Présidentielle : l’UNAD pose des préalables pour sa participation au scrutin

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L’élection présidentielle est annoncée pour le 18 octobre prochain. Pour sa participation à ce rendez-vous électoral, l’Union nationale pour l’alternance démocratique (UNAD) pose des préalables. C’est du moins ce qu’a fait savoir Jacques Gbonimy, président de l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG), premier vice-coordinateur et porte-parole de l’UNAD, dans un entretien accordé ce jeudi 20 août 2020 à un reporter de Mediaguinee.

L’ancien commissaire de la CENI fustige d’entrée de jeu l’exclusion d’un nombre important de Guinéens du fichier électoral actuel. Une situation due, selon Jacques Gbonimy au fait que les recommandations de l’audit de 2017 ont été contournées par la CENI pour ne prendre en compte que celles des experts de la CEDEAO qui ont posé plus de problèmes à la Guinée qu’ils n’en ont résolus.

Il estime également que la révision qui vient de s’achever n’a pas permis aux Guinéens concernés de se mobiliser et d’aller devant les Commissions de révision des listes électorales. 

« La preuve c’est que toutes les CAERLE étaient presque vides. Et la CENI tarde à nous donner les résultats réels de cette opération de révision. Il faut reconnaitre que cette révision était aussi exclusive, pas inclusive parce que n’étaient concernés que ceux qui ont été écartés par la mission de la CEDEAO, ceux qui ont atteint 18 ans et ceux qui se sont déplacés. Alors qu’il y avait beaucoup de Guinéens qui étaient concernés par cette opération et qui veulent être sur les listes électorales. Vous avez aussi les Guinéens de l’étranger qui étaient concernés même par la solution proposée par la CENI. Mais il n’y a pas eu de révision à l’étranger. Comment allons-nous résoudre le cas des Guinéens de l’étranger ? Donc ce fichier est aujourd’hui bancal, il ne nous permet pas de résoudre le problème », estime Jacques Gbonimy.

Pour lui, il faut faire table rase et revenir aux recommandations de l’audit de 2017 qui avaient été faites par les experts internationaux et des experts guinéens issus des partis politiques de l’opposition, de la mouvance et de la société civile.

Le vice-coordinateur de l’UNAD estime d’ailleurs que la constitution actuelle étant contestée par les Guinéens « parce qu’elle a été falsifiée », le Président de la République ne peut pas s’en servir pour parler d’un premier mandat ou de la 4ème République. Il dénonce aussi le code électoral qui, à son avis, n’est pas en harmonie avec la constitution actuelle.

« C’est un code émanant de la constitution de 2010. Avec quoi on va organiser les élections, parce ce que le texte législatif ne correspond pas à la constitution en vigueur en République de Guinée. Nous pensons qu’une élection qui doit se faire pour la présidentielle doit se baser sur le code électoral de 2017 et la constitution de 2010. Et que le Président Alpha Condé qui a déjà fait deux mandats n’a plus le droit de faire un 3ème mandat. La constitution de 2010, dans son article 27 est claire, tout Guinéen a droit à deux mandats consécutifs ou non. Un 3ème mandat n’est pas possible.  Et le Président Alpha Condé a prêté serment deux fois sur cette constitution. Ça veut dire qu’il est aujourd’hui sous le poids de cette constitution. Il ne peut plus changer la Constitution pour aller à l’élection présidentielle parce que c’est une nouvelle constitution. Je crois que c’est un homme de droit, il doit aider le pays à sortir de cette situation », souhaite notre interlocuteur.

Pour sa participation en octobre prochain, voici les préalables posés par l’UNAD : la non-candidature du Président Alpha Condé, un fichier électoral propre qui permette à tout Guinéen d’aller s’exprimer librement aux urnes, une commission électorale qui n’est pas sous ordre. Parce que, selon M. Gbonimy, la CENI actuelle a organisé les élections du 22 mars avec 10 commissaires en lieu et place de 17. 

« Une commission qui agit déjà de cette manière ne peut pas donner satisfaction à l’ensemble des Guinéens parce qu’elle n’est pas sur la voie de l’inclusivité comme le recommandent les principes démocratiques », souligne-t-il.

L’UNAD composée de cinq partis politiques et des mouvements de la société civile entend aller à l’élection présidentielle avec un candidat unique en tenant compte de ses préalables. La coalition exige à cet effet un dialogue sincère pouvant permettre aux Guinéens de se parler et de baliser le chemin pour aller à une élection libre, crédible et inclusive.

Youssouf Kéita

 

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