Prise du pouvoir par l’armée : attention, à la place de l’euphorie, il faut avoir un optimisme prudent (Ibrahim Kalil Diallo)

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Une nouvelle page de l’histoire contemporaine de la Guinée s’est ouverte depuis le 05 septembre dernier. La prise du pouvoir par le conseil national pour le redressement et le développement ( CNRD) au-delà de l’engouement que cela a suscité, est perçue comme un nouveau départ. Une nouvelle opportunité qui s’offre au pays pour renaître de ses cendres. Et les premiers actes du colonel Mamadi Doumbouya laissent entrevoir une lueur d’espoir. Puisqu’il ne veut laisser aucun Guinéen sur le quai. 
Cette démarche inclusive est certes salutaire. Mais attention,  il faut être vigilant. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il faut savoir décanter. On ne peut pas soutenir le troisième mandat avec son cortège de malheur et vouloir du jour au lendemain, se faire passer pour une Colombe. La junte elle même gagnerait à ne pas tomber dans le piège du recyclage. Il suffit de voir  cette nouée de leaders politiques au palais du peuple mardi dernier où  on avait beaucoup plus l’impression d’assister à un grand bazar qu’à une rencontre aussi solennelle ! 
La junte doit savoir poser des limites. Il faut barrer la route aux opportunistes et autres troubadours de la République qui sont prêts à piquer dans toutes les assiettes. 
Le vrai changement doit commencer par là. Qu’on soit jeune ou vieux, femme ou homme,  il suffit d’avoir une certaine compétence et la probité morale. Il faut que les Guinéens comprennent que c’est pas tous les anciens qui ont échoué. Et qu’être jeune n’est pas forcément synonyme de progrès. C’est un faux débat. 
Aujourd’hui, il est question d’avoir un leadership fort au sommet de l’Etat en vue repenser la société guinéenne malade. Un leader capable d’insuffler une nouvelle dynamique, une nouvelle vision basée entre autres sur la compétence, la probité et la redevabilité. Il suffit de voir ces derniers temps,  le changement qui s’opère progressivement autour de nous. Un changement dicté par la peur. Une peur  accomodante. Le temps pour certains de connaître les forces et limites des nouvelles autorités. C’est pourquoi, pendant qu’il est temps, le CNRD doit maintenir le cap. Poser des jalons de la rupture. Et cela passe par la justice. 
Il faut que ceux qui ont triomphé par la terreur pour assouvir leur volonté de maintenir un homme et son système au pouvoir, payent pour leurs actes. En tout cas, si le peuple a placé sa confiance aux nouvelles autorités,  il reste cependant extrêmement vigilant. 
Rien que la composition de la nouvelle équipe gouvernementale sera une étape décisive dans la volonté de la junte à marquer cette rupture annoncée. C’est vrai que la rupture commence par le discours. Mais, les actes parlent mieux.Déjà, la prise du pouvoir par l’armée est actée. Le peuple est derrière vous. Les Guinéens sont prêts à vous aider pour que vous les aidiez à votre tour.

Ibrahim Kalil Diallo

 JOURNALISTE 

+224 621 50 15 82 

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