Sommet de l’UA : les chefs d’États décident de réactiver des mécanismes en sommeil

Senegalese President and African Union (AU) Chairperson is seen in Malabo on May 27, 2022 during the AU Summit. - On the occasion of an extraordinary double summit on Friday and Saturday in Malabo, some twenty Heads of State of the African Union are working together to try to counter the worsening humanitarian crises on the Continent. (Photo by AFP)
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Le double sommet de l’Union africaine de Malabo s’est terminé samedi 28 mai, au soir. Il y a une courte cérémonie de clôture, à l’issu du huis-clos des chefs d’États, mais pas l’habituelle lecture de la déclaration et des décisions prises par des chefs d’État. Ces documents sont parvenus à RFI ce 29 mai.

Finalement, aucune mesure spectaculaire n’a été annoncée, mais il y a une volonté de mettre en application de nombreuses mesures prises depuis longtemps et qui n’ont jamais été mises en application. Les chefs d’États ont focalisé leur attention d’abord sur le terrorisme, devenu aujourd’hui une menace existentielle pour une partie de l’Afrique, et ils se sont voulus réalistes.

Malgré plusieurs initiatives sur les plans militaire ou juridique, les chefs d’États ont reconnu que « le terrorisme a continué à prospérer » sur le continent, « notamment parce que nous n’honorons pas nos propres engagements ». C’est ce que déclare Moussa Faki, qui donne l’exemple de la Force africaine en attente, qui n’est pas encore fonctionnelle alors qu’elle devait voir le jour il y a 20 ans.

« Changements anticonstitutionnels de gouvernement »

Le deuxième sujet de préoccupation du Sommet de Malabo, c’est ce que l’UA appelle « les changements anticonstitutionnels de gouvernement », qui se sont multiplié ces derniers temps en Afrique de l’Ouest, au Mali, en Guinée, au Burkina Faso ou encore au Tchad, au centre de l’Afrique.

Moussa Faki Mahamat n’a pas également hésité à dénoncer « les coups d’État rampants » que sont « les modifications de constitutions aux fins de confiscation du pouvoir », qui peuvent conduire à « des coups d’État ou à des révoltes populaires ».

Nous saluons ces nouveaux engagements, mais nous espérons que ce ne sont pas des vains mots comme par le passé, sans une volonté réelle de les mettre en œuvre. Il n’y a pas tellement de nouveau dans les décisions prises à Malabo. Ce qui est nouveau, c’est l’aggravation de la situation sur le terrain et l’effet de contamination que cela peut produire vers les autres pays, notamment les pays de la COS [d’Afrique du Nord] et qui étaient jusqu’ici épargnés. Nous espérons qu’eu égard de la situation, ces décisions ne soient pas traitées comme des décisions d’antan, puisque déjà nous avions la convention de Lomé, nous avions la charte pour la démocratie et les droits de l’homme qui existe, mais ce sont des documents qui ne sont pas très observés. Et malheureusement, nous voyons ces coups d’État revenir dans notre continent.

Sur ces deux sujets importants, le Sommet a décidé de réactiver de nombreux mécanismes qui existent déjà sur le papier, mais qui n’ont jamais été fonctionnels. Il s’agit par exemple du sous-comité du Conseil paix et sécurité chargé de lutter contre le terrorisme et contre les changements anticonstitutionnels du gouvernement, pourtant prévus tous deux depuis 2010.

Les chefs d’État africains ont endossé la déclaration d’Accra du 17 mars, qui établit de manière claire un lien entre la mal gouvernance et les coups d’État, « un bon pas en avant, mais pourvu que ça ne reste pas lettre morte comme souvent à l’UA », a commenté un cadre de l’organisation.

Enfin, le sommet a appelé « au retrait immédiat et inconditionnel des mercenaires étrangers du continent » africain. Un clin d’œil sans doute aux paramilitaires russes du groupe Wagner, présents notamment en Centrafrique et au Mali.

RFI

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