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International

Le président ukrainien évoque la « menace d’une guerre totale » avec Moscou

Le président ukrainien Petro Porochenko a évoqué mardi la « menace d’une guerre totale » avec la Russie qui a selon lui « augmenté drastiquement » sa présence militaire à la frontière, dramatisant encore la situation déjà tendue depuis la capture de navires ukrainiens en mer Noire.

« Je ne veux pas que quelqu’un pense que ce sont des jeux d’enfant. L’Ukraine fait face à la menace d’une guerre totale avec la Fédération russe », a-t-il affirmé à trois chaînes de télévision ukrainiennes.

« Le nombre de chars dans des bases (militaires russes) situées le long de notre frontière a triplé », a déclaré M. Porochenko. « Le nombre d’unités militaires placées le long de notre frontière a augmenté drastiquement », a-t-il ajouté, sans préciser la période.

Le chef de l’Etat a aussi fait état d’une forte augmentation du nombre de bateaux militaires russes dans la mer d’Azov et d’une présence militaire russe renforcée en Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou il y a quatre ans, en citant des données de services ukrainiens de renseignement.

En Crimée, depuis 2014, « le nombre de soldats a triplé, celui de blindés a quintuplé et celui de l’artillerie a presque décuplé », a-t-il poursuivi.

L’Ukraine et la Russie sont engagées depuis dans leur pire bras de fer depuis plusieurs années à la suite de la capture dimanche par les gardes-côtes russes au large de la Crimée de trois bateaux militaires ukrainiens, un incident inédit.

Il s’agit de la première confrontation militaire ouverte entre la Russie et l’Ukraine depuis l’annexion de la Crimée et l’éclatement la même année d’un conflit armé dans l’est de l’Ukraine entre forces ukrainiennes et séparatistes prorusses qui a jusqu’à présent fait plus de 10.000 morts.

Accusés d’avoir franchi illégalement la frontière russe, douze marins ukrainiens, sur les 24 faits prisonniers dimanche, ont été placés mardi en détention provisoire jusqu’au 25 janvier, conformément à la décision d’un tribunal de Simféropol, chef-lieu de la Crimée, a constaté un journaliste de l’AFP.

Au total, une douzaine de marins ukrainiens ont été présentés mardi devant un juge, les autres étant censés comparaître mercredi.
L’accrochage entre des gardes-côtes russes et les bâtiments de la Marine ukrainienne s’est produit en mer Noire dimanche soir, lorsque ces derniers ont tenté de traverser le détroit de Kertch pour entrer dans la mer d’Azov, une petite mer d’une importance cruciale pour les exportations de céréales ou d’acier produits dans l’est de l’Ukraine.

Les gardes-côtes russes, qui dépendent des services de sécurité (FSB), ont arraisonné par la force deux vedettes et un remorqueur ukrainiens, les accusant d’être entrés illégalement dans les eaux territoriales russes.

L’incident a été qualifié de « provocation » par la Russie, tandis que l’Ukraine a dénoncé un « acte d’agression » de Moscou, réclamant la libération de ses marins et le retour de ses navires.

M. Porochenko a assuré qu’il avait tenté de téléphoner à son homologue russe Vladimir Poutine après cette capture mais n’avait pas eu de réponse. « J’ai été contraint » à demander à la chancelière allemande Angela Merkel « de discuter avec Poutine » de cet incident, a-t-il soutenu.

– « Sérieuse préoccupation » –

En réponse à l’incident, le Parlement ukrainien a voté lundi l’introduction de la loi martiale dans les régions frontalières de l’Ukraine, M. Porochenko justifiant cette initiative, sans précédent depuis l’indépendance de cette ex-république soviétique en 1991, par « la menace extrêmement élevée » d’une offensive terrestre russe.

Vladimir Poutine a pour sa part mis en garde mardi l’Ukraine contre tout acte « irréfléchi » après cette décision et fait part au téléphone de sa « sérieuse préoccupation » à Angela Merkel, lui demandant de faire pression sur Kiev.

La loi martiale, qui entrera en vigueur mercredi matin dans une dizaine de régions frontalières, notamment de la Russie, du Bélarus et à proximité de la mer d’Azov, va permettre pendant un mois aux autorités ukrainiennes de mobiliser ses citoyens, de réguler l’activité des médias et de limiter les rassemblements publics.
Aux yeux de Vladimir Poutine, « il est évident que tout cela a été fait en lien avec la campagne électorale en Ukraine » où l’élection présidentielle est prévue pour le printemps 2019.

Moscou assure avoir agi « en stricte conformité avec le droit international » et accuse Kiev de chercher « un prétexte pour renforcer les sanctions » de l’UE et de Washington contre la Russie, déjà en place depuis 2014.

La question de nouvelles sanctions européennes sera à l’étude à l’occasion d’une réunion en décembre.

L’incident, qui est intervenu à quelques jours du sommet du G20 en Argentine, a suscité un tollé en Ukraine et chez ses alliés occidentaux, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, ayant notamment dénoncé lundi une action « illégale » de la Russie au cours d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité.

– Appels à la retenue –

« La France en appelle aux parties pour qu’elles favorisent un apaisement de la situation et que chacun fasse preuve de retenue », a déclaré mardi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian après s’être entretenu avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Paris.

Ces incidents surviennent dans le contexte d’une montée des tensions autour du détroit de Kertch qui sépare la péninsule de Crimée du territoire russe. La Russie revendique le contrôle de ce détroit, unique passage maritime entre la mer Noire et celle d’Azov.

AFP

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2 Commentaires

2 Comments

  1. CONDÉ ABOU

    28 novembre 2018 at 9 h 11 min

    Que du bluff. Une guerre devant les portes de l’Union Européenne ? C’est de la propagande. Les Ukrainiens peuvent toujours continuer de rêver debout.

    Le Gouvernement Ukrainien fait semblant d’être capable de faire payer à la Russie le contournement de son territoire par le géant gazier Russe, Gazprom et qui transporte depuis de longues années le gaz Russe à destination de l’Europe de l’Ouest, à commencer par l’Allemagne, la première économie sur le continent Européen.

    Il veut également pousser par tous les moyens, la Communauté internationale pour obtenir le retrait de la Russie de La Crimée que Mr. Putin a annexée depuis 2014.

    RÉSULTATS DU CONFLIT UKRAINE – RUSSIE:

    Je ne défends pas la Russie. Mais j’observe tout simplement que malgré toutes les sanctions internationales que l’Ukraine a réussi à faire imposer par la communauté internationale sur la Russie, non seulement Mr. Putin maintient l’annexion complète la péninsule Ukrainienne de La Crimée, mais le pire, c’est que c’en est fini du chantage en ce qui concerne la question du passage des hydrocarbures Russes par le territoire Ukrainien.

    Les Russes ont résolu le problème, puisqu’ils n’auront plus besoin de faire passer par l’Ukraine le gaz qu’ils vendent à l’Europe de l’Ouest, grâce au nouveau méga-projet de gazoduc, le Nord Stream II. Avec ce immense projet sous-marin en mer Baltique, l’Ukraine est privée de tout l’argent que la Russie lui payait pour le transit du gaz Russe sur son territoire.

    L’Allemagne et la Russie sont à cheval sur le développement du projet de gazoduc sous-marin Nord Stream II en mer du Nord, et qui devrait démarrer cette année, malgré les tergiversations de la Commission Européenne sur le rejet ou pas de l’immense projet gazier.

    Il faut rappeler que le projet Nord Stream 2 est un gazoduc de 1.250 km qui reliera la Russie à l’Allemagne, via la mer Baltique. Il doit doubler le premier Nord Stream, inauguré par Mr. Vladimir Poutine en 2011, et acheminer 55 milliards de mètres cubes supplémentaires de gaz Russe vers l’Europe par an.

    Selon les Experts, ce projet du groupe use Gazprom de 9,5 milliards d’Euros est financé à 50 % par cinq industriels Européens (10 % chacun) : le Français Engie, les Allemands Uniper (ex-EON) et Wintershall (BASF), l’Anglo-Néerlandais Shell et l’Autrichien OMV.

    Ce qui est certain, c’est que la construction de ce deuxième gazoduc entre la Russie et l’Allemagne menace clairement la stabilité de l’Ukraine, que dis-je, sa survie économique. C’est un projet qui va la contourner et la priver de l’argent payé pour le transit.

    Le projet dans une certaine mesure, menace aussi la solidarité entre pays Européens et creusera les problèmes qu’ont déjà la Slovaquie, la Bulgarie ou la Serbie, car le réseau pour les desservir n’est pas prêt. C’est la conclusion des Experts Européens. Est-ce que cela va ébranler les Russes ? Je n’y crois pas. Pourquoi ?

    Dans cette bagarre autour du gazoduc, l’Autriche est ouvertement pro-Russe, puisque sa compagnie OMV finance 10 % du projet. Or c’est elle qui tire la croissance économique en Europe. La France se montre ambivalente et personne ne comprend son discours clair-obscur sur ce projet Gazoduc Nord Stream II.

    Il est vrai aussi que la chute actuelle des prix du pétrole fait souffrir l’Économie Russe. Le régime de Poutine est effectivement fragilisé par la chute du prix du pétrole, qui a coupé ses revenus de moitié.

    Face à la pression de la communauté internationale en faveur de l’Ukraine, et de bonne guerre pour elle, la Russie utilise le gaz comme une redoutable arme de pression politique.

    Pour le moment, tout le monde observe qu’elle s’en sort bien, puisque ses fulgurants contrats d’armements avec la Chine, l’Inde, l’Iran, et le Moyen Orient, ont encore de beaux jours devant eux.

    Mais le plus grave du côté des Ukrainiens, c’est surtout les questions du manque de transparence et de mal gouvernance du régime actuellement au pouvoir à Kiev et qui inquiètent tous ses alliés actuels au sein de l’Union Européenne. Les Ukrainiens gèrent très mal leurs Finances Publiques.

    Tous les Etats Européens sont persuadés que l’argent versé par les Russes pour le transport du gaz via le territoire Ukrainien, se dirige non pas dans les caisses du Trésor Public Ukrainien, mais plutôt en Suisse, au moment où la situation des Finances Publiques en Ukraine est quasiment désastreuse: grave crise économique, inflation, endettement public et chômage elévés, et dégradation du pouvoir d’achat de la population Ukrainienne.

    Dans ces conditions, les Ukrainiens ont beau continuer de surfer sur les sanctions internationales contre la Russie à la veille des élections présidentielles du printemps 2019 dans leur pays, ils sont pour le moment et depuis la crise de La Crimée en 2014, dépités parce que personne au monde, n’arrive à faire plier leur ennemi sur le terrain, en l’occurrence le régime de Mr. Putin.

    Parler d’une préparation en Ukraine pour faire face à une éventuelle guerre contre la Russie relève de la follie puisque tout le monde sait le rapport des forces en présence sur un tel régistre apocalyptique.

    Le Gouvernement Ukrainien agite la menace d’une guerre comme un chiffon rouge pour mettre la Communauté devant une impasse totale aux conséquences imprévisibles, alors qu’il n’est même pas capable de faire face à l’occupation de La Crimée par les forces du Ministère de l’Intérieur Russe.

    Croisons les bras et attendons la suite des développements politiques en cours dans cette région au coeur de la géopolitique mondiale, et qui menace directement la sécurité de l’ensemble de l’Europe.

  2. CONDÉ ABOU

    28 novembre 2018 at 9 h 22 min

    Erratum: Au paragraphe 11, il faudrait lire non pas l’Autiche, (très proche des interets de l’Allemagne, il est vrai), mais l’Allemagne, la principale locomotive qui tire la croissance economique de l’Europe.

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