TPI de Labé : le substitut du procureur accusé de complicité dans une affaire de 5 mille dollars

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Depuis le 1er novembre dernier, une affaire de 5 mille dollars ébranle le tribunal de première instance de Labé.

Selon nos informations, le substitut du procureur près du TPI de Labé qui fait office de procureur par intérim a, dans un document signé le 1er novembre passé, classé une affaire ‘’d’abus de confiance’’.

Selon la victime, tout est parti en Gambie, en 2014.  Mamadou Dian Diallo, marchand, domicilié à Daka, avait prêté à l’époque 5000 dollars US à Mamadou Saliou Diallo. Ce dernier, dans la foulée, a disparu avec ce montant. C’est à la fin du mois d’octobre, après 7 ans que le créancier a retrouvé le débiteur au marché central de Labé.

« L’affaire s’est passée en Gambie en 2014. Il avait des bagages qu’il devait faire sortir au port et il m’a demandé de lui prêter 5 mille dollars pour faire sortir sa marchandise. J’ai pris avec un ami les 5 mille dollars. Il m’a promis de me restituer l’argent dans 3 à 4 jours. Après une semaine, je suis passé dans sa boutique mais elle était fermée. J’ai demandé après lui, ses voisins m’ont dit qu’ils croient qu’il a pris la fuite. C’est resté comme ça durant 7 ans je n’ai pas vu le monsieur et il m’a jamais appelé, ni laissé un message. Entre temps, j’ai eu un décès à Labé, et je suis arrivé ici le 28 octobre dernier. Le lendemain, j’ai rencontré mon débiteur au marché de Labé, je n’en croyais pas à mes yeux. J’ai pris le monsieur et je l’ai envoyé à la boucherie centrale devant 3 sages en guise de témoin. Je lui ai demandé s’il m’a reconnu ? Il a répondu par la négation. Donc je lui ai demandé s’il connait Mamadou Dian Koubia ? Il a dit oui. Je lui ai dit où est mon argent ? Il m’a répondu qu’il a tout perdu (…) De là, on sait transportés à la justice aux environs de 17 h. Le substitut m’a demandé, et  je lui ai expliqué. Il m’a dit que c’est un abus de confiance, il a sommé le gendarme qui était là de nous envoyer à la gendarmerie et garder mon débiteur en garde à vue. Une fois à la gendarmerie, ils l’ont gardé là-bas pour une période de 5 jours au lieu de 3 », explique Mamadou Dian Diallo. 

Poursuivant, notre interlocuteur précise que depuis que son débiteur a envoyé un montant de 10 millions de francs guinéens, qu’il a perdu le filon du dossier.

« Au troisième jour de notre arrivée à la gendarmerie, ses parents ont envoyé un montant de 10 millions de fg pour donner aux gendarmes. Ils m’ont dit que la famille a envoyé 10 millions et j’ai maintenant demandé qui va prendre la garantie pour le paiement du reste de mon argent puisqu’il est question de 50 millions de fg. Ils m’ont dit qu’il n’y aucune garantie. C’est ainsi que j’ai proposé qu’on nous transfère à la justice. Arrivés à la justice, on trouve le même monsieur Patric Koma Koivogui. Sans nous auditionner, il a pris un papier pour donner à mon débiteur d’aller faire trois photocopies. Il m’a  remis une copie, une à mon débiteur et il a gardé la troisième copie, avant de dire que mon débiteur est libre de partir. J’ai dit quoi ? Il a dit oui, qu’il est libre de partir et que c’est une affaire d’huissier. J’ai dit même si c’est une affaire d’huissier, vous nous conduisez chez  l’huissier. Il a dit au monsieur de partir (…) » 

Pour la victime qui est un cambiste de profession,  le substitut du procureur est en complicité avec son débiteur pour l’empêcher de rentrer en possession du reste de son argent.  

« Avant de libérer mon débiteur, Patrice ne m’a demandé aucune précision. Et quand je lui ai demandé où se trouvaient les 10 millions fg, il m’a répondu que ce n’était ne pas son problème. Je vais poursuivre cette affaire et même s’il faut, on va arriver devant le président de la transition. Je vais porter plainte contre Patrice Koma Koivogui. Ils ont partagé les 10 millions de francs guinéens entre eux pour libérer mon débiteur et classer l’affaire sans suite », accuse Mamadou Dian Diallo.

En attendant la réaction du substitut du procureur (qui n’a pas encore déféré à nos sollicitations), les yeux sont rivés vers le TPI de Labé. Et les interrogations sont légion sur le rôle de la justice pour rétablir les citoyens dans leur droit. Affaire à suivre !

Amadou Tidiane

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