Tribune] L’UFDG, l’UFR, la CORED… participeront-elles au cadre de concertation inclusif ? (Paul Moussa Diawara)

La messe est dite. Après avoir écouté durant une semaine le CNRD, le Premier ministre, les membres du gouvernement, les forces politiques, sociales, les leaders religieux, les Ambassadeurs du G5 (France, USA, Union européenne, CEDEAO, Nations-Unies), les Ambassadeurs de l’Égypte, de la Turquie…, Dr Boni Yayi recommande aux partis politiques ayant boudé le cadre de concertation mis en place par la junte militaire de rejoindre la plate-forme pour le dialogue inclusif.

« Le Médiateur a exhorté les partis n’ayant pas encore pris part au cadre de concertation initié par les autorités, lequel cadre pourrait être actualisé de manière consensuelle, de le faire afin d’assurer une transition apaisée », lit-on dans le communiqué de l’émissaire de la CEDEAO.

En effet, c’est la conclusion essentielle à retenir du séjour du médiateur de la CEDEAO à Conakry.

Boni Yayi dont la vocation de médiateur est de rapprocher les positions comme dans tout différend politique à l’image des accords de Linas-Marcoussis en France sur la crise ivoirienne, ne pouvait pas faire mieux. Sans subterfuge, c’est déjà un succès politique et diplomatique.

A présent, la voie est balisée, la solution sous-régionale s’aligne sur la solution guinéenne mise en place par les autorités du pays avec le cadre de concertation inclusif.

Ainsi, les yeux sont désormais rivés sur l’UFDG/ANAD, l’UFR qui ont demandé, exigé et obtenu la médiation de la CEDEAO par ricochet de la communauté internationale.

A rappeler que la médiation c’est la facilitation, la négociation, et non l’imposition ou le diktat.

L’UFDG/ANAD, l’UFR valideront-elles la recommandation du médiateur ? Rien n’est moins sûr, d’autant plus que leurs revendications loin d’être prioritairement politiques en relation avec la marche de la transition et le retour à l’ordre constitutionnel, se focalisent sur les questions judiciaires de leurs leaders, devenues la condition sine-qua-non de participation au dialogue.

Par cette démarche la transition est prise en otage, le processus bloqué ou ralenti non pas avec les agissements du CNRD qui a crée le cadre de concertation inclusif, mais par le refus délibéré de ces partis ou coalitions politiques d’y prendre part.

Ceci dit, le CNRD cédera t-il au chantage permanent et insupportable d’une certaine classe politique ?

En tout état de cause, si l’UFDG/ANAD, l’UFR… venaient à bouder le cadre de concertation, ils s’exclueront eux-mêmes du processus et le ciel ne tombera pas sur la Guinée, la recommandation diplomatique mais ferme du médiateur Boni Yayi étant la voie du salut. Ça s’appelle le suicide politique car, « les absents ont toujours tort », « La nature a horreur du vide », dit-on.

« Un homme averti en vaut autant », disait l’autre.

Paul Moussa Diawara, membre fondateur du CRAS

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