Premières pluies à Conakry : les ordures font la fête aux citoyens

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La capitale guinéenne présente sa vraie image en ce mercredi, 14 avril 2021 dès après la tombée des premières pluies. Les ordures qui sont devenues le quotidien des habitants de Conakry, ont coupé la route et bloqué l’accès des domiciles dans le quartier Enta nord sur la transversale menant à Sonfonia.

L’approche de chaque saison hivernale à Conakry rime avec insalubrité qui se manifeste par des tas d’immondices qui paralysent la circulation et causent des inondations par manque de curage des caniveaux. 

Les habitants de Enta nord (commune de Matoto) déjà habitués à cette triste situation, se sont réveillés avec les yeux rivés sur les immondices.

 La chaussée a été complètement envahie par les ordures et l’accès de plusieurs domiciles bloqué.

Désemparés, des citoyens de ce côté sont tous unanimes que le calvaire qu’ils endurent pendant des années est dû aux mauvais travaux réalisés par une entreprise sénégalaise.

C’est le cas d’Ibrahima Camara qui a fait part de sa préoccupation tout en alertant les autorités à prendre cette affaire à bras le corps. 

« Chaque année les ordures coupent la route à cause du pont que les Sénégalais ont fait ici. Il n’y a pas de passage en bas du pont. Donc en cas de pluie, les eaux drainent toutes les ordures qui viennent de la haut pour se stocker là. Je peux dire que chaque année, il y a des accidents qui se produisent ici à cause des ordures. Vraiment ça nous fatigue, ça fatigue tous les citoyens qui sont là. S’ils peuvent vraiment refaire le pont là pour que les ordures passent facilement, vraiment ça sera une solution », a lancé Ibrahima Camara qui dit être témoin de trois cas de décès causés par les ordures.

Abondant dans le même sens, Mamadou Mouctar Diallo qui a vu l’accès de son domicile bloqué par les ordures, craint pour sa santé.

« Je suis là près de 30 ans maintenant. Vous avez vu, ma concession est bloquée par les ordures. Depuis que la société sénégalaise a travaillé ici, les ordures font des dégâts à chaque saison des pluies. Nous vivons dans ça, mangeons dans ça. Notre santé est menacée et ça fait craindre », regrette cet habitants qui ne sait plus où donner la tête face à cette situation qui perdure.

Le visage peu reluisant de Conakry après cette première pluie doit interpeller le département de l’assainissement qui, malgré les milliards injectés pour rendre la capitale salubre, peine à tirer son épingle du jeu.

Ibrahima Camara sans bonnet

Mamadou Mouctar Diallo en bonnet blancc

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