Souleymane Condé à la barre : ”à la Maison centrale, j’ai failli mourir…”

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Il était 11 heures 20 minutes ce mercredi 23 décembre lorsque le procès de Souleymane Condé, ancien coordinateur du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) aux Etats-Unis et leader de Diversité Républicaine de Guinée (DRG), Youssouf Dioubaté et le désormais feu Roger Bamba de l’UFDG fut ouvert au Tribunal de Première Instance de Dixinn. Appelés un à un à la barre par la présidente M’Balou Keïta, les accusés ont été autorisés à donner leurs versions des faits.

”Mon combat, je dis que je n’accompagne pas un troisième mandat parce que c’est depuis le capitaine Dadis que je mène ce combat”

Tout d’abord Souleymane Condé a tenu à rappeler que son combat n’a jamais été contre le professeur Alpha Condé. 

« Mon combat, je dis que je n’accompagne pas un troisième mandat parce que c’est depuis le capitaine Dadis que je mène ce combat, la gouvernance n’est pas stricte, la division ethnique évolue en Guinée, tout le monde n’est pas sans savoir que le tissu social est déchiré. Aujourd’hui, après sa victoire contre l’opposition, le président m’a donné raison parce qu’il dit qu’il va gouverner autrement en punissant ceux qui détournent les deniers publics, ne plus pardonner l’injustice et rassembler tous les guinéens », entame-t-il.

”Mon combat était sur les principes et les valeurs. Je ne suis pas un frustré parce que je n’ai jamais été militant d’un parti politique, c’est pourquoi j’ai décidé de lancer mon propre mouvement, de rassembler la jeunesse guinéenne et d’ailleurs”

Puis racontant les évènements du jour de son arrestation, Souleymane Condé déclare qu’il ne s’associe pas à l’injustice. 

« Ça été mon combat de 2016 à maintenant. Depuis qu’il a réussi à faire les élections du 22 mars j’ai dit que le président a gagné le combat, je suis venu des États Unis et le 25 août j’ai lancé mon mouvement à la maison de la presse j’ai invité tous les partis politiques y compris le RPG arc-en-ciel. Dès après le lancement à maison de la presse, à 17 heures on m’a kidnappé avec deux pick-ups armés pour m’envoyer à la DPJ et après à la maison centrale. Ça fait aujourd’hui 100 jours que je suis en prison. Mon combat était sur les principes et les valeurs. Je ne suis pas un frustré parce que je n’ai jamais été militant d’un parti politique, c’est pourquoi j’ai décidé de lancer mon propre mouvement, de rassembler la jeunesse guinéenne et d’ailleurs. Je l’ai dit, moi je suis une personne de valeur je ne m’associe pas à l’injustice », assure-t-il. 

”Je suis l’homme le plus heureux d’être en prison pendant 100 jours parce j’ai appris, vu beaucoup de choses et je n’allais jamais comprendre si j’étais dehors. C’est difficile mais j’ai tenu, j’ai eu des amitiés, ça m’a enrichi et ça m’a endurci”

Après avoir passé 100 jours à la maison centrale depuis son arrestation, Souleymane Condé se dit être l’homme le plus heureux 

« À la maison centrale, J’ai failli mourir par ce que j’ai eu le palu, des vomissements, mais j’ai gardé le secret pour ne pas affoler ma famille, j’ai fait 10 ans je ne viens pas en Guinée. Mon combat n’était pas contre le président Alpha Condé c’est contre les principes et les valeurs et c’est ce qui dérange ceux qui ont comploté pour m’arrêter et m’amener en prison. Et je vous dis madame la Présidente que je suis l’homme le plus heureux d’être en prison pendant 100 jours parce j’ai appris, vu beaucoup de choses et je n’allais jamais comprendre si j’étais dehors. C’est difficile mais j’ai tenu, j’ai eu des amitiés, ça m’a enrichi et ça m’a endurci », explique-t-il. 

A rappeler que Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté sont poursuivis pour faits de production, diffusion, et mise à la disposition d’autrui de données de nature à troubler l’ordre et la sécurité publique.

Maciré Camara et Christine Finda Kamano (stagiaire) 

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