Présidentielle : le CNOSCG promet de traduire devant les tribunaux les auteurs de propos haineux 

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Dans une déclaration lue mardi, 13 octobre 2020 à son siège à Dixinn, le Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG) a livré son observation sur le déroulement de la campagne présidentielle en Guinée.

Selon Macky Guinée qui a lu ladite déclaration, c’est pour être fidèle à la mission de veille, d’alerte, d’interpellation et de proposition citoyenne que le comité de suivi institué par le CNOSCG a effectué un constat inquiétant en termes de discours et d’incidents sur le terrain.

« A Kankan, le 23 septembre 2020, le candidat du RPG arc-en-ciel en même temps président de la République s’adressant en visioconférence à ses militants avait tenu un discours de campagne d’une énorme gravité. Ses propos en plus d’avoir des relents identitaires et régionalistes incitaient à la division et à l’exclusion. Ensuite, il avait été relevé toujours à Kankan, des affrontements à caractère ethno-politique. À Siguiri le 24 septembre 2020, il avait été enregistré dans le discours toujours du candidat du RPG-AEC, des propos de nature régionaliste et communautariste. À Conakry, le 24 septembre 2020, le candidat de l’UFDG a tenu des propos va-t’en-guerre, prédisposant ses militants et sympathisants à la violence et au chaos. Le même jour à Kissidougou, lors de la campagne du RPG-AEC, un accident mortel ayant entraîné la mort de 5 personnes a été enregistré. À Labé, le 29 septembre 2020, il a été constaté des affrontements entre militants non encore identifiés, des jets de pierres ayant causé des dégâts matériels importants et des blessés graves. À Dalaba le même jour, il a été constaté l’érection des barricades sur la route, des jets de pierres sur le cortège du Premier ministre/Directeur de campagne du RPG-AEC, des boutiques vandalisées, un véhicule incendié par des militants de l’UFDG. Et une personne tuée par balle. À Conakry, le 10 octobre 2020 dans le quartier Yattaya Fossidet, affrontements violents entre les militants du RPG-AEC et ceux de l’UFDG lors du passage du cortège de ces derniers avaient entraînés deux morts par accident. À Tokounou, le 11 octobre 2020, le cortège de l’UFDG a été empêché par des militants surchauffés du RPG-AEC, d’accéder à la ville de Kankan pour tenir son meeting. Il est à déplorer le même jour, la mort d’un citoyen à Kankan par coup de poignard. À Faranah, le même jour, le cortège de l’UFDG a été la cible de jets de pierre ayant causé des dommages sérieux sur les véhicules de campagne », a lu dans la déclaration le vice-président du CNOSCG.

Relevant entre autres de ces constats des discours politiques d’une irresponsabilité grave et inédite et une montée en flèche des extrémismes de tous bords, menaçant la paix et l’unité nationale.

« La multiplication par les leaders politiques de messages d’appel au calme et à la retenue; l’initiation urgente de démarches d’éducation et de sensibilisation citoyennes des militants conformément à la charte et au code de bonne conduite des partis politiques; une action urgente et efficace de la HAC pour censurer les discours  susceptibles de compromettre la paix et stabilité nationales; une implication active des autorités judiciaires pour traduire en justice, tous les auteurs de propos et actes de nature à troubler l’ordre public et la cohésion nationale; le retrait systématique et sans délais de tous les moyens de l’Etat engagés dans cette campagne dans le but non seulement de veiller au respect de l’égalité des armes, mais aussi  et surtout, à la sauvegarde des derniers publics; l’activation des forces de défenses et de sécurité en vue de prévenir et/ou de réprimer les atteintes à l’ordre public; l’arrêt systématique sous toutes ses formes, des violences de campagne qui risquent de dégénérer en conflit civil ; l’intervention neutre et responsable des forces de défense et de sécurité, pour assurer la sécurité des personnes et des biens, conformément à leur mission républicaine », a vivement recommandé le comité de suivi à l’ensemble des acteurs..

Pour terminer, le CNOSCG se réserve le droit de traduire devant les tribunaux y compris internationaux, tous les auteurs de propos ou actes incitant à la violence, à la haine et à la division ethnique.  

Maciré Camara

 

 

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