Transition : pourquoi ramener tout au débat politique ? (Par Mohamed Sita CISSE)

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Depuis leur prise du pouvoir, le colonel Mamadi Doumbouya et ses compagnons du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) ont toujours fait preuve de bonne foi,  de patriotisme, de responsabilité et de sagesse dans la conduite de la transition. Lors des premières concertations au palais du peuple, l’homme du 5 Septembre a clairement fait savoir qu’ils mettront de l’ordre dans la maison Guinée au triple plan politique, économique et social, avant d’organiser des élections libres et transparentes, de la base au sommet (communales, législatives et présidentielle). Des élections auxquelles aucun membre d’un organe de la transition (présidence de la transition, CNRD, Gouvernement de transition, Conseil national de la transition) ne sera candidat. Les autorités de la transition vont donc jouer le rôle d’arbitre impartial pour la crédibilité des différents scrutins.

Le 11 mai dernier, le Conseil national de la transition (CNT), en plénière extraordinaire, a tranché la question relative au chronogramme de la transition. Les conseillers nationaux, dans leur écrasante majorité, ont adopté 36 mois comme durée de la transition. Mais pour des raisons qui leur sont propres, certains acteurs politiques et de la société civile ont aussitôt rejeté avec vigueur ce chronogramme adopté par le CNT présidé par le très dynamique Dr Dansa Kourouma. Le G58 (composé entre autres de l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et de l’UFR de Sidya Touré), le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) et le RPG Arc-en-ciel et alliés font partie de ce lot là.

Contrairement à eux, il y a d’autres acteurs qui jugent plutôt réaliste le chronogramme de 36 mois. C’est le cas notamment du Bloc libéral de Faya Millimouno et du Front national pour la défense de la transition (FNDT) qui vient d’être porté sur les fonts baptismaux.

Pour tous les observateurs attentifs et avertis, les Guinéens seraient bien inspirés de resserrer les rangs derrière le colonel-président Mamadi Doumbouya pour mener à bon port le navire de la transition. Les uns et les autres devraient se garder de tout ramener à la politique.

Les problèmes auxquels les Guinéens font face ne sont pas que politiques. Le pays a nécessairement besoin d’être nettoyé avant d’aller aux élections. C’est pourquoi, les poursuites engagées par la CRIEF et les opérations de récupération des biens et domaines de l’État sur toute l’étendue du territoire national sont bien accueillies par tous les Guinéens de l’intérieur et de la diaspora. Donc, si une transition est essentiellement politique, elle doit aussi être mise à profit pour mettre de l’ordre dans la maison en menant des réformes courageuses sur le vaste chantier de refondation de l’État et de rectification institutionnelle. Ce qui permettrait de baliser le chemin du développement multisectoriel aux futurs dirigeants du pays.

Mohamed Sita CISSE

Ingénieur  

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