RPG ARC-EN-CIEL- G58: Union sacrée ou alliance hétéroclite de circonstance ?

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Ce n’est ni plus, ni moins qu’une déclaration de guerre. Il n’y a pas l’ombre d’un seul doute. Sans subterfuge, ni le moindre risque de se tromper, le RPG-ARC-EN-CIEL, l’UFR, l’UFDG et leurs acolytes insignifiants ont franchi la ligne rouge. Et comme toute guerre, nul ne connaît les tenants et les aboutissants. En effet, l’ex parti présidentiel guinéen jusqu’à date conciliant, prudent, à la limite méfiant voire hésitant, a décidé de sortir des bois et de s’associer à ses principaux adversaires sinon ses ennemis que sont les partis des deux (2) anciens Premiers ministres pour combattre directement le colonel-Président Mamadi Doumbouya et le CNRD. C’est la stupéfaction à Conakry et dans l’arrière-pays, suscitant des interrogations, des discussions, des réflexions, si possible d’éventuelles actions favorables ou défavorables dans les rangs du parti fondé par le PRAC entre les partisans de la ligne dure et les soutiens du Président de la Transition. 

« L’ennemi de ton ennemi est ton ami », dit-on souvent.

Le CNRD et le colonel-Président Mamadi Doumbouya seraient-ils devenus des ennemis du RPG-ARC-EN-CIEL ou tout au moins de son appareil ? Le constat est d’une évidence irréfutable. 

LA DÉCISION DU RPG-ARC-EN-CIEL, UNE ERREUR POLITIQUE ?

Depuis la chute du PRAC le dimanche 05 septembre 2021, le RPG-ARC-EN-CIEL est traversé par des querelles fratricides sur fond de guerre de succession, mais aussi opposant des partisans favorables au CNRD et les pourfendeurs de la transition militaire.

En rejoignant le G58, la direction du RPG-ARC-EN-CIEL précipite l’implosion du parti déjà suffisamment éprouvé et affaibli par la guerre des chefs, l’idée de s’allier à Cellou Dalein Diallo étant l’œuvre du conseil exécutif provisoire qui n’entraîne pas forcément l’adhésion populaire de la base; donnant malheureusement l’opportunité aux uns et aux autres de choisir des options politiques ou des voies différentes.

Le PRAC a t-il été informé de la démarche de certains de ses héritiers ? L’ancien président guinéen garde t-il encore la haute main sur le parti? Rien n’est moins sûr !

Ceci étant, si Alpha Condé demeure encore le Président incontesté et incontestable du RPG-ARC-EN-CIEL et qu’il ignore ou reste impuissant face à cette démarche du conseil exécutif provisoire, y a t-il preuve plus éloquente de trahison de l’ancien locataire de Sekhoutoureyah par les apparatchiks du régime défunt ?

Mariage de raison ou de cœur, alliance stratégique ou de circonstance, l’impossible union sacrée entre les ennemis d’hier, d’aujourd’hui et de demain que tout oppose, ne menace cependant pas le pouvoir du colonel-Président Doumbouya, même si estiment de nombreux observateurs de la scène locale l’objectif de cette autre classe politique pourrait être de rééditer le scénario du 28 septembre qui a porté préjudice au pouvoir du capitaine Moussa Dadis Camara. 

« Les années se suivent, mais elles ne se ressemblent pas », dit-on.

En 2009, à l’exception du PRAC, tous les ténors de la classe politique, de la société civile et des syndicats étaient présents à Conakry et avaient pris part aux manifestations organisées par les forces vives. Ce qui n’est pas le cas dans la transition version CNRD où, les principaux acteurs (Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré..) sont absents du pays, le FNDC pas au meilleur de sa forme éclaté désormais entre l’aile politique et l’aile sociale, avec une opinion publique partagée entre les partisans des leaders politiques traditionnels et la junte militaire fortement soutenue par une nouvelle coalition dénommée Front National pour la défense de la transition (FNDT), composée d’acteurs politiques, des leaders d’opinion, de la société civile et de certains syndicats.

« L’histoire est la mémoire vivante des peuples », affirmait l’autre.

Au Mali, malgré le vaste  rassemblement et l’opposition d’une certaine classe politique à la junte militaire, le colonel Assimi Goïta reste fortement soutenu par le peuple malien.

Au Tchad, le général Deby déroule bien son calendrier avec l’accompagnement de la classe politique. 

Au Soudan, la mobilisation et la manipulation de l’opinion publique à travers de grandioses manifestations illimitées organisées par la classe politique n’a pas triomphé du général Abdel Fattah Al-Bourhane. 

Au Burkina Faso, le colonel Madiba a fixé la durée de la transition à trois (3) ans, et le programme s’effectue normalement, sans ambiguïté majeure. 

« La nature a horreur du vide », dit-on. 

Dans un sens comme dans l’autre, si l’union de façade entre le RPG-ARC-EN-CIEL et le G58 ne prospère pas, malgré la mise en place du plan B qui consiste à appeler aux manifestations, ce serait un suicide politique collectif qui conduira, au compte du retour à l’ordre constitutionnel à l’émergence d’une nouvelle classe politique, un rêve cher au cardinal Robert Sarah et à bien d’autres Guinéens.

« C’est la fin de l’histoire », affirmait Francis Fukuyama, grand penseur américain d’origine japonaise, conseiller du président Ronald Reagan. 

En tout état de cause, « un homme averti en vaut mille ». « Et gouverner c’est anticiper. Commander c’est prévenir », enseigne la politique.

LE CRAS

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