[Tribune] Participation des partis membres du FNDC à la présidentielle du 18, une victoire des urnes sur la rue

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Abdoul Kabélé, Ousmane Kaba, Cellou Dalein Diallo, ces trois noms vous dites certainement quelque chose. Ces trois hommes partagent des points en commun : ils sont tous membres fondateurs du FNDC et opposés à l’adoption de la nouvelle constitution, désormais tous les trois, candidats à la présidence de la république qui aura pour base juridique la constitution honnie du 22 mars.

Alors, que faut-il voir dans ces candidatures ? Un reniement de la lutte jusqu’ici menée ? Ou une adhésion à la force des urnes dans une démocratie ?

Il faut bien dire qu’il y a de tout ça.

D’abord, la participation à une élection est l’essence même d’un parti politique, c’est sa raison d’être pour autrement parler. Si les partis politiques de ces trois hommes ont décidé de participer à la présidentielle du 18 Octobre, c’est un processus des plus naturels.

Cependant, le bémol, le très gros bémol, le reproche pour certains, qu’on peut faire et qui est commun à ces trois personnes, est d’avoir refusé hier de participer au double scrutin législatives-référendum sous le prétexte de ne pas cautionner un 3e mandat en rejetant la constitution qui en est issue mais de participer aujourd’hui à un processus électoral dont la base juridique est cette même constitution.

Si ce n’est pas de l’incohérence et de l’inconséquence, appelez ça comme vous voulez. J’attends bien l’argument selon lequel si un des opposants remportait l’élection, il rétablirait aussitôt la constitution abrogée du 07 mai 2010. C’est une promesse qui peut se comprendre mais il fallait tout faire déjà pour ne pas qu’elle soit abrogée en prenant part au référendum dont l’issue finale a été son abrogation.

Le regret que l’on peut avoir en tant guinéen après ces derniers mois de crise politique est le sacrifice humain consenti dans cette hostilité. On aurait pu faire l’économie des morts, des dégâts matériels en s’engageant comme maintenant sur la voie des urnes. L’autre regret, cette fois pour les militants et les cadres de ces partis, c’est leur absence à la représentation nationale. Cette absence sonne comme le reflet d’un certain égoïsme des leaders de ces partis vis-à-vis des militants et des cadres de leurs partis qui pouvaient légitimement prétendre à des sièges à l’assemblée nationale surtout au vu de la composition du parlement sortant. L’élection présidentielle est la rencontre d’un homme et d’un peuple tandis que les législatives, c’est la rencontre d’un peuple et des Hommes. La leçon à tirer reviendra aux militants et sympathisants de ces appareils politiques.

La participation confirmée de ces leaders d’opposition à cette élection décisive dans l’histoire de notre pays est une très bonne chose. Elle dénote de la préférence par ces leaders de la force des urnes à la force de la rue dans une démocratie. Elle explique aussi que la dévolution du pouvoir dans une démocratie doit se faire par le truchement d’une élection où la possibilité est donnée à chaque citoyen d’agir sur le cours du destin collectif.

Nous pouvons certes critiquer leur décision de participation, qui est normale dans une démocratie, mais nous pouvons aussi nous en féliciter car dans notre pays le chemin de la rue mène le plus souvent à de la douleur dans des familles, dans notre nation tout court.

Il faut maintenant espérer des institutions arbitres de la compétition une totale neutralité, une parfaite indépendance et une grande transparence dans le processus pour aboutir à des résultats acceptés de tous en préservant ainsi la paix et la stabilité dans notre pays.

Félicitations à tous les candidats et que le meilleur gagne !

Par Alexandre Naïny BERETE

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