Recrudescence des cas de viol : ‘’pour le mois de juin dernier, on a reçu 16 cas’’ (Bernard Tenguiano de la BSPPV)

Print Friendly, PDF & Email

Depuis quelques années, les cas de viol sont devenus récurrents en Guinée. Un phonème qui touche de plus les jeunes filles âgées de moins de 10 ans. Malgré les multiples dénonciations, ces cas de viol ont pris de l’ampleur dans le pays surtout en cette période de la maladie à coronavirus.

Au cours d’une conférence de presse animée tenue ce jeudi, 2 juillet par le collectif des jeunes filles leaders de Guinée pour dénoncer cette pratique ignoble, le commandant de la brigade spéciale des personnes vulnérables, l’adjudant-chef Bernard Tenguino, est revenu sur quelques statistiques des cas de viol que son unité qui relève de la gendarmerie nationale a enregistré depuis sa mise en place.

Selon lui, « depuis l’installation de cette brigade au mois de février dernier, nous sommes à 27 cas de viol. Et sur les 27 cas, il y a déjà 17 qui ont été déférés. C’est pour vous dire que c’est un record. Pour le mois de juin dernier seulement, on a reçu 16 cas d’agression sensuelle. Et l’âge varie entre 2 à 16 ans. Et sur les 16 cas, les 12 ont été déférés devant les tribunaux, c’est-à-dire les tribunaux de Coyah, Dixinn et de Manfaco. » 

A en croire, les parents ont leur part de responsabilité dans cette recrudescence des cas de viol sur les enfants. Car, dira-t-il, qu’actuellement, le violeur est toujours quelqu’un qui est proche de la victime.

« Il y a des appellations que les parents doivent refuser, les messieurs qui appellent les petites filles ma femme. C’est des appellations qu’il ne faut pas accepter parce que tout commence par là. Mais c’est des choses qui se passent au vu et au su des parents. C’est les parents mêmes qui disent à la fille quand le monsieur vient, ton mari est venu. C’est les parents qui contribuent à ça, c’est pour dire il faut qu’on se lève tous contre ces pratiques-là. » 

Poursuivant, il a interpelé les parents par rapport à l’utilisation des téléphones par les enfants. Selon lui, les téléphones androïdes sont de nos jours à la portée de tous les enfants.

« C’est le cas du dernier dossier qu’on a géré avec les filles leaders. C’est trois adolescents âgés respectivement de 13, 14 et 15 ans qui ont abusé d’une petite fille de 6 ans. Ils disent avoir vu une vidéo porno dans le téléphone de leur grand-frère. Et le lendemain, ils sont passés à l’action. D’abord, c’est l’un d’entre eux qui est passé à la pratique, suivi par le second et c’est le 3è qui a été pris maintenant dans une maison non achevée avec la fille qui a dénoncé les deux autres. Les parents aussi qui laissent les télés dans la chambre des enfants et les enfants restent à la télé à des heures tardives et ils ont accès à certaines chaines. Tout ça peut pousser un enfant à faire certaine chose qu’il ne doit pas faire. »

Elisa Camara

+224 654 95 73 22

 

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.