Rencontre avec le président de la transition : le regard critique d’Ahmed Sékou Traoré…

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Ahmed Sékou Traoré est le coordinateur de la plate-forme nationale de participation et d’initiative citoyenne. Il revient ici sur la rencontre que le président de la transition, le colonel Mamadi Doumbouya, a eue la semaine dernière avec les organisations de la société civile.

  « Effectivement, nous avons été invités par le  chef de l’État en tant qu’organisation de la société civile et d’autres organisations prises individuellement à travers un appel de notre ministère de tutelle, le ministère de l’Administration et de la Décentralisation. La première opportunité qui nous a été offerte était celle du monsieur le ministre, qui nous a invités pour échanger avec nous et nous souhaiter bonne et heureuse année 2022. Je crois que notre rencontre avec le ministre a été très fructueuse, parce qu’il a donné largement le temps aux acteurs du développement de discuter avec eux et de donner leurs points de vue par rapport à l’évolution de la transition et sur les réalités qui existent, parce que les actions de la société civile, les véritables acteurs sont dans les communautés, sont avec les citoyens et travaillent sur des projets communautaires et échangent avec les partenaires et les bailleurs de fonds. Certes, nous ne sommes pas comme on peut le dire des prestataires dans le fond mais par la forme nous sommes des prestataires. Pourquoi ? Quand nous décidons des projets, nous les leur soumettons, ils admettent nos projets, ils nous appellent, ils voient la pertinence, ils financent le projet, pour que nous partions aider les communautés. Cela d’ailleurs fait de nous un partenaire de l’Etat et non un adversaire, parce que notre partenariat avec l’Etat  c’est dans ses 3 piliers. 1 c’est de voir où l’État est faible, nous intervenons, où l’Etat a oublié nous intervenons ou bien de voir où l’État a oublié ou abandonné, nous intervenons. Voilà ce qui fait de nous un élément additif  avec l’Etat dans la collaboration. Alors, le ministre nous invite, nous lui faisons une déclaration sur toutes les vérités que nous connaissons et nous lui avons demandé à ce que nous sachions quelle est la démarche actuelle nous amenant vers le début de la transition. Parce que j’appelle début de la transition, conformément à la charte  que nous avons, qu’il nous a distribuée ce jour, que la transition proprement dite c’est quand le CNT sera en mis en place et il reviendra au CNT comme responsabilité de déterminer l’échéance. Donc, par conséquent nous disons que la transition va commencer quand sera mis en place le CNT. Maintenant, ce CNT nous attendons,  nous avons fait des propositions, le gouvernement a demandé à ce que nous soumettions des candidats pour le CNT, nous avons déposé les dossiers. Je crois qu’ils ont suffisamment étudié les tenants et les aboutissants pour établir des critères pouvant leur faciliter le choix, même s’il leur revient toute la responsabilité de voir malgré ces critères quels sont d’autres critères qu’ils peuvent inventer pour choisir. Mais cependant nous avons obéi à ce qu’ils ont demandé. Maintenant, si dans les règles, d’autres n’ont pas obéi à la demande de l’Etat, par conséquent, il leur revient de les retirer et de les mettre de côté. En tout cas, jusque-là l’échange qu’on a eu avec le ministère de tutelle était vraiment un échange plein d’espoir. Maintenant, revenant donc sur cette invitation où nous avons été devant monsieur le président à la suite de l’entretien qu’on a eu avec le ministre. Nous étions très heureux et cela dans nos têtes après l’invitation adressée par coup de téléphone. Nous nous sommes dit certainement le président nous a écoutés et il a apprécié nos interventions. Il nous invite afin que nous approfondissions ensemble. Malheureusement parce que nous connaissons comme pratique de certains Guinéens qui ont du mal à  se départager de leur comportement archaïque vont devant le président pour le prendre en otage. D’ailleurs, nous n’étions pas seuls, nous étions avec les grands entrepreneurs du pays, ce qu’on appelle les champions, nous étions avec les syndicats, les Patronats. Je crois suffisamment qu’ils ont réussi à exprimer au président ce qu’ils pensent dans leur diversité. Quant à nous, puisqu’il y a certaines activités de la société civile qui sont aujourd’hui à côté du président, donc dans cette grâce, au lieu d’être juste avec eux-mêmes et de se départager, de se séparer,  d’écarter leur comportement que nous savons d’eux, que nous ne voulons très sincèrement pas que cela vienne intoxiquer cette démarche de refondation annoncée par le chef de l’État, ils viennent encore relancer ces comportements.

Les plates-formes existent, une seule organisation ne peut pas réclamer la paternité de gérer les autres plates-formes dès lors que ce n’est pas consensuel. Tu ne peux pas te permettre cette responsabilité de le faire, parce que nous sommes les plus malheureux parmi les acteurs, je parle des plus malheureux par rapport à notre état de chercher les moyens,  à aider les communautés avec preuve. Parce que même demandant que nous déposions nos dossiers pour le CNT, ils ont demandé les rapports d’activités, ces activités ne sont pas financées par l’Etat, mais cependant c’est l’Etat qui nous garantit politiquement et administrativement pour que nous puissions nous exécuter sur le terrain. Donc nous avons ce respect, cette considération pour notre État, même si certains se plaignent  du fait qu’ils ne soient pas en possession de leurs agréments, ou qui ne sont pas à jour. Mais je crois que le Ministre nous a rassurés que désormais nos agréments seront à jour. Donc puisque nous travaillons de nous-mêmes, nous existons de nous-mêmes,  nous méritons cette considération. Et ce respect, que personne nous prenne  de haut comme si nous étions des subalternes à lui pour aller promettre au président les meilleurs de lui-même et que nous autres étaient à son apanage. C’est dommage.  Donc dans la salle, nous étions  au Palais Mohammed V, nous avons constaté qu’ils ont choisi deux (2) personnes et après c’est trois (3). Sur quelle base, sur quel critère ils ont été choisis, qui les aurait choisis, est-ce qu’avant que nous venions, nous nous sommes concertés. Non ! Avons-nous été consultés ? Non. Par conséquent si on doit parler devant le président, certes tout le monde ne peut pas parler, mais quand même qu’on montre au président que ce n’est pas une seule personne qui se croit rusée et continue à duper les autres et qui peut se permettre d’indiquer, d’indexer qui doit parler et qui ne doit pas parler. Nous nous sommes trouvés très réduits pour ne pas dire ridiculisés. Nous voulons que cela cesse. Nous attirons l’attention du chef de l’Etat, M. Le Président de la transition que personne ne vous dise, ça sera un gros mensonge que nous ne sommes pas avec vous. La société civile est engagée ensemble avec vous pour que réussisse cette transition. C’est notre transition, c’est la transition guinéenne, c’est la transition de toutes les filles et fils du pays sans aucune exclusion. Vous avez prouvé dans vos choix, vous avez fait des choses merveilleuses, choisi sur la base des CV pour que certaines personnes se retrouvent à des postes de responsabilité. Nous étions perdus dans ce sens, il faut être clair, alors pour vous dire comme ils ont l’habitude de le faire M. le Président tel n’est pas avec vous, ou pour dire tel n’est pas sérieux. Vous appréciez les gens à l’œuvre et n’ont pas par ce que les gens disent. 

Soyez rassuré, nous restons très attaché à votre discours de l’an, le contenu inspirait, le contenu nous mettait en confiance ou nous met en confiance jusqu’à ce que d’autres choses se produisent. Pour le moment, nous restons très convaincus. Et soyez rassuré, la société civile est avec vous, mais que la société civile n’est pas qu’une seule structure qui se tape la poitrine pour dire je gère tout le monde. M. le Président, ça c’est une erreur, ça sera une très grosse erreur. Parce que je sais que vous n’êtes pas là pour caresser qui que ce soit. Mais en attendant que cela soit clair, nous sommes dans la dynamique de faire réussir la transition.  Mais les petites personnes autour de vous, qui sont en train de tromper, je sais qu’ils ne peuvent pas vous tromper mais en attendant qu’ils vous tympanisent dites leur d’arrêter. Nous ne sommes pas des petites personnes, nous sommes des majeurs,  nous avons une maturité professionnelle, une maturité sociale, si je peux me permettre même une maturité intellectuelle, parce que la société civile est une école.  Nous restons à votre entière disposition, nous sommes à l’écoute, nous voulons que la transition marche et je crois que vous avez constaté dans nos démarches que chacun est occupé à quelque chose où qu’il soit, pour qu’ensemble nous fassions réussir cette transition. Mais méfiez-vous en de cela autour de vous qui vous vend l’illusion, parce qu’ils pensent que la société civile leur appartient, ils ne sont pas les propriétaires de la société civile, nous sommes une multitude de plates-formes et nous pouvons bel et bien s’entendre sur un sujet mais à condition que le respect y soit. Si ce n’est pas le cas personne ne peut donner 8 ou 7 à son prochain au compte de 10, nous n’admettrons pas. Cela est un avertissement pour ceux qui sont en train de le faire ils savent que nous les connaissons, ils savent qu’on se connaît et ils savent qu’ils sont vus ,mais qu’ils arrêtent avant qu’on aille à une deuxième étape. Ce qui consistera à dire individuellement les noms et à les affronter en face, qu’ils arrêtent. Je crois dans une coordination la solidarité est importante, cela doit être une valeur pour une coopération qui se respecte. », a-t-il martelé.

Mamadou Yaya Barrry

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