Présidentielle au Malawi: le chef de l’opposition en tête face au président sortant

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Le chef de l’opposition au Malawi Lazarus Chakwera s’acheminait vers une victoire dans le scrutin présidentiel rejoué mardi après l’annulation pour fraudes de l’élection de 2019, selon des chiffres provisoires déjà rejetés par le camp du chef de l’Etat sortant.

Le décompte provisoire de la radiotélévision publique (MBC) et du quotidien The Times attribuait à M. Chakwera jusqu’à 59% des suffrages, contre environ 38% seulement à son adversaire Peter Mutharika.

L’Institut pour l’opinion publique et la recherche (Ipor), un centre de réflexion basé au Malawi, donnait lui aussi gagnant le chef de l’opposition, avec 60,3% des voix, contre 38,9% au président sortant.

La Commission électorale (MEC) n’avait jeudi soir validé les résultats que de 338 des 5.002 circonscriptions. Son président Chifudo Kachale a appelé mercredi le pays au calme et à la patience.

La veille, les Malawites ont voté en nombre pour la deuxième fois en un an pour élire leur président.

Lors du scrutin disputé en mai 2019, la MEC avait proclamé la victoire de Peter Mutharika, au pouvoir depuis 2014, avec 38,57% des suffrages contre 35,41% à Lazarus Chakwera.

Mais saisie par l’opposition, la Cour constitutionnelle avait invalidé les résultats pour cause “d’irrégularités généralisées et systématiques” et ordonné la tenue d’un nouveau scrutin.

Le Malawi n’est que le deuxième pays d’Afrique subsaharienne à avoir annulé une élection présidentielle, après le Kenya en 2017.

– “Résultats pas légitimes” –

Le camp du président sortant a rejeté dès jeudi les premiers résultats non officiels.

“Si le Dr Chakwera avait gagné les élections de manière équitable, je l’aurais félicité. Mais malheureusement ce n’est pas le cas”, a réagi Atupele Muluzi, candidat à la vice-présidence sur le ticket de Peter Mutharika.

“Les résultats des élections qui circulent ne sont pas légitimes et je ne les accepterai pas”, a-t-il prévenu sur sa page Facebook.

L’ancienne présidente du Malawi Joyce Banda (2012-2014), qui soutient la candidature de Lazarus Chakwera, s’est dite “désolée pour ceux qui ne se rendent pas compte que les temps ont changé”.

“En ignorant la voix des gens ordinaires, ils le font à leur propre péril”, a-t-elle ajouté dans une déclaration à l’AFP.

Plusieurs opposants des pays voisins du Malawi, comme Mmusi Maimane en Afrique du Sud et Nelson Chamisa au Zimbabwe, ont déjà félicité, sur les réseaux sociaux, Lazarus Chakwera pour sa victoire.

Des ONG locales qui avaient dépêché des observateurs dans tout le pays ont estimé jeudi que “le processus électoral s’était bien passé jusqu’à présent”.

Elles ont salué le travail de la MEC pour sa “transparence dans le décompte des voix, la compilation et l’affichage des résultats dans les endroits appropriés pour que le public les voit”.

Cela permet de “réduire les inquiétudes de fraudes”, ont-elles insisté, soulignant que les résultats jusque-là disponibles n’étaient “pas officiels et devaient être pris avec précaution”.

Selon les nouvelles règles en vigueur cette année, il faut désormais la majorité absolue des voix pour être élu au premier tour de la présidentielle. Dans le cas contraire, un second tour opposera les deux candidats arrivés en tête.

AFP

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