de l’ethnicité en Guinée, nous risquons de faire des erreurs dans nos études axées sur la bonne gouvernance ou sur la réconciliation nationale.

En réalité, sur l’angle politique, les ethnies ont un sentiment de haine, de préjugé entre elles, chacune fait semblant d’être juste à un moment donné et l’autre côté un bras de fer public sans arrière pensée, surtout, s’il s’agit  de politique ou du pouvoir politique.  Par ailleurs, si vous remarquez bien en matière du football, les guinéens sont plus unis qu’en politique. Le débat politique est tellement pollué par des considérations ethniques ; même ceux qui sont sensés éviter ce phénomène, mettent à côté leur notoriété intellectuelle pour se substituer en ethnos pur et dur. Leur formation acquise dans les universités ne sert à rien pour trouver une solution à cette pratique désastreuse, qui empêche notre développement harmonieux. Souvent, ils deviennent un problème en divisant les uns et les autres comme une stratégie d’accéder au pouvoir ou pour l’obtention d’un poste clé au sein du gouvernement. L’ethnocentrisme est une maladie comme le cancer, qui tue une nation à petit feu. Nos élites sont les précurseurs de ce phénomène politique de l’ethnicité pour avoir la popularité au sein de leur communauté sans projet ni argument.

Alors qu’aimer son ethnie n’est pas un crime, car celui qui aime son ethnie, doit aimer son pays, mais, chez nous ; c’est le contraire, nous aimons notre ethnie au détriment des autres. C’est pourquoi, parler de la politique de l’ethnicité est une question sensible et  important à analyser dans nos différentes interventions, parce qu’elle freine réellement notre progrès et, pourtant c’est une pratique qu’il faut mettre fin en passant par la socialisation politique c’est-à-dire inculquer la valeur de la République dans l’esprit des citoyens (le civisme et  l’amour de la patrie) puis en commençant à bas âge (les écoles primaires) afin d’éviter ce sentiment anti-peuls, anti-malinké, anti-soussou, Anti-forestiers (Kissi, Toma, Guersé, Konia, Kpellè). De plus, Il est important d’avouer dans chaque communauté, chaque famille en Guinée, un enseignement politisation de l’ethnie est évoqué directement ou indirectement pour dénigrer les autres, puis avec préjugé infondé.

Pour remédier à cette pratique, tous les acteurs nationaux et internationaux (la gouvernance centrale, les collectivités locales et territoriales, la société civile, les coordinations régionales, les partis politiques, les citoyens, les ONG, les institutions internationales et tant d’autres) doivent s’impliquer davantage afin de trouver une réponse à cette problématique qui freine le développement réel de notre cher pays.

 Si on ne peut pas énumérer ou examiner ces problèmes liés à la politique de l’ethnicité, alors il serait très difficile de trouver une solution en ce moment, dans une société très controversée, dont le sentiment anti-X prend le dessus des débats politiques. Et, lorsque les guinéens seront unis en mettant à côté l’esprit d’ethnicité politique, travaillant dans l’intérêt de la Guinée, j’espère que notre gouvernance serait un repère dans la sous-région. Par conséquent, certains diront que c’est impossible, pourtant le cas du Rwanda est illustratif en Afrique, qui a connu une histoire douloureuse contrairement à nous, par finir Ils ont réussi à unifier leur pays vers le développement durable. Alors, nous avons la chance de faire comme le Rwanda, avec l’implication des acteurs cités précédemment sur la base d’une unité nationale démagogie.

Ibrahima CHERIF, Sciences Politiques et Administration Publique Necmettin Erbakan üniversitesi Turquie/ E-mail : ibrahimacherif88@gmail.com

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