Sommet Afrique-France d’octobre 2021 : Analyse critique sans passion, ni complaisance (Par Abdoul SACKO)

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Abdoul SACKO, Jeune acteur de la Société Civile, Entrepreneur, Consultant sur des questions de Conflits et d’intégration des jeunes/femmes, a cru devoir faire une analyse  du récent Afrique-France qui s’est tenu à Montpellier.

« Ce sommeil ou sommet Afrique –France d’octobre 2021, serait-il une suite ou la version améliorée du forum de Paris sur les économies pour l’Afrique où sur plus de 650 milliards annoncés afin d’atténuer les effets de la Covid-19, le continent n’avait droit directement qu’à une trentaine de milliards avec possibilité d’en avoir plus sous le parrainage payant d’une autre puissance (France ou un autre pays de la même gamme) qui serait considérée comme plus responsable et crédible?

Dans la forme apparente du sommet, il faut l’admettre, le Président Macron en initiant un débat ouvert public avec des jeunes africains, a eu l’audace et le courage des grands hommes d’État comme le père de l’indépendance Ahmed Sékou Touré ou le sauveur de la dignité française, le Général De Gaulle appuyé par d’énormes sacrifices africains.

Mais, dans le fond et pour la finalité recherchée, plusieurs questions se posent, en prenant en compte certains facteurs géopolitiques avec une disgrâce de la politique française de façon progressive en Afrique, qui est témoignée par un accueil très favorable sur le continent des interventions de remise en cause des relations France – Afrique ou Afrique – France, faites par des jeunes pendant ledit sommet. Ce sont des interventions entre autres, comme: (i) celle de la sœur du Mali sur l’inopportunité des présences militaires françaises en Afrique ou la politique d’infantilisation du continent dans les discours à l’aide, (ii) celle du frère guinéen emboîtant le pas au frère sénégalais sur la politique de 2 poids 2 mesures de la France face à des situations similaires en Afrique, (iii) surtout et particulièrement, celle de la sœur du Burkina sur l’aide notamment, qui a comparé les relations France – Afrique ou Afrique – France quel que soit le vocable utilisé, à une marmite souillée au contenu toxique à la consommation par les peuples, tout en paraphrasant le président A. Sékou Touré, qui nous disait avec une longueur d’onde en avance sur son temps que  » Toute aide, qui ne nous aide pas à nous passer de l’aide, est à réfuter.

Parmi ces questions légitimes et objectives qui se posent, on peut retenir :

1.  Le Président Macron serait-il à la recherche d’une solution de rechange au nom de la démocratie encadrée à travers quelques millions d’Euros annoncés, face à une diplomatie française classique qui, se croyant être sur un terrain de droit naturel acquis de la colonisation, s’effrite du jour au jour au profit d’autres diplomaties de coopération axées sur les impacts avec des stratégies gagnant – gagnant et le respect mutuel?

Si c’est le cas, chose que je comprends bien, mais l’approche risque encore de faire perdre à la fois le contribuable français par les fonds jetés à la fenêtre de l’inconséquence diplomatique au nom de la démocratie de façade et également par le manque de stratégies viables pour des nouveaux paradigmes gagnant – gagnant aux impacts mesurables au-delà des discours d’alternance de partage entre lobbying sans recherche d’alternatives pour des progrès économiques, culturels et sociaux. Je le déconseille vivement, car aucune démocratie sans progrès économique, culturel et social ne résistera désormais à l’ardeur citoyenne des peuples pour leur bien-être par des pressions populaires qui ne sauraient être contenus par des simples théories de libertés ou de droits.

2.  Comment admettre, dans les relations France – Afrique, la sincérité ou la responsabilité par la conscience patriotique et républicaine des dirigeants de part et d’autre vis-à-vis des peuples, si après plus de 60 ans d’indépendance  la France doit continuer à : (i) maintenir des bases militaires dans les pays francophones pour les protéger comme des bébés dans le berceau ou (ii) être leur garant monétaire comme quand j’ouvre et gère un compte bancaire en faveur de ma fille pour garantir ses frais d’éducation en attendant sa maturité ?

3.  Est-ce que le président Macron est effectivement résolu à rebâtir de nouveaux paradigmes économiques, culturels et sociaux par des relations fructueuses fondées sur la morale diplomatique et la responsabilité patriotique entre la France et l’Afrique ?

A cet effet, je parle de morale diplomatique pour les dirigeants français, qui doivent comprendre que nous sommes dans un monde de concurrence et d’intérêts dont aucune convention entre anciennes puissances coloniales ne saurait arrêter l’ardeur des peuples à évaluer l’impact des coopérations et politiques sur leurs conditions de vie, ainsi prendre la direction qui leur est favorable même en payant le plus fort prix. Je parle également de responsabilité patriotique, surtout pour les dirigeants ou aspirants africains qui continuent à croire, qu’une fois aux commandes ils peuvent vivre le prince avec leurs proches et alliés, en ayant simplement le parrainage des puissances coloniales avec quelques multinationales au service des dirigeants parrains contre les intérêts des peuples au nom desquels les diplomaties se prononcent, sans mettre en avant le bien-être de ces derniers à travers des politiques et programmes d’épanouissement économique, culturel et social.

En fin, sans conscience partagée sur les relations entre la France et l’Afrique, valable pour les toutes autres puissances, à l’effet d’évaluer du point de vue impact économique, culturel et social sur le bien-être des peuples pour réinventer de nouveaux paradigmes, cet sommet au-delà de sa forme par ses cibles comme tout autre, sera un autre échec lamentable dont les conséquences seront très difficiles à cerner. », a écrit

Abdoul SACKO, Jeune acteur de la Société Civile, Entrepreneur, Consultant sur des questions de Conflits et d’intégration des jeunes/femmes

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