Présidentielle 2020 : le CNOSCG lance un observatoire des élections dénommé ‘’Taks-Force’’

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En prélude à la présidentielle du 18 octobre prochain, le conseil national des organisations de la société civile de Guinée (CNOSCG) a procédé ce jeudi, 15 octobre 2020 à Conakry au lancement de sa structure dénommée ‘’Taks-Force’’.

Il s’agit d’une force d’interposition importante dont la crédibilité et la représentativité doivent permettre de faire fléchir toutes les velléités de contestation, de confiscation et surtout de manipulation. Composée de personnalités issues de plusieurs couches de la vie socioprofessionnelle de la Guinée telles que la société civile, les leaders religieux, des hauts cadres de l’Etat à la retraite, les médias et des sages, le but de cette structure est non seulement de prévenir, mais aussi et surtout d’apporter des solutions appropriées aux velléités et comportement de tout ordre pouvant être de nature à affecter la paix et la stabilité nationale afférents aux élections. 

Le scrutin présidentiel en République de Guinée s’annonce dans un contexte sociopolitique très tendu en proie à des discours d’incitation à la violence et à la haine, risques d’instabilité et de confrontation civile. C’est donc conscient de ces enjeux que le CNOSCG a décidé de mettre en place cette structure indépendante de veille et d’action citoyenne.

Selon Dr Dansa Kourouma, président du CNOSCG, le rôle de cette Taks-Force composée de personnalités neutres sera de contrôler d’abord le travail de la société civile mais aussi de porter leurs résultats et réflexions devant les parties prenantes

« L’observation électorale, c’est pour permettre à la société civile qui n’est pas partie prenante du processus compétitif politique et témoigner en toute objectivité du déroulement des opérations électorales et affirmer sur la base d’informations crédibles et pertinentes son opinion sur la manière dont les opérations se sont déroulées et la qualification par conséquent des résultats. Ces personnalités, parce que l’observation n’est pas seulement la collecte d’informations, c’est aussi analyser les informations et anticiper sur les évènements. D’abord, les facteurs qui peuvent conduire à une détérioration du climat de confiance, il faut anticiper et trouver des solutions. Je prends un exemple, la présence d’anomalies et d’insuffisances qui peuvent faire douter un candidat sur la sincérité du processus, il faut que la société civile soit en mesure de collecter, analyser, documenter et interagir avec la CENI et les institutions compétentes pour apporter les mesures collectives nécessaires. Et cette Taks-Force composée de personnalités neutres aura pour rôle de contrôler d’abord notre travail à nous mais de porter nos résultats et réflexions devant les parties prenantes pour faire passer des messages de plaidoyer mais aussi porter les informations auprès de la CENI et des autres instances chargées d’organiser les élections afin de corriger les anomalies qui ont été constatées et remontées par les observateurs C’est une force d’interposition importante dont la crédibilité et la représentativité doivent permettre de faire fléchir toutes les velléités de contestation, de confiscation et surtout de manipulation », explique-t-il.  

Après avoir suivi la présentation du système de déploiement de remontée des données par les observateurs, Dame Aminata Touré, maire de Kaloum, s’est engagée à s’impliquer.

« Nous sommes convaincus par ce qui a été fait. Il y a eu un débat et un exposé pour montrer toutes les dispositions prises pour le suivi d’une élection transparente et ensuite des questions qui ont été posées et qui ont été répondues par le Dr Dansa et les échanges qui ont eu lieu entre les différents participants, je pense que ça nous rassure parce que ne nous cachons pas la face. Nous sommes à un niveau un peu rouge, très critique parce que nous voyons les tensions sociales qu’il y a et surtout technicisation très forte que nous avons dans notre pays et donc il faut veiller. Nous sommes rassurés de savoir que les organisations sont là pour veiller dessus et nous même nous serons impliqués. Donc nous prenons l’engagement de nous impliquer à ça et de pouvoir trouver une solution pour qu’au lendemain de ces élections, la Guinée sorte entière, qu’elle sorte comme une nation forte, la nation forte qu’elle a toujours été, le phare de l’Afrique de l’ouest », a-t-elle estimé. 

Cette observation se fera avec la participation de personnalités neutres pour en plus de la collecte d’informations, analyser les informations et anticiper sur les évènements. Elhadj Dieriba Diaby, ambassadeur de la paix présent à cette rencontre, a estimé que la paix était le souci majeur des Guinéens.

« Je remercie monsieur Dansa de m’avoir invité et associer à ce gigantesque travail parce que c’est un travail de la nation. Donc je suis tout heureux de faire parti de cette équipe. Vous savez qu’Elhadj Dieriba Diaby, c’est la paix. Elections transparentes ou pas, que la paix règne dans notre pays. C’est la paix que nous voulons, c’est pour la paix que nous prions, c’est pour la paix que nous militons et nous voulons que tout se passe dans la paix. Et qu’au lendemain de cette élection, que les guinéens se retrouvent dans les marchés, les guinéens se retournent dans les écoles, les guinéens circulent encore dans notre capitale et dans tous les pays sans être inquiétés… »

A noter que la mission de cette Task Force s’étend sur plusieurs axes parmi lesquels l’identification dans un ordre prioritaire des sujets les plus sensibles pouvant affaiblir la cohésion nationale.

Maciré Camara

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