Prière musulmane dans une autre langue : Pr Koutoubou Sano n’a apporté aucune preuve (Ansoumane Djala Sékou Camara) 

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Nous avons tous lu avec intérêt la tribune de l’intellectuel Koutoubou Moustapha Sano à propos de la légalité et de la validité de la prière musulmane dans une autre langue que l’arabe. À part les élucubrations, le sentimentalisme, la rhétorique littéraire, notre professeur islamologue n’a jamais apporté la moindre preuve dans le coran et dans les Hadiths qui condamneraient l’acte de Nanfo. L’islam est longtemps pris en otage par ses courants et sectes.

Le Wahabisme est venu combattre et détruire les écoles qui existaient bien avant sa création.

Or le Wahabisme est à la fois doctrine et mouvement politique.

Ibn Wahab est yéménite où il fut chassé par ses propres parents notamment son propre père et son frère tellement il en faisait dans un extrémisme criard en réduisant les autres maîtres de la religion en égarés associationistes.

Il voulait vaille que vaille imposer sa vision de l’islam qu’il a toujours accepté comme la seule permise.

Il se retrouve à Riyad chez les Saoud.

Il fait alliance à ceux-ci en épousant une sœur de la famille.

Ils lui érigent à la tête de la religion.

À l’époque les Turcs sont à la tête du Califat mondial musulman.

Or les Turcs ne sont pas en sainteté avec les britanniques qui voulaient réduire l’Orient à la colonisation ou à défaut le placer sous un protectorat juteux.

Comment alors conquérir et annexer le Hedjaz (La Mecque, Taïf, Mina, Arafat, Médine et autres) qui n’était pas dans le royaume des Saoud à l’époque ?

Il fallait titiller sur le nationalisme panarabique avec pour prétexte que les Turcs (les Ottomans) ne peuvent pas être les maîtres des Arabes et surtout des lieux Saints.

Et Ibn Wahab en bon idéologue de l’expansion de l’hégémonie des Saoud avait pour slogan ” de purifier les lieux saints et le retour au vrai Islam ».

Avec l’aide des anglais, ils ont réussi à gagner le Hejaz .

Mais au lieu de rétablir la famille du Prophète (les Chérif) dans ses droits de Maîtres du pays, les Saouds s’y sont auto-proclamés ” gardiens des lieux Saints” et Ibn Wahab a instauré son Wahabisme avec les moyens militaires.

Des guides religieux étaient obligés de voir brûler leurs écrits et de lui prêter allégeance ou à défaut partir en exil sous peine d’être tués publiquement.

Je crois bien que ceux ont fait des cours de Sociologie des Religions ou histoire des religions dans le monde musulman dans les facultés en savent quelque chose.

C’est disponible dans les moteurs de recherches en tout cas et il est loisible à chacun de vérifier cette histoire.

Maintenant les 99% de ceux qui sont appelés hauts diplômés en théologie islamique en Guinée et en Afrique de l’ouest sont les adeptes des Wahabites car avec les énormes moyens financiers, ils ont pu acheter beaucoup de maîtres coraniques et des propagandistes à travers des fondations dissimulées appelées ” humanitaires”.

Voici pourquoi je refuse de croire en la neutralité de ces gens-là.

Ils aiment beaucoup les hadiths.

Or les hadiths sont comme des recueils historiques des faits et recommandations, des comportements, des mœurs, et coutumes prêtés au Prophète Muhammad paix et Salut d’Allah sur Lui.

Mais il faut rappeler que ceux qui ont écrit les hadiths qu’ils possèdent et sur lesquels ils se basent pour légiférer, valider ou rejeter, aucun de ceux-là n’a vu le prophète de ses yeux, ni les successeurs du prophète.

Les hadiths ont commencé à apparaître près de plus de 200 à 400 ans après la mort du Prophète Muhammad ?

Au point que tu y trouves des récits qui sont difficiles à être acceptés par la raison.

Je suis prêt à débattre sur ce sujet avec n’importe qui et cela même si ses diplômes peuvent remplir un bateau.

Car ce n’est ni un débat de spécialité ici ou de qualification.

C’est juste un débat de bon sens : A savoir est ce que prier Dieu dans une autre langue outre que la langue arabe est-elle valable ou pas ? “.

Et jusqu’à l’extinction du soleil aucune personne dans le monde ne pourra sortir une preuve à la lumière du Coran où des hadiths dont ils disposent.

Ici, j’insiste, ce n’est pas un débat de spécialité ni de niveau de formation.

C’est la raison qui doit prévaloir à la lumière du Coran lui-même et surtout de l’esprit du message qu’il nous enseigne qui pourrait être résumé par :

” C’est Dieu qui vous a créé. C’est Lui Seul qui mérite adoration.

Et il a envoyé Muhammad a l’humanité pour vous adresser le message de la bonne voie enseignée par les autres messagers qui lui ont précédé et dont il est venu confirmer et renforcer.

Craignez Dieu.

Ne croyez pas aux idoles.

Ne nuisez ni aux autres ni à vous-mêmes.

Souhaitez du bonheur aux autres comme vous le souhaitez à vous-même.

Aimez-les autres comme vous souhaitez qu’ils vous aiment et le retour se fera vers Dieu obligatoirement.

Il est le Seul Maître de nos destins”.

Mais nulle part dans le Coran il n’est écrit que c’est obligatoire de faire ses prières dans la langue arabe pour qu’elles soient acceptées par DIEU.

N’est-ce pas Dieu comprends toutes les langues et connais les intentions avouées et non avouées de tout un chacun de nous ?

J’ai beaucoup de respects et de considérations pour notre frère Koutoubou Moustapha Sano.

C’est un brillant intellectuel mondialement reconnu dans plusieurs disciplines au-delà des sciences islamiques.

Cependant, ici, il n’est pas parvenu à me convaincre.

Et tout son argumentaire ici ressemble plus à une réprimande, à l’expression de sa désolation, à une tentative d’effrayer quelques-uns que l’on prendrait comme un ignorant, et surtout à chercher à traîner dans le ridicule, aux yeux des gens, un homme armé pleinement de ses arguments indéboulonnables.

Ici ce n’est pas une compétition de niveaux d’études ou d’auras.

Il appartient simplement au Professeur Koutoubou Moustapha Sano de montrer à ses adversaires des versets où DIEU s’oppose et invalide une prière adressée à Lui dans autre langue outre L’arabe.

Voici tout l’intérêt de ce débat posé par Nanfo, sorti de ce cadre, il devient autre chose.

En science, on doit garder pour soi-même ses sentiments, ses émotions, ses regrets.

C’est la démonstration prouvée qui vaille.

N’est-ce pas chers lecteurs ?

Ansoumane Djala Sékou Camara, analyste indépendant

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