Sayon Bamba : « pourquoi nous avons levé la sanction de Ténin Diawara… »

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Contactée mardi 26 janvier par la rédaction de Mediaguinee, Sayon Bamba, la directrice de l’Agence guinéenne de spectacles (AGS), a donné les raisons qui l’ont amenée à lever la sanction de l’artiste Ténin Diawara. 

« La première des raisons, c’est que très rapidement, l’artiste n’a pas contesté notre décision. Elle était dans une démarche d’acceptation de sa sanction d’une part mais aussi de prise de conscience d’autre part. L’artiste s’est excusée directement, et a compris le bienfondé de notre réaction. La deuxième des choses, c’est que Ténin a une jeune carrière, on n’a pas affaire à une artiste qui a une dizaine d’années d’expérience. Elle est jeune, elle démarre tout juste. Donc, il n’y a pas lieu de la punir. Il faut être ferme, c’est vrai. L’administration ne peut pas poser un acte aujourd’hui et le lendemain le lever. Mais on peut quand même l’assoupir au courant des jours à venir et permettre à l’artiste de travailler. En Guinée, on ne peut pas durer sur les types de sanctions de cette ampleur si nous savons que les artistes n’ont pas de statut proprement dit. Quand c’est des anciens artistes, on ne transige pas. Parce qu’on sait qu’ils savent à quoi ils s’exposent. Mais quand c’est des jeunes artistes, on peut entendre les excuses puis plaider même pour les artistes-là aussi en direction du peuple, en direction de ceux qui sont placés au-dessus de nous, et en direction de tout le monde pour faire en sorte que l’artiste puisse se prendre dans les bonnes conditions. », a-t-elle indiqué.

Parlant des dispositions prises contre le morceau incriminé, Sayon Bamba a dit ceci : « Je suis directrice générale de l’agence guinéenne de spectacles. Ça veut dire que je m’occupe de tout ce qui est spectacle vivant. Ce qui se passe sur leur plateau de spectacle nous concerne directement. C’est notre mission. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire les choses visuelles qu’on peut voir, qui peuvent déranger les mœurs et nos coutumes. Il y a le BGDA pour censurer ou s’occuper des chansons et de leurs contenus. Il y a d’ailleurs un comité qui devrait écouter les chansons. Mais malheureusement, la plupart des artistes sortent leurs titres sans passer par la case BGDA. Mais qu’à cela ne tienne, moi je pense qu’il y a moyen de les interpeller puisque les titres sortent et qu’il y a moyen de les interpeller comme dans tous les autres pays du monde, et de leur demander de retirer la chanson. Donc, je peux vous dire par exemple, ‘’allez dans d’autres pays, vous n’allez certainement pas voir commercialiser une chanson contre un chef de l’Etat. Dans d’autres pays, ça n’existe pas. Mais pourquoi ça se fait en Guinée ? Les gens pensent que quand on le fait, c’est parce qu’on est pro-président. Non ! Il y a une déontologie, il y a une règle à laquelle nous sommes soumis, il faut qu’on les respecte. C’est-à-dire si vous faites une chanson aujourd’hui contre le premier représentant d’un pays, il n’y a aucune loi qui nous permet de fragiliser la première personnalité d’un pays. Ce n’est qu’en Guinée qu’on voit ça. Il faut que les gens soient fermes dans l’administration, qu’on sorte des considérations de famille et autres pour faire avancer réellement notre pays.

 Elisa CAMARA

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