Soumah réclame ”la part” des enseignants : ‘’tous ceux qui s’agitent pour le 3è mandat ont des intérêts dans les mines’’

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C’est un Aboubacar Soumah visiblement très remonté qui a animé samedi 15 février l’assemblée générale du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG).

Déterminé à poursuivre cette grève jusqu’à la satisfaction de leurs revendications, le secrétaire général du SLECG qui a déploré les conditions de vie précaires des enseignants de Guinée n’a pas manqué d’envoyer des piques chaudes au gouvernement de Kassory Fofana, principalement au ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation Mory Sangaré.

« La nation-là appartient à tout le monde. Le patrimoine-là est commun, les richesses sont communes et ça appartient à tous les citoyens de ce pays-là. Personne ne doit nous faire divertir par ses langages politiques. Nous nous sommes des enseignants, ce que nous cherchons c’est améliorer vos conditions de vie en demandant un salaire décent. C’est tout ce que nous demandons. Quand nous avons des salaires, que ces salaires-là nous permettent de vivre et d’épargner parce qu’un salaire sans épargne n’est pas un salaire. Qui peut épargner aujourd’hui ? Personne. Et on continue nous, on veut nous inviter toujours à vivoter tandis qu’on ne paie rien. En terme de prime d’une corporation, les magistrats, ont 9 millions de prime, 5 millions de prime, prime de logement 5 millions, 4 millions, pourquoi pas nous ? Notre prime de logement c’est 99.000 francs. La location d’un appartement chambre salon c’est combien ? On donne 4 millions aux autres comme prime de logement, nous on nous donne 99.000 fg. Notre prime de craie c’est 100.000 francs. La justice c’est combien ? 7 millions. Alors chers camarades, nous nous sommes des maudits ? Est-ce que nous sommes des maudits ? Alors chers camarades, réclamons notre droit, ne reculons pas. Ne reculons jamais », a-t-il déploré.

Poursuivant, il menace de dénoncer si leur convention n’est pas revalorisée, tous ceux qui détournent les biens de l’État au détriment des travailleurs et de la population

« Tout le monde voit ce qu’ils sont en train de faire à Boké, ils se sont repartis les mines. Tous ceux qui sont en train de s’agiter derrière le président pour le 3ème mandat, ils ont leurs avantages qu’ils défendent, parce qu’ils savent que si le président ne continue pas le 3ème mandat c’est fini pour eux. C’est pourquoi aujourd’hui ils se sont tous déployés dans les préfectures, ils sont en train de se battre pour le 3ème mandat. A cause de leurs avantages, au détriment des populations, au détriment des travailleurs. Quand vous dénoncez cela on dit vous faites de la politique. Ils sont en train de mener une vie ostentatoire, ils sont en train de se répartir les biens de ce pays, ils ne veulent pas penser à la situation des enseignants qui forment l’avenir, qui forment les enfants, les ressources humaines, qui construisent l’avenir de ce pays-là.  Eux ils sont en train de dilapider nos biens, détourner nos biens, les biens de tout le monde, de tous les citoyens de Guinée. Et quand vous dénoncez cela on dit vous faites la politique. Tous ceux qui s’agitent là, ils ont des intérêts dans les mines, ils sont en train de voler au niveau de toutes les régies financières guinéennes aujourd’hui qui sont des sources de revenus qui alimentent nos caisses, nos budgets, qui sont détournés par eux. Ils ont détourné tous les fonds, ils ne veulent pas que le système-là change. C’est pourquoi ils sont en train de se sacrifier, de faire tout pour ne pas changer la situation parce que leur avantage va être remis en cause. Nous ne demandons pas plus, nous demandons à revaloriser notre convention. Donner de la valeur à l’enseignant, de l’autorité à l’enseignant, c’est ce que nous demandons. S’ils ne le font pas, nous allons dénoncer tous ceux qui sont en train de détourner. Ce sont des bandits, tous ceux qui sont en train de détourner sont des bandits d’État. Ça ça relève d’un bandit. Détourner des biens qui ne t’appartiennent pas et tu les utilises à tes propres fins, ça c’est le travail d’un bandit. Donc nous allons les dénoncer, il faut qu’ils nous remettent notre part. Tant que notre part n’est pas remise, nous allons continuer la lutte. Nous n’allons pas suspendre la grève tant qu’on nous donne pas notre part. Donc chers camarades, la grève continue jusqu’au bout. Si jamais le ministre s’hasarde à remplacer un seul enseignant comme il le dit, il nous verra sur son chemin », a-t-il assuré.

Maciré Camara

 

 

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