Préparatifs de la fête de Tabaski : les fidèles musulmans se plaignent de la cherté du prix du mouton

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Aïd el-Kébir, Aïd al-Adha ou fête de Tabaski, c’est le jour de sacrifice. Un sacrifice qui fut, pour la première fois, effectué par le Prophète Abraham  et qui est commémoré  chaque année par les fidèles musulmans.

À l’occasion de cette fête appelée aussi fête des moutons, les fidèles musulmans du monde entier font des prières et des sacrifices ou des œuvres de charité. Pour ceux qui ont des moyens, ils  sacrifient un animal de choix  (bœuf ou mouton). Mais le plus fréquent, c’est le mouton qui est immolé et partagé à des personnes. Cette année, à l’approche de cette fête, les fidèles musulmans se plaignent de la cherté du bétail sur le marché. Ce qui fait que beaucoup traînent encore les pas pour aller s’en procurer. Ce mardi 13 juillet 2021, notre rédaction est allée dans certains lieux de vente de bétail pour toucher du doigt les réalités du terrain. 

Simbaya-Gare ou le Carrefour-Yemba est reconnu pour la vente de plusieurs sortes de bétail.

Ibrahima Touré, vendeur de mouton, nous dit que la clientèle n’afflue pas pour le moment mais demande aux clients de ne pas avoir peur, de venir. «En ce qui concerne les moutons, les prix sont un peu abordables pour le moment, parce qu’il y a des moutons de moins d’un million à l’heure là. On peut avoir un mouton à neuf cent mille francs (900000fg), on peut trouver les moutons d’un million cinq cent mille francs guinéens (1500000fg). Mais ça, ce sont les moutons guinéens. Pour les moutons maliens, le prix varie puisque le franc CFA est monté. Donc, ce qu’on avait l’habitude d’acheter à un million cinq cent ou deux millions de francs guinéens, aujourd’hui nous les achetons à trois millions. Maintenant, vous ajoutez le transport aller  et retour. C’est ce qui fait que ces moutons sont vendus entre quatre millions (4000000 fg) et cinq millions (5000000fg), voir même jusqu’à six millions de francs guinéens (6000000fg). Nous disons surtout à la population de ne pas avoir peur, de venir. Nous allons nous comprendre s’ils viennent.», a-t-il annoncé.

Selon cet autre vendeur, les clients tardent à venir parce qu’ils ont peur de perdre leurs moutons d’ici le jour de la fête. «Les clients viennent petit à petit. Beaucoup ont peur d’acheter à temps pour ne pas qu’on les vole ou pour ne pas que l’animal arrive à mourir d’ici le jour J. Nous espérons qu’ils viendront nombreux dans les jours à venir. Nous avons différents prix ici. Quand le client vient, on discute pour tomber d’accord sur un prix. Le seul problème est que l’on ne peut pas leur donner les moutons que nous vendons à deux millions à un prix qui est égal à un million cinq cent. C’est impossible. On doit s’entraider pour qu’on puisse nous aussi gagner un peu. Il y a tous les prix pour quiconque veut faire ce sacrifice.», indique Barry Alsény.

Après plus de 10 à 15 minutes d’attente pour voir si nous pouvons avoir l’avis des clients, Yomali Bah est venu. Et là aussi, il nous faut attendre quelques minutes puisqu’elle a aussi fait 15 à 20 minutes en train de discuter les prix. Malgré tout, elle sortira les mains vides. Interrogé sur le fait qu’elle n’ait pas acheté, elle dira que les prix ne sont pas abordables. «Je suis venue acheter un bélier pour ma maman mais j’ai trouvé que les prix ne sont pas abordables, c’est très cher. On nous parle de deux millions cinq cents (2500000fg), trois millions (3000000fg). Le plus petit prix, c’est un million neuf cents (1900000fg), un million huit cents (1800000fg). Chaque année, j’achète pour ma maman mais je remarque que chaque année les prix grimpent, surtout cette année aussi. Puisque cette année est plus chère que l’année dernière aussi. Ils nous parlent de transport, l’achat dans les autres villes, de la mauvaise route.

Ils n’ont qu’à revérifier les prix parce que quand c’est trop cher, ce n’est pas tous les citoyens qui peuvent s’acquitter de leur devoir et même ceux qui en ont l’habitude risquent de ne pas le faire par manque de moyens, puisque tout est cher. Pourtant, normalement, c’est un devoir pour tout musulman de faire ce sacrifice si tu as les moyens. Moi, j’ai mis 15 à 20 minutes à chercher un petit prix, impossible de le trouver. », a-t-elle confié.

Un autre client rencontré sur les lieux nous confie qu’on ne peut même pas comparer les prix de cette année avec ceux des années passées. 

«Je suis là pour acheter un bélier pour la fête des moutons, mais les prix nous effrayent puisque ce n’est pas abordable. Ils nous vendent à un million cinq cents (150000fg), un million huit cents (1800000fg). Les prix sont très chers. Vu la conjoncture, s’ils arrivaient à diminuer les prix pour nous, ça allait être bon. Mais ils n’acceptent pas de diminuer. On ne peut même pas comparer cette année avec l’année dernière. Je suis obligé d’acheter puisqu’il me faut faire ce sacrifice et cette année, ça me fera presque 30 ans depuis que j’ai commencé à immoler. Nous les prions de revoir les prix, sinon beaucoup de personnes ne pourront pas faire face aux prix. », a laissé entendre Alpha Oumar sow.

A Enta-Fassa,  c’est le même cri du cœur des clients. Partout et sur toutes les lèvres, on entend que les prix sont chers. «Ha! Les moutons sont excessivement chers. On n’en parle pas. Je suis venue acheter un mouton pour mon petit frère qui n’est pas là. Mais l’argent que j’ai emmené avec moi ne pourra pas faire mes achats. En Guinée, chaque année, on trouve un changement. J’ai discuté jusqu’à me fatiguer. On ne s’est pas compris. Je vais aller demander ailleurs aussi. Mais moi je les comprends. Ce n’est pas de leur faute aussi, ils achètent avec les gens aussi. Vraiment, on ne sait plus que faire.», se plaint Fanta Diaby.

Pour Amadou Bah, ce vendeur de bétail du côté d’Enta, « les clients se plaignent de la cherté du prix du mouton mais eux aussi ils en trouvent difficilement et à un prix exorbitant. Actuellement, nous aussi, nous achetons ces moutons à des prix très élevés et on n’en trouve presque pas. Nous achetons des moutons venant de la Guinée  à un million (1000000), un million cent (1100000), un million cinq cents (1500000), deux millions (2000000) de franc guinéens. Chez nous ici, ça dépend, je peux vous dire que nous vendons en fonction de la qualité et du prix par lequel nous avons eu nos bétails. En tout cas, sur chaque mouton vendu, il faut qu’on gagne  notre bénéfice (50 mille,100 mille ou 150 mille) puisque nous payons le transport en plus du prix de la bête. Par exemple, si on gagne à neuf cent mille (900000fg), on peut revendre à un million cent (1100000fg), un million cent cinquante (1150000fg). Nous partons à Dalaba, à Kindia, à Koundara, à Dögömet à Mamou, il y a des gens qui vont jusqu’à Bamako pour chercher les moutons. Et surtout, ce qui nous fatigue, c’est qu’on a même du mal à trouver le bétail dans les petits villages. Les villageois aussi commencent à rendre les choses très chères. C’est ce qui fait que tout est cher. ». 

Espérons que les vendeurs finiront par revoir à la baisse le prix du mouton pour soulager les fidèles musulmans.

Christine Finda Kamano

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