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Thierno Macka Diallo, maire de Porédaka : ‘’si ailleurs, les gens sont fiers d’avoir l’or, la bauxite ou le diamant, nous, on est fier d’avoir des ressortissants’’

Thierno Macka Diallo est maire de la commune rurale de Porédaka, située à 52 km de la commune urbaine de Mamou. De passage dans la sous-préfecture, nous l’avons rencontré. Sans langue de bois. Entretien… 

Mediaguinee : Monsieur le maire, depuis votre installation à la tête de la commune rurale de Porédaka le 15 octobre 2018, quels sont les projets que vous avez pu réaliser ?

Thierno Macka Diallo : On a deux projets concrets : la reconstruction du marché et la construction d’un foyer de jeunes. Là, on est dans les préparatifs. J’ai grand espoir que ces deux projets vont être finalisés d’ici le mois d’octobre 2019.

Mediaguinee : Est-ce que vous avez les fonds nécessaires pour réaliser ces projets ?

Thierno Macka Diallo : On nous a promis des fonds. Le gouvernement nous a promis un milliard 396 millions à travers l’ANAFIC. On a fait le DAO hier, on a envoyé le communiqué à la radio Bolivar FM et à la radio rurale pour dire qu’on met le DAO en vente. Lorsqu’on va attribuer le marché à quelqu’un, on va envoyer le dossier à l’ANAFIC pour qu’elle nous envoie les fonds.

Mediaguinee : À part ces deux projets, quels autres projets avez-vous pour le développement de votre commune ?

Thierno Macka Diallo : Il y a d’autres projets. Actuellement, il y a un ressortissant de Porédaka qui est en train de faire des forages. Elhadj Mamoudou  Guissé nous a donné 15 forages. Il est en train de les implanter en ce moment même. On a aussi en projet l’habillement des gardes communaux. Ce sont les tenues que vous voyez. On a en projet aussi la pose des panneaux solaires au-dessus des écoles de Sankaréla, Porédaka, Bhouria et Dar-es-salam pour cette année. On va passer des contrats de résultats avec les enseignants qui vont aider les élèves à réviser la nuit avant les examens de fin d’année.

Mediaguinee : Il y a un de vos projets qui fait un peu de bruit. C’est la délocalisation du marché de Porédaka. Dites-nous à quoi consiste réellement ce projet ?

Thierno Macka Diallo : On ne délocalise pas le marché de Porédaka. On va plutôt le reconstruire. Il y a un jeune du nom de Cissé qui est en train de publier sur le net en disant qu’on a ciblé des bâtiments à casser à Porédaka. C’est faux ! On ne casse rien. Ce sont les boutiques en banco que les gens ont construites. Comme les fonds ne nous permettent que de construire 20 kiosques, on ne va casser que les 20 kiosques. On va les reconstruire, chacun va récupérer sa place. En contrepartie, ils vont payer un montant par mois, jusqu’à ce qu’ils finissent de dédommager la commune. Après, les boutiques leur reviennent de droit.

Mediaguinee : Porédaka regorge de cadres de haut niveau, mais cette localité peine à se développer. En tant que maire, quelle lecture faites-vous de cette situation ?

Thierno Macka Diallo : Ce que je peux dire, c’est que si ailleurs, les gens sont fiers d’avoir l’or, la bauxite ou le diamant, nous, on est fier d’avoir des ressortissants. Porédaka repose sur une mine d’or qui est inépuisable, parce que tous les fils de Porédaka, quel que soit leur moyen ou leur niveau d’instruction, chacun d’eux pense à Porédaka d’abord. Dans tous les villages de Porédaka, vous verrez de belles maisons. Et 90% de ces belles maisons sont construites par des gens qui ne résident pas à Porédaka, ils résident ailleurs mais ils sont en train d’investir ici parce qu’ils aiment leur village. Je vais vous donner l’exemple d’un fils qui donne 15 forages à Porédaka, ce n’est pas rien ça. On vient de distribuer des manuels scolaires, c’est une initiative des ressortissants de Porédaka résidant aux États-Unis, en Belgique, en Angola. Ils ont cotisé pour acheter ces manuels qui ont été distribués à toutes les écoles primaires et au collège de Porédaka. Ce n’est pas rien ça, parce que tout part de l’école. Vous prenez un autre fils de Porédaka qui a investi plus de 650 millions de francs sur la rivière Darawol, pour construire un pont entre Soumbalako et Porédaka. Le pont est fini, il ne reste que son inauguration. C’est un seul fils qui a financé tout ça. Moi je suis fier d’eux, chacun fait ce qu’il peut. Mais comme vous-même vous l’avez dit, Porédaka regorge beaucoup plus de fonctionnaires que de commerçants, or ce sont les commerçants qui sont nantis. Les fonctionnaires ne peuvent qu’aider à travers les idées.

Mediaguinee : En 2014, il y a eu un affrontement entre deux villages : N’diaré et Bantankountou. Ces affrontements avaient fait beaucoup de dégâts matériels. Vous, en tant que maire, quelles dispositions avez-vous prises pour éviter un tel affrontement dans l’avenir ?

Thierno Macka Diallo : D’abord, au moment des faits, je n’étais pas maire. Et lorsqu’on m’a installé ici, j’ai tenté de réconcilier les deux villages. On les a fait venir dans cette même salle. On a parlé pendant un jour, on leur a demandé de repartir et de revenir avec une proposition de solution. L’une des parties est revenue et l’autre pas. Donc, on est bloqué. Entre-temps, il y a eu le procès, les gens ont été jugés à Labé, condamnés à des peines de prison, condamnés à rembourser ce qui a été détruit et à payer des dommages et intérêts. À ce jour, rien de tout ça n’est fait, en dehors de la prison. La prison-là, ils l’ont faite mais le reste, ils n’ont rien fait. Et si ceux-ci pouvaient venir vers les autres pour dire qu’on vous a fait du tort, ça nous aurait facilité la tâche mais chaque camp est en train de camper sur sa position.

Thierno Sadou Diallo, de retour de Porédaka

+224 626 65 65 39

 

 

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