Signature de la convention de financement entre l’AFD et la Guinée : discours de la ministre de l’Economie

Conakry, le 9 Avril 2018 – Monsieur le Ministre de l’Energie et de l’Hydraulique,

Excellence Monsieur l’Ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Léone,

Madame la Directrice de l’Agence Française de Développement,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

Je me réjouis d’être avec vous aujourd’hui pour la signature de la convention de financement relative au Projet de redressement des capacités techniques et commerciales de la SEG.

Cette cérémonie dénote encore une fois du dynamisme de la coopération entre la République de Guinée et l’Agence Française.

Il me semble important de rappeler quelques données sur l’eau dans le monde, en Afrique et dans notre pays.

Parmi les ressources qui contribuent au développement des activités humaines, l’eau présente plusieurs caractéristiques qui la distingue de toutes les autres : elle est indispensable à la vie ; elle est omniprésente (elle compose 65 % du corps humain, et recouvre 70 % de la surface de la Terre) ; elle est disponible en quantités strictement fixes, dictées par les lois de conservation et le cycle de l’eau. Le fait qu’elle soit indispensable à la vie sur terre en fait une ressource convoitée plus qu’aucune autre : sa rareté maintient des populations entières dans des trappes à pauvreté, et alimente des conflits politiques qui peuvent aller éventuellement jusqu’au conflit armé.

Elle est omniprésente, mais la quantité utile pour les activités humaines est répartie de manière extrêmement inégale.

Selon l’Académie de l’eau, là où l’eau est abondante, la richesse finit par apparaître grâce au travail des hommes. Là où l’eau n’est pas présente ou presque, demeure le plus souvent la pauvreté. Gérer économiquement l’eau est quasiment synonyme de lutter contre la pauvreté. L’économie de l’eau est un vecteur essentiel de l’amélioration des conditions de vie et de la cohésion de la société tout entière.

C’est sans doute la raison pour laquelle Gaston Bachelard a déclaré que « l’eau est le miroir de notre avenir ».

Mesdames et Messieurs,

Chers invités,

Selon la dernière enquête MICS de 2016, 82,4% de la population guinéenne a accès à l’eau potable et 53,4% à l’assainissement. Des taux, certes appréciables, mais encore loin de l’universalité de l’accès à ces deux fondamentaux pour tous voulu par les Objectifs de Développements Durables (ODD). En effet, ces taux cachent des disparités importantes, car en milieu rural, 65% de la population a accès à une eau potable contre 90% de la population en milieu urbain. En termes d’assainissement, 32% de guinéens vivant en milieu urbain ont accès à un assainissement contre 11% pour ceux vivant en milieu rural. C’est ainsi que l’ODD 6 en corrélation avec le secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement veut « garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ». 

Si le nombre de ménages ayant accès à l’eau potable a connu une augmentation significative durant les dix dernières années, les défis pour améliorer l’accès à l’eau potable de nos citoyens reste critique. Ce qui a fait dire au Secrétaire Général du Ministère de l’Énergie et de l’Hydraulique en novembre dernier que « l’objectif est que chaque Guinéen ou qu’ils se trouvent ait accès à l’eau, ni puisée, ni souillée, mais à une eau potable et assainie ».

Et le Secrétaire général d’ajouter que même si l’objectif n’est pas encore atteint, il est encore réalisable, « à travers un processus engageant tous les acteurs de la société et les partenaires techniques et financiers. Chaque acteur du secteur devra s’engager à soutenir et à accompagner le gouvernement de la Guinée tout le long du processus ».

Mesdames et Messieurs,

La convention de financement qui nous réunit aujourd’hui, constitue un des maillons de cet objectif à atteindre.

La convention que nous allons signer porte sur un montant de 30 millions d’euros, destinée à l’amélioration des performances techniques et commerciales des agences des communes de Matoto et de Ratoma ainsi que le renouvellement des équipements obsolètes des sites de production d’eau potable de Conakry et les 25 centres de l’intérieur gérés par la SEG.

Il s’agit d’un financement qui contribuera à la mise en œuvre de priorités nationales définies de commun accord avec les bailleurs de fonds lors de la table ronde sur le secteur de l’eau en 2016. Celle- ci a permis de mettre en place un Programme national d’investissement du secteur de l’eau à l’horizon de 2022.

Le financement de l’AFD, qui s’inscrit dans le cadre des annonces faites par la France lors du Groupe consultatif de novembre 2017, va permettre :

–      d’améliorer des critères technico-commerciaux pour 15 millions d’euros avec un accent mis sur la réduction des fuites et l’augmentation des ventes et le recouvrement,

–      d’assurer le renouvellement des installations pour 15 millions d’euros en vue de réduire les coûts de maintenance qui pèsent sur la trésorerie de la SEG.

Cet appui devrait à terme améliorer la situation financière de notre entreprise publique qu’est la SEG. Le financement apporté par l’AFD converge également avec les autres appuis de la France, à travers l’AFD, concernant l’amélioration de la gouvernance financière des entreprises publiques. Il est donc très pertinent.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, par ma modeste voix, exprimer la profonde reconnaissance du Chef de l’Etat, de son Gouvernement et de nos populations pour cet appui constant et soutenu au développement économique et social de notre pays la Guinée.

Je vous remercie.

Malado Kaba

Ministre de l’Economie et des Finances 

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement.

 

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