Prorogation de l’état d’urgence : des citoyens plaident pour que ce soit la dernière

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Dans une adresse à la nation dans la soirée du vendredi 15 mai dernier, le président Alpha Condé a décidé de proroger l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 15 juin prochain pour contrer la pandémie de covid-19 qui sévit en Guinée. Le couvre-feu allégé à Conakry qui va désormais de 22 heures à 05 heures du matin et levé pour l’intérieur du pays..

Face à cette prorogation de l’état d’urgence, notre reporter est allée à la rencontre des citoyens de Conakry, samedi 16 mai. Au micro de Mediaguinee, ils ont plaidé à ce que ce prolongement soit le dernier afin de leur permettre de vaquer à leurs occupations habituelles.

Alsény Bah, chauffeur : “Après le 15 juin, il faudrait qu’on nous libère maintenant”

« On a accepté ce que le Président a dit. Mais si le mois fini, il faudrait qu’il nous libère pour que les gens puissent vaquer à leurs occupations. Il ne faut pas qu’il continue à nous punir seulement. Moi, je suis chauffeur, je transporte des marchandises vers l’intérieur du pays. Mais actuellement la route est bloquée. Donc, je suis au chômage ».

Mme Kouyaté, Mariam Sylla, commerçante : “Cette prorogation de l’état d’urgence ne nous arrange pas”

« Cette décision ne nous arrange pas. Parce que quand on sort le matin, à 16 heures déjà nous sommes obligés de rentrer sachant qu’il n’y a même pas d’achat. Avant je pouvais vendre jusqu’à 1 million et quelques poussières, mais actuellement même pour gagner 200mille c’est des problèmes. Hier, pour toute la journée c’est 5000 mille francs guinéens que j’ai vendus en marchandises. Ce qui ne nous arrange pas avec nos enfants à la maison qu’on est obligé de nourrir tous les jours. Donc le Président n’a qu’à essayer de revenir sur sa décision. »

Un citoyen qui a préféré garder l’anonymat : “Même si on prolonge pour un an, si les gens ne s’appliquent pas ça ne va rien donner”

« Mon avis, même si on prolonge pour un mois ou un an, si les gens ne s’appliquent pas ça ne peut rien donner. Si je prends l’exemple sur le Sénégal où le Président a ordonné l’ouverture des mosquées, certains religieux ont carrément dit non ce n’est pas possible. Effectivement, c’est une raison. Mais quand on parle de l’état d’urgence ce n’est pas tellement respecté, regardez par exemple les marchés où les gens sont collés l’un contre l’autre. Il faudrait que les citoyens mêmes soient conscients de l’existence de la chose, et savoir comment nous y prendre pour pouvoir éviter. On suppose que c’est à Conakry que le coronavirus existe et qu’à l’intérieur il n’y a rien, ce n’est pas juste. Il faudrait qu’ils prennent toutes les dispositions pour que l’intérieur ne soit pas touché. »

Mabinty Sylla, marchande ambulante : “L’état d’urgence a tout bloqué à Conakry”

« C’est une décision du Président, nous sommes obligés de nous soumettre. Mais ce n’est pas facile. Moi-même ce port du masque me fatigue, je respire difficilement, ça me donne la migraine. Puis cet état d’urgence a tout bloqué à Conakry, ce qui n’est pas facile pour nous les pauvres qui avons du mal à trouver quoi manger. C’est vrai qu’il le fait pour nous protéger de cette maladie coronavirus. Mais il n’a qu’à penser à notre condition de vie aussi. »

Amara Bangoura, élève : “Le Président doit revoir les choses surtout pour nous les élèves. Moi, je ne veux pas reprendre la même classe”

« A mon avis, cette décision de proroger l’état d’urgence vient de confirmer l’année blanche en Guinée. Parce que imaginez, depuis le mois de mars nous avons quitté l’école. Et nous sommes maintenant en moitié du mois de mai, donc ça fait maintenant deux mois. Nous, on s’inquiète pour les cours. Parce qu’on n’a pas fait normalement notre programme. Le Président doit revoir les choses surtout pour nous les élèves. Moi, je ne veux pas reprendre la même classe. »

Elisa Camara

+224 654 95 73 22

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