Procès d’Ismaël Condé et Seydouba Sacko : la partie civile demande le payement de 167 millions fg, le procureur réclame la relaxe

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Le procès de Seydouba Sacko et Ismaël Condé, Condé, respectivement maire et premier vice maire de Matam s’est poursuivi ce lundi, 28 juin 2021. Tous poursuivis pour ‘’escroquerie, entrave à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés de concession et d’égalité de service public et complicité ”, les travaux de ce jour étaient essentiellement axés sur les plaidoiries et réquisitions.

Lors de son intervention de circonstance, l’avocat de la partie civile, Me Berété a soutenu que c’est un manque de courage et de galanterie de la part de Ismaël Condé de n’est pas reconnaître les faits.

« On a été utilisé, il y a eu duperie et c’est un citoyen qui a abusé de sa qualité de vraie (…) Si personne ne veut tromper personne, pourquoi signé un contrat ? Pourquoi ne pas nous laisser signer le contrat avec les tiers ? Si il n’y a pas de rémunération dans un contrat, c’est de l’exploitation », a-t-il raconté, avant d’ajouter :

« Dans le document du contrat, il est intitulé maître d’ouvrage commune de Matam. Et si ce n’est pas payé, c’est à la mairie qu’on tendra la main. Et notre seul interlocuteur à la mairie, c’est Ismaël Condé. Car, il nous a poussé à faire des t-shirts, d’organiser la cérémonie pour réceptionner les dons composés de brouettes, de gants et des ballets de la banque maroco-guinéenne qu’il nous a vendu à 45 millions de francs guinéens. Donc il nous a trompés, et c’est de la duperie. Plus loin, il a fait travailler nos mamans sur la base qu’un contrat aveugle. Et plus grave, il a retiré à nos pauvres mamans 200 000 francs guinéens chaque jour pour le prix du carburant », a-t-il déploré 

Pour finir, il (avocat de la partie civile) a demandé à la présidente du tribunal, Djénabou Dognol Diallo de constater cette infraction tout en sollicitant du tribunal le payement du tord causé par le 1er  vice maire de la Commune de Matam et la Mairie, la somme de 167 millions de francs guinéens pour les dommages et intérêts. 

Le représentant du Ministère Public, Mme Josephine Toundiana, a sollicité du tribunal la relaxe pure et simple parce que soutient-elle, les faits ne sont pas établis. En d’autre termes, il n’y a pas d’entrave ni de liberté d’accès.

Quant à l’avocat de Seydouba Sacko, il dira qu’il n’est plus à contester que les faits tels qu’articulés par la partie civile et la défense, ne sont plus à démontrés. Pour lui, la Mairie s’est juste engagée pour parrainer le contrat. Donc, affirme-t-il, « mon client plaide non coupable ».

Pour l’avocat de la défense, Me Haba, il a estimé que « puisque le parquet ne trouve aucun élément je ne devrais pas être là pour plaider. Ce contrat de concession, rien qu’en parlant du contrat, il ne devrait pas être là. Parce qu’il est mentionné dans l’article 9 que si les parties ont un différend de régler çà pour un premier temps et cela a été violé ou encore à la Mairie avant d’en arriver là (…) Je sais que cette partie civile a été mal conseillée. »

Toujours dans sa plaidoiries, Me Haba de la défense a insisté : « S’il y a eu des dons de la part de la banque maroco-guinéenne, ces dons ont été destinés préalablement à la mairie. Et la nature de l’escroquerie dont la partie civile fait allusion n’est pas constituée (…) C’est à vous de dire ce qui est bien et ce qui n’est pas bien. Donc le rôle de décanter. Je  vous prie donc de leur rendre l’honneur de leur crédibilité et de relâcher M. Ismaël Condé et Seydouba Sacko », a-t-il insisté.

C’est au terme de toutes ces interventions que la présidente du tribunal a renvoyé l’affaire au 8 juillet 2021 pour le délibéré.

Mamadou Yaya Barry                                 

622 26 67 08 

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