Réouverture des mosquées : les vérités de l’imam Elhadj Karamba Diaby… 

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La fête de Tabaski a été célébrée ce vendredi 31 juillet 2020 sur toute l’étendue du territoire national. A Kindia, ville située à 135 kilomètres de la capitale Conakry, les fidèles musulmans se sont acquittés de leur devoir religieux dans les différents lieux de culte. De la prière de 9 heures à celle de 16 heures, les mesures sanitaires ont été ignorées dans plusieurs mosquées.

La réouverture exceptionnelle des mosquées ce vendredi a été annoncée par les autorités guinéennes à condition que les mesures sanitaires soient respectées à la lettre. A l’école primaire de Condetta 1, le constat était alarmant. Comme d’habitude, les fidèles musulmans se sont inscrits dans un relâchement des gestes barrières malgré le risque de contracter la pandémie. Un fait qui n’a pas surpris le deuxième vice-maire de la commune urbaine de Kindia.

« Je souhaite que cela soit continuel car cette fermeture des lieux de culte peinait les gens. Mais moi, je m’attendais à ce que ces mesures soient ignorées. Parce que quand on dirige une population comme celle de Kindia, ce n’est pas facile. D’ailleurs ici, les citoyens ne croient même pas à cette maladie. Donc ça allait être difficile que ces mesures soient respectées pendant ce regroupement. Mais il faut qu’ils reviennent sur ces mesures pour qu’on sorte de cette pandémie », a laissé entendre Aboubacar Kéita.

Dans la grande mosquée de Tafory, plusieurs citoyens y étaient sans leurs masques avec à la clé l’inexistence de thermoflashs. Un acte mal perçu par camarade Django Cissé, secrétaire général du PDG-RDA.

« C’est la rigueur qui a vraiment manqué aujourd’hui de la part des autorités, je vois beaucoup de fidèles sans masques et ça c’est un grand risque qui peut favoriser la contamination et la propagation du virus mortel. Nous, on aurait voulu que cette prière là dans les mosquées continuent mais avec cette allure, nous sommes mal barrés pour vaincre cette maladie. Mais je suis vraiment content d’avoir accompli mes obligations religieuses envers Dieu », dit-il.

De son côté, le préfet de Kindia qui a tout récemment vaincu le Covid-19 se dit très surpris de l’attitude des citoyens de sa préfecture.

« A l’occasion de cette fête, bien avant, on a animé une émission sur le port obligatoire des masques sur la Radio rurale de la place. Mais nous sommes surpris de cette attitude des citoyens. Vous savez, vous et nous, nous nous sommes vraiment battus dans ce sens mais certains citoyens n’arrivent toujours pas à comprendre la dangerosité de cette épidémie. Moi, j’ai fait un tour au CREMS parce que j’étais atteint du virus, donc je connais très bien cette maladie. Mais nous ne relâcherons rien dans cette lutte, dans les jours à venir nous allons encore continuer à sensibiliser nos concitoyens sur le danger de cette maladie », a laissé entendre N’Fansoumane Touré.

Du côté de la grande mosquée de la Banlieue où la prière a été dirigée par le secrétaire préfectoral des affaires religieuses de Kindia, seulement la distanciation sociale a été foulée au sol. Dans son sermon, Elhadj Karamba Diaby s’est exprimé sur la réouverture des mosquées en ces termes : «… Dieu merci nos mosquées sont désormais ouvertes. Les autorités guinéennes ont accepté que nous priions dans nos mosquées uniquement pour cette fête. Que cela soit continuel. Nous d’ailleurs, on ne va plus fermer nos mosquées, en tout cas celle de la Banlieue ne sera pas fermée. Nous constatons, un nombre important au marché, nos gouvernants se regroupent sans le respect des normes sanitaires, les maquis, les restaurants, les bars continuent à fonctionner comme si de rien n’était. Pourquoi les mosquées ? Donc nous remercions nos jeunes qui sont derrière l’islam, derrière leurs chefs religieux. Les mosquées ne seront plus fermées », déclare sans langue de bois, le grand imam de la Banlieue. 

Aboubacar Dramé, correspondant régional à Kindia

+224 623 08 09 10

 

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