Soudan : nouvelle journée de mobilisation contre l’armée

Print Friendly, PDF & Email

Encore une journée sous haute tension au Soudan avec de nouvelles manifestations prévues, ce mardi 4 janvier 2022, dans le pays contre le régime militaire. Il s’agit des premiers rassemblements depuis la démission, dimanche soir, du Premier ministre civil Abdallah Hamdok. Celui-ci a jeté l’éponge après avoir essayé de former un nouveau gouvernement, sans succès. 

Ce mardi, à Khartoum, les forces de sécurité sont déployées en masse. Les rues menant au quartier général de l’armée dans le centre de la capitale sont entièrement bouclées. Un imposant dispositif sécuritaire a été déployé dans tout le centre-ville, notamment de la police anti-émeute, des forces paramilitaires et l’armée.

Les ponts reliant Khartoum à Omdourman – ville jumelle au nord qui fait office de banlieue – sont bloqués depuis lundi. En effet, des conteneurs ont été installés à l’entrée de ces ponts, ce qui rend impossible l’accès au centre-ville pour les manifestants qui viennent de ces quartiers populaires et de classe moyenne.

Les communications sont difficiles, puisque l’internet est bloqué. Impossible donc de savoir si les Soudanais sont nombreux à avoir répondu à l’appel. Des témoins ont confié à l’Agence France-Presse que les forces de sécurité tiraient des gaz lacrymogènes sur les manifestants dont c’est le premier rassemblement depuis la démission du Premier ministre, dimanche soir.

Deux jeunes tués dimanche

Abdallah Hamdok a jeté l’éponge, car il n’arrivait pas à former un nouveau gouvernement. Il avait été démis de ses fonctions par les militaires, puis réinstallé à son poste et, depuis, c’est l’impasse. La plupart des partis politiques et la société civile qui est dans la rue ne veulent tout simplement pas de militaires et refusent toute cohabitation.

Le danger aujourd’hui, c’est que les militaires sont seuls aux commandes et risquent de nommer un Premier ministre qui leur est favorable. Ce que la rue n’acceptera pas. Donc, on se dirige vers un durcissement de la contestation et une répression plus violente.

Dimanche 2 janvier, deux jeunes ont été tués par les forces de sécurité alors qu’ils tentaient de manifester à Omdourman. Lundi soir, le général Burhan, à la tête de la junte au pouvoir, s’est exprimé, rappelant qu’il était important de former rapidement un gouvernement indépendant, accepté par tous.

Avec AFP

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.