Présidentielle en Guinée : quatre candidats boudent l’appel à manifester…

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Scission au sein du collectif des 11 candidats à la présidentielle du 18 octobre dernier. Face à la presse, quatre candidats ont annoncé lundi qu’ils se désolidarisent de l’appel à manifester ce mardi contre les résultats de la Ceni qui donnent Alpha Condé, candidat du Rpg Arc-en-ciel, largement vainqueur de l’élection avec plus de 59% des voix.

Le RRD de Abdoulaye Kourouma, l’UDIR de Bouya Konaté, le PLP de Laye Souleymane Diallo et l’AFC de Mandjouf Mauro Sidibé accusent le collectif -principalement Cellou Dalein Diallo- d’avoir trahi l’objectif de la mission.

” (…) Avant les élections, nous avons décidé de mettre le collectif des 11 candidats pour mutualiser les actions pendant les élections c’est-à-dire se partager les informations pendant les élections, se partager les PV pour des précisions. C’était l’objectif de la création du collectif des 11 candidats. Mais, il y a beaucoup de partis politiques qui n’ont pas honoré leurs engagements précisément l’Ufdg [parti de Cellou Dalein Diallo]. Nous sommes convenus de mettre en rapport les responsables en charge d’organisation des élections des différents QG, l’ufdg n’a pas répondu et il était aussi question de se partager les pv, l’ufdg a refusé de donner les informations sur les pv. Pour être précis, il y a eu une réunion qui s’est tenue le jeudi dernier au siège du Dr Makalé Traoré. La réunion portait sur trois points : les recours collectifs, condamnation des violences, déplorer l’action de la mission conjointe qui n’a rencontré que deux partis politiques. Mais au cours de la réunion, il a été retenu de condamner les violences, il a été question que les partis politiques pouvaient déposer individuellement les recours, condamner ou déplorer l’action de la mission. Nous nous avons dit qu’on ne se retrouve pas dans l’esprit du collectif, nous sommes en face de trois groupes, il faut être cohérent avec soi-même. Si nous avons condamné l’auto-proclamation, condamné les violences, vous avez un groupe qui a déjà félicité pour les résultats provisoires, vous avez un autre groupe qui attend la Cour constitutionnelle, il n’est pas cohérent de s’associer à une déclaration collective où chacun a déjà une position. Mais on était surpris autour de la même table que l’ufdg vienne s’associer encore à une déclaration appelant à la manifestation. On vient pour dire ici que nous ne sommes pas signataires, on est pas solidaires d’une manifestation. Donc, Il s’agit bel et bien d’une manipulation pas d’une déclaration collective faisant appel à la manifestation”, martèle Abdoulaye Kourouma. Et de poursuivre : “il y a eu trop de morts et nous interpellons l’Etat de déclencher une fois de plus l’action publique, nous avons plus de 200 morts aujourd’hui, de surcroit l’ufdg demande au peuple de Guinée de s’approvisionner d’ici à mardi comme s’ils avaient distribué de l’argent aux gens d’aller chercher vraiment à manger. Nous les partis ici présents, on n’a pas déposé de recours et nous attendons la Cour constitutionnelle pour se prononcer sur la situation. Après la proclamation définitive des résultats par la Cour constitutionnelle, nous allons donner notre position. Nous ne sommes pas là pour faire appel à la manifestation. Nous nous désolidarisons totalement de l’appel à manifester et les partis ici présents interpellent l’Etat de déclencher l’action publique et nous mettons à l’actif des organisateurs de cette manifestation tous les morts, parce qu’il y a eu trop de morts, personne ne veut prendre sa responsabilité. Ils veulent embobiner le peuple de Guinée pour un règlement de compte. Parce qu’il n’a été question nulle part de faire appel à une manifestation et tout ce qui a été acté pendant notre réunion, l’ufdg a tout violé. Je ne sais pour quel objectif, ils veulent embobiner tout le monde… Ils ont déposé leurs recours, ils se sont autoproclamés. Ils déposent les recours où ils oublient même les partis politiques dans les calculs. Je demande au peuple de Guinée de rester serein, d’attendre que la Cour constitutionnelle se prononce”.

Elisa CAMARA 

 

 

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