Transition en République de Guinée : entre espoir et doute ! (Soninké Diané)

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Généralement accueillis dans la liesse populaire, la quasi-totalité des régimes de transition se retrouvent souvent confrontés à des conflits d’intérêts et de positionnement. Conflits d’intérêts et de positionnement non seulement entre ceux qui prennent le pouvoir, mais aussi entre eux et d’autres entités nationales, notamment la classe politique.

En effet, les politiques voient en ces périodes charnières de l’histoire de leur pays de belles opportunités de renouvellement des classes dirigeantes, ou de parfaites occasions pour eux d’acceder à la magistrature suprême de leur pays. Tandis que les populations, elles, ne sont préoccupées en ces moments que par le renouvellement du contrat de gestion des affaires de la cité.

Dans une transition, les nouveaux maîtres du pays, dans l’euphorie de la réussite de leur coup de force et du fait de la liesse populaire ayant accueilli leur avènement au pouvoir, se voient investis d’une mission divine. Ils se posent en sauveurs, promettent tout au peuple, sans aucune dose de modestie : la justice, la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics, l’assainissement du fichier de la fonction publique, en un mot la refondation de tout ce qu’ils ont trouvé sur place. Refrains habituels des putschistes.

Attentes des plus espérées des populations, les réformes dans une période transitoire sont sources de conflits, car elles déplacent souvent les centres d’intérêts et de conflits. Elles sont, comme dirait l’autre, des pilules difficiles à faire avaler à tous.

Une transition ne saurait réussir sans porter atteintes aux ambitions notamment de ceux qui veulent le pouvoir pour le pouvoir, ceux-là qui disent souvent qu’un Gouvernement de transition a pour seul objectif de passer le pouvoir aux civils ou qui focalisent tout le débat sur l’organisation des élections pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

Nul besoin de rappeler ici que le désordre constitutionnel de 2001 et de 2020 a permis les transitions de 2008 et de 2021.

Clairement, La construction d’une véritable démocratie est un long processus aux résultats multiples et diversement appréciés. C’est pourquoi les guinéens ne doivent se permettre de bâcler la transition en cours dans notre patrimoine commun pour des questions politiques et électoralistes au risque de connaitre d’autres putschs. Une transition est une période difficile par sa nature, sa forme et les exigences qu’elle doit remplir.

Dans moult pays, les transitions démocratiques ont donné naissance à une ingénierie institutionnelle ayant permis la mise en place d’une panoplie d’institutions démocratiques achevées. Malheureusement ici chez nous en Guinée, plus d’un guinéen ne cesse de constater depuis quelques moments un certain nombre d’actes de tâtonnement du pouvoir qui n’honorent aucunement le Comité National pour le Rassemblement et le Développement (CNRD) dans son ambition de refondation de l’Etat qui se traduit par les (5) cinq ‘’R’’ : Rectification institutionnelle, Refondation, Rassemblement, Redressement et le Repositionnement.

Le choix revient à chaque pays de s’orienter vers le modèle qui lui sied le mieux, en fonction de ses réalités sociologiques, de sa vision et de sa géostratégie. Cette nouvelle réalité que vit notre pays depuis le 5 septembre 2021, appelle à un sursaut patriotique de tous les acteurs socio-politiques. Tout le monde doit s’impliquer et s’inscrire notamment dans la dynamique de proposition afin de faciliter le mécanisme de refondation de l’Etat enclenché dans notre pays depuis le 5 septembre.
Il y a une impérieuse nécessité aujourd’hui de faire renaître des idéologies politiques dans l’animation des Partis politiques afin d’éviter la manipulation ethnique, communautaire et régionaliste. En clair, l’hypothèse de la moralisation de notre cosmos politique et administratif est à évaluer avec minutie. Le souhait de plus d’un aujourd’hui est que l’élite dirigeante de notre pays soit vertueuse, patriote et républicaine pour mener à bien la mission qu’est assignée depuis la prise du pouvoir le 5 septembre 2021.

En un mot, la réussite du CNRD propulsera sans aucun doute notre pays sur le plan non seulement sous-régional, mais aussi à l’échelle internationale. C’est pourquoi justement, nous devons tous nous associer au noble combat des nouvelles autorités afin d’obtenir le changement toujours rêvé par le vaillant peuple de guinéen.

Soninké DIANE
Consultant Formateur
Entrepreneur-Engagé pour les causes citoyennes-sociales-developpement
Tel : 622 57 48 60

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