Tribune] Halte à la violation des droits des candidates voilées lors des examens en Guinée (Ibrahim Mansaré)

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🔴HALTE A LA VIOLATION DES DROITS FONDAMENTAUX DES CANDIDATES VOILÉES DURANT LES EXAMENS NATIONAUX EN RÉPUBLIQUE DE GUINÉE

Nous constatons depuis l’arrivée des nouvelles autorités un changement positif sur plusieurs plans au ministre de l’Enseignement Pré-universitaire de l’Alphabétisation, chose très salutaire et appréciable, vu l’importance de ce département dans la refondation de l’Etat.

 Toutefois, permettez-moi d’attirer l’attention dudit département sur une question cruciale et importante qui doit être résolue avant les démarrages des examens, en respectant les droits des candidates voilées conformément à la prescription de leur foi religieuse, c’est-à-dire l’islam.

 Il faut rappeler que le paradigme de droit aux convictions religieuses garanti par la délectation universelle de droit de l’homme, ratifié par l’Etat guinéen, Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la charte de la transition et surtout en tenant compte de nos réalités, mœurs, coutume, même religion sans parler des candidates issues des écoles franco-arabes.

Il sied que le droit vestimentaire doit être protégé et respecté, conformément à la déclaration des droits de l’homme du 26 août 1789, qui stipule dans son article 26, je cite : « les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants ». En plus, dans son article 10, je cite :

 « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ».

En effet, ces droits illustrent que : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte … »

La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, stipule également que : « La liberté de conscience, la profession et la pratique libre de la religion sont garanties. Sous réserve de l’ordre public, nul ne peut être l’objet de mesures de contrainte visant à restreindre la manifestation de ces libertés ».

De même, ces droits fondamentaux sont garantis par la Charte de la transition dans chapitre IV intitulé : Des libertés, devoirs et droits fondamentaux, évoque également dans son article 23 « Les libertés d’opinion, d’expression, de conscience et de culte sont garanties. Les conditions de leur exercice sont définies par la loi ».

C’est dans ce même sciage disait Nelson Mandela :

« Priver les gens de leurs droits fondamentaux revient à contester leur humanité même. »

Nonobstant, force est de constater que malgré ces arsenaux juridiques dans le cadre du respect de ses droits fondamentaux, certains cadres du ministère de l’enseignement pré- universitaire manifestent à travers leurs positionnements de responsable des centres des examens de stigmatiser une frange couche des candidates dans quelques centres au niveau national en leur demandant d’enlever leurs voiles. Elles se voient régresser et agresser sur leur droit fondamental, à savoir droit à la foi suivant les recommandations de leur religion.

Néanmoins, et surtout juridiquement, la laïcité ne veut pas dire : le rejet des valeurs de l’islam, elle ne veut pas non plus dire, la discrimination contre les valeurs religieuses.  Ces candidates qui se voient incapables de pratiquer leurs aptitudes religieuses est une violence contre leur conviction religieuse.

Toutefois, vu ce qui précède, il est inadmissible d’accepter cette violation flagrante. D’ailleurs, il faut comprendre que, la majorité de nos élèves sont de la confession islamique, le récent rapport de département américain estime le taux de musulmans a plus de 85% et plus de 75 pratiquants. Il est dès lors, inadmissible désormais d’ignorer et de violer les droits fondamentaux de ces candidates voilées dans des salles d’examen sans aucun fondement juridique légal.

En somme, nous demandons aux autorités éducatives, plus particulièrement le ministère en charge de l’Education, de ne ménager aucun effort pour le respect des droits fondamentaux de ces candidates, et prendre toutes les mesures idoines afin d’éviter la violation de ces droits, conformément à la déclaration universelle de droits de l’homme, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et en respectant également, la charte de la transition, pour des examens normaux sans problème ni souci, nous le souhaitons ardemment.

 Bonne chance à tous les candidats et toutes les candidates.

Mansaré Ibrahim

Banquier, Consultant en Finance Islamique & Porte-parole de l’Union des écoles franco-arabes de Guinée. 

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