Ouverture frontières guinéo-sierra-léonaises : les transporteurs entre joie et tristesse

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Fermées il y a bientôt 5 mois, les frontières guinéo-sierra-léonaises rouvriront ce jeudi 18 février à 8h GMT, comme l’a indiqué un communiqué signé entre les deux (2) États. Ce mercredi 17 février 2021, votre site en ligne Mediaguinee est allé à la rencontre des transporteurs et les responsables de la coordination nationale des transporteurs de la Gare routière de Bambéto, qui au-delà d’être contents, ont dénoncé le  mauvais état des routes nationales.

Rencontré sur la ligne de la Sierra Léone, Diallo Mamadou Saliou, qui fait la navette entre Conakry-Freetown, a manifesté sa joie mais aussi son mécontentement. « On est très content. Seulement on a perdu une année. On pourra à nouveau travailler mais ce qu’on a perdu, on ne peut pas le rattraper. Il y a eu beaucoup d’entre nous qui ont perdu leur travail. Il y a aussi beaucoup de barrages sur la route. Les agents demandent 20 mille aux passagers qui n’ont pas de carte. La sécurité n’est pas là pour sécuriser mais pour demander de l’argent, parce que, avant de demander de l’argent, il faut d’abord chercher à savoir qui rentre dans le pays. », a-t-il alerté.

Cheikh Mohamed Condé, membre de la coordination nationale des Transports et Mécanique générale au niveau national, en même temps secrétaire à l’organisation au niveau de la commune de Ratoma, a demandé à l’État de faire bouger les choses un peu. « Nous sommes d’accord avec l’État guinéen, car c’est l’État seul qui est chargé de sécuriser un pays. S’il sait que cette partie est bien sécurisée il ouvre là-bas. Je pense que dans les semaines à venir, l’État va discuter avec les autres pays aussi pour rouvrir les frontières. Nous sommes des transporteurs, notre souhait c’est de rouvrir toutes les frontières. », a-t-il souhaité. Avant de dénoncer les rackets qu’ils subissent sur les routes et le mauvais état des routes du pays. « La tracasserie policière existe, c’est vrai. Et l’état de la route est très critique. Nous transporteurs, nous voulons des meilleures routes, car sans les routes, on ne peut pas travailler. Nous demandons à l’État guinéen de faire des efforts. »

Pour sa part,  Mamadou Barry Dinguiraye, transporteur entre la Guinée et les pays frontaliers, a dit toute sa satisfaction. « Ça fait plusieurs mois, on n’a pas travaillé. Nous, on ne connaît que la Sierra Léone, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau. On ne fait pas le taxi en ville. Si aujourd’hui on entend qu’on rouvre la frontière ce 18 février, on ne peut qu’être content. Mais le seul problème est qu’on n’a pas de route. Et c’est partout en Guinée. Nous, quand on arrive à Pamelap, on est content parce qu’on se lave, on prend des vêtements propres, on lave nos voitures pour  renter en Sierra Léone. Mais de Pamelap pour rentrer en Guinée, arrivé ici, tu vas croire qu’on vient de la Mauritanie. On demande l’aide de l’État car tu ne verras pas un véhicule qui n’a pas de vignette. On paye les vignettes pour qu’on puisse réparer les routes. »

Mamadou Yaya Barry

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