Sanctions ciblées contre des responsables guinéens : pourquoi Bruxelles hésite encore

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Coronavirus, meilleur allié d’Alpha Condé. C’est la phrase qui a barré la Une des grands journaux français et européens à la veille du double scrutin législatif et référendaire . Sur pression donc de Paris qui a ouvertement critiqué le processus électoral en Guinée, Bruxelles étudie depuis plusieurs jours la possibilité de prendre des sanctions ciblées contre des responsables guinéens pour avoir organisé des élections non inclusives le 22 mars dernier et pour avoir défié les recommandations des organisations internationales dont l’OIF.

Selon le très sérieux journal français Le Monde, « dans l’immédiat, à l’heure de compter ses amis, le meilleur allié d’Alpha Condé est probablement le COVID-19. L’état d’urgence sanitaire, décrété jeudi après l’apparition des premiers cas, interdit les rassemblements de plus de vingt personnes ». Précisant que les chefs d’Etat de Côte d’Ivoire et du Niger, principales forces de pression sur Conakry avant le scrutin, ont maintenant d’autres chats à fouetter. « Chacun se replie sur ses affaires intérieures », dit un diplomate français, cité par Le Monde.

Idem à Bruxelles, poursuit le journal, qui étudiait pourtant la possibilité d’appliquer des sanctions personnelles ciblées contre certains responsables guinéens. 

« C’est aujourd’hui moins probable, admet notre interlocuteur, surtout si l’on ne peut pas s’appuyer sur les pays de la région », informe le Monde.

A Conakry, les menaces de sanctions de l’Europe ne sont visiblement pas la tasse de thé des dirigeants guinéens qui sont prêts à réactiver les méthodes Sékou-Conté en se tournant de nouveau vers la Russie, les Etats-Unis et des pays de l’Asie. Déjà, de nombreux responsables préfèrent faire leur check-up médical à Moscou.

Mamadou Savané

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