Tiken “déçu” d’Alpha Condé : “aujourd’hui, l’opposant fait ce qu’il dénonçait à l’époque”

(FILES)-- A file photo taken on February 14, 2015 shows Ivorian reggae artist Moussa Doumbia, known as Tiken Jah Fakoly, speaking during an interview in Goma. Fakoly was turned back upon his arrival at the airport of Kinshasa on June 19, 2015, where he was supposed to give a concert on June 21 at the Jazz Kif 2015 festival. According to an organizer of cultural events in Kinshasa and a diplomatic source, it has become extremely difficult to bring artists into the country since March 15, when about thirty people, including rappers and civil society activists, were arrested during a meeting on good governance in Africa. AFP PHOTO / FLORY MUMENA
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La star ivoirienne du reggae Tiken Jah Fakoly [de son vrai nom Moussa Doumbia] ne gobe toujours pas le maintien du président guinéen Alpha Condé au pouvoir. Tout comme Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire. Il dit être déçu du dirigeant guinéen qui n’a pas fait ce qu’il dénonçait hier. Io l’a dit à Paris dans une interview qu’il a accordée à l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique. Extraits…

JA: Alors que vous vous étiez fortement engagé contre le troisième mandat d’Alpha Condé en Guinée, notamment avec le titre  Amoulanfe, certains vous reprochent de n’avoir rien dit quand Alassane Ouattara s’est représenté. Pourquoi ce silence ?

Je ne suis jamais resté silencieux. J’ai sorti un titre sur cette question du troisième mandat qui s’appelait Troisième dose, et j’ai été l’un des premiers à m’opposer aux troisièmes mandats. Quand Amadou Gon Coulibaly est mort [en juillet dernier] et qu’Alassane Ouattara a décidé de revenir sur sa décision, j’ai fait une vidéo pour donner ma position. Les gens auraient sûrement voulu que je sois dans la bataille sur le terrain. Mais je n’avais pas envie d’attiser encore le feu. Nous étions dans une impasse : je savais qu’Alassane Ouattara n’allait pas reculer et je ne voulais pas avoir de morts sur la conscience. Une chose est sûre : les troisièmes mandats bloquent le renouvellement de la classe politique, et partout où il y en aura, je m’y opposerai.

JA : Diriez-vous qu’Alpha Condé, auquel vous aviez dédié un titre lorsqu’il était prisonnier politique en Guinée, vous a déçu ?

Oui, et je le lui ai dit à travers différents médias. Il sait ce que je pense. J’avais été l’un des seuls artistes à réclamer sa libération il y a plus de vingt ans, et je pense avoir joué un rôle important. Cette chanson, qui tournait partout à Conakry et qui a même été censurée par le régime de Lansana Conté, a permis à toute l’Afrique francophone de savoir qu’il y avait un opposant en prison en Guinée. Aujourd’hui, l’opposant fait ce qu’il dénonçait à l’époque.

Extraits choisis par Mediaguinee

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