Réconciliation entre les communautés à N’Zérékoré : Tiégboro se dit rassuré d’une paix définitive

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Présent dans la capitale forestière depuis plus de 3 mois suite aux violences meurtrières qui ont secoué la région les 22 et 23 mars derniers lors du double scrutin, le Colonel Moussa Tiégboro Camara qui a participé ce mardi, 07 juillet à la cérémonie de réconciliation entre les communautés Konia et Kpèlè, est revenu sur son séjour avant de dire être rassuré de la volonté des fils de la région à enterrer définitivement la hanche de guerre.

« C’est très honteux pour nous forestiers. Vous avez entendu nos sages dire qu’ils ont eux-mêmes honte. Nos mamans se sont couchées aujourd’hui à plat ventre pour supplier tout le monde à œuvrer pour une paix durable. Ça ne fait pas un honneur pour nous N’Zérékoréka de voir chaque fois cette belle forêt en train de brûler à la faute de ses enfants.

Si je dis honteux parce que ce n’est pas la première fois. En 2011 à Galakpaye sans pourtant développer. Nous étions là-bas. Début 2012, il y a eu le problème de Saoro et en 2013 on était à Koulé, un problème qui avait pris une allure communautaire rapide et finalement toute la forêt était touchée.

Ce qui a surpris tout le monde cette fois-ci contrairement aux conflits antérieurs ce n’était pas un problème intercommunautaire. Vous vous rappelez qu’en 2013 on a fait un pacte par les mêmes sages même si d’autres sont morts.

Ce qui ne sont pas forestiers n’ont pas compris ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est extrêmement dangereux. Dangereux pour ceux qui tenteront désormais de mettre en branle nos communautés vivant ici.

Les gens à tour de rôle ont dit que vous ne comprenez pas ce qui se passe.

Mais si vous blaguez avec ça c’est la Fatiha de façon traditionnelle qu’on a eu à faire aujourd’hui.

Çà on ne blague pas. Tu blagues et toi et ta progéniture vous paierez les frais. 

En 2013, avec Colonel Pivi on a fait 4 mois ici. Mais ce que j’ai vu aujourd’hui m’a rassuré par rapport aux cas passés. Parce que je me suis dit que c’est une prise de conscience généralisée pour cette fois-ci, chacun a compris qu’on ne devrait pas tomber dans cette erreur. 

 C’est un problème politique et la politique ne peut pas pousser quelqu’un à s’attaquer de son prochain. Ce n’est pas possible. Le FNDC qui est venu s’installer ici et qu’il y’a eu problème ? Ils se sont installés partout il n’y a pas eu de problème.

Jusqu’à présent je ne sais pas ce qui s’est passé ici pour que les gens s’affrontent comme çà. 

Le 22 ce qui s’est passé était difficile. Quand on est venu on était obligé de prendre d’autres dispositions et faire les ordres initiaux et faire face au boulot avec les forces de défense et de sécurité. Le soir à pareille heure les gens ont attaqué le camp. Imaginez-vous, les gens imaginent les choses comme çà. Attaquer un camp, c’est grave. Donc c’était très très grave.

C’est Dieu seulement qui a sauvé la forêt. Comme ça. Moi je ne sais pas jusqu’à présent ce qui était derrière. Depuis 2013 ça allait bien entre Kpèlè et Konia. C’est cette manipulation orchestrée planifiée de façon machiavélique par des gens qui ne veulent pas la paix. Et la paix ce n’est pas un mot seulement mais le comportement de tout le monde. 

C’est pourquoi avec le gouverneur Diaré, le préfet, le maire, on s’est retrouvé avec le commandant de zone pour mettre en place un plan opérationnel. C’est ainsi encore on a été rencontrer toutes les communautés pour leur parler de paix.

Le FNDC est ce qu’ils ont respecté le patriarche ici ? Ils n’ont pas respecté. Ils ont fait fi de la déclaration du patriarche. C’est lui-même qui nous a dit. Ils l’ont même insulté. Les enfants sont partis l’insulter là-bas. Si j’étais là-bas ce jour-là ils allaient marcher sur ma tête. Parce qu’on n’insulte pas un patriarche.

C’est une malédiction, personne ne l’a mis là-bas c’est Dieu. Ils l’ont insulté, ils lui ont foutu la merde. Ils ont dit vaille que vaille et maintenant ça n’arrange personne. Les 23 ; 24 et 25 est-ce que quelqu’un sortait ? Le couvre-feu s’est imposé lui-même naturellement. C’est pourquoi la paix n’a pas de prix.

Que chacun soit l’arbitre de ce qui ‘s’est passé ici aujourd’hui. N’eût été ces conflits on ne serait pas à ce niveau aujourd’hui.

Le président Alpha Condé était venu annoncer ici le démarrage de nos mines dont Rio Tinto et Zogota.

Aujourd’hui quand même, je suis ravi car je vais me retourner rassuré que la hache de guerre est définitivement enterrée. Que l’on cesse l’orgueil et de nous accepter entre Kpèlè et Konia », a expliqué de long en en large le Colonel Moussa Tiégboro Camara, chef du service anti-drogue et crime organisé.

Amara Souza Soumaoro, correspondant à N’Zérékoré

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