Violences à Mali : le procès d’Issa Camara et Cie s’ouvre sous haute surveillance au TPI de Labé

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Le procès tant attendu du colonel Issa Camara, ancien commandant du camp d’Infanterie de Mali et Cie s’est ouvert ce lundi 15 janvier au tribunal de première instance de Labé, chef-lieu de la Moyenne Guinée, sous haute surveillance.

Ont pris part à l’ouverture de ce procès, les autorités régionales, préfectorales et communales de Labé. On pouvait aussi noter la présence d’une centaine de personnes venues des quatre coins de la région de Labé en général et de la préfecture de Mali en particulier. Dans son allocution, le procureur militaire commandant Damaro a tenu a rappeler que depuis la création de la justice militaire en 1966, elle n’a jamais été effective que maintenant, « car ni son organisation ni son fonctionnement n’obéissait aux principes cardinaux d’une justice libre et indépendante ».

Parlant des événements du vendredi 17 juin 2016 qui ont endeuillé le Mali, la préfecture enclavée du Foutah Djallon, située au nord de Labé, le procureur de confier : « le vendredi 17 juin 2016, un événement malheureux et inattendu, surgit entre les paisibles populations de Mali et les militaires du bataillon d’infanterie de la même ville.  Suite aux événements, je me suis personnellement rendu à Mali avec une équipe d’officiers de la police judiciaire, puis une information judiciaire a été ouverte à l’encontre de tous les militaires et autres personnes impliquées dans cette affaire. L’instruction menée par un pool de juges d’instruction s’est soldée par un non lieu partiel en faveur de certains militaires inculpés et puis le renvoi de  21 autres militaires et trois civils, tous reprochés des chefs de pillages, d’incitation à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline, de révolte, de refus d’obéissance, de violence, voie de feu, outrage envers les supérieurs, de pillage, de destruction d’objets mobiliers, de vol, de menace, des coups et vols volontaires, d’injures, de destruction et de dégradation d’édifices privés, d’incendie volontaire,  de recèl et dommage aux animaux, faits prévus et punis suivant les dispositions  des articles : 223, 228,239,243,246 du code de justice militaire et 273,284,285, 282…et suivant du code pénal.  La présence cérémonie qui nous réunit et celle qui marque l’ouverture solennelle de la première audience du tribunal militaire à formation spéciale de Labé ».

Saisissant la balle au bond, le président du tribunal militaire a demandé le respect des sermons et invité de mettre de coté les sentiments, car, selon lui, les délinquants font moins de mal qu’un mauvais juge.

« Cher avocats, vous sentirez durant tout au long de ce procès notre impartialité, notre détermination à appliquer la loi, comme pour dire que seul le droit triomphera à la fin. Vous et nous sommes appelés au respect strict de nos sentiments, de nos serments, je caresse l’espoir que nous mettrons de côté nos sentiments, nos penchants pour laisser place à un espace instructif et respectueux des droits de chacun. Je convie à cette vénérable assemblée à méditer sur cette phrase de Francisco Gómez de Quevedo y Villegas tirée de son ouvrage intitulé : ‘’la politique de Dieu et le gouvernement de Christ’’, les délinquants font moins de mal qu’un mauvais juge », affirme Me Kémoko Camara qui a suspendu le procès pour la reprise à 11 heures.

Pour mémoire, les 17 et 18 juin 2016, des militaires, sous la commande du colonel Issa Camara, alors commandant du camp d’infanterie de Mali, ont commis des exactions sur des citoyens de la commune urbaine de Mali. Plusieurs personnes ont été blessées dont 5 par balles, plus de 40 boutiques et magasins pillés dont certains incendiés.

Au moment ou mettions cette dépêche en ligne, le procès d’Issa Camara et Cie se poursuivait avec l’intervention des autorités judiciaires. Nous y reviendrons.

Tidiane Tiallo, correspondant régional à Labé

620 44 25 836

 

 

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