Un désaccord entre la classe politique ne profitera-il pas au CNRD ? (Ibrahima Chérif)

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Après le coup d’État du 05 Septembre, qui a réveillé monsieur Alpha Condé dans son sommeil luxueux au palais présidentiel par les forces spéciales. Cette prise du pouvoir a donné de l’espoir à une partie de la population Guinéenne, surtout à la classe politique, qui estime se débarrasser d’un régime hors norme. Quelques mois après, la question de répartition pour se faire représenter au Conseil National de la Transition (CNT), est devenue un gros fardeau entre les partis politiques (15 places seulement pour un nombre élevé de partis politiques) dans un petit pays comme la Guinée. En se référant de cette répartition, le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) n’a-t-il pas planifié ce désaccord afin d’avoir suffisamment de temps pour bien se positionner ou mettre en place sa suprématie ?.

Cette question mérite une réflexion énorme pour comprendre cette répartition des membres du futur CNT ; une peur vis-à-vis de la classe politique n’est pas à écarter et quand on sait qu’elle a été à la base de l’échec de la transition au temps du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD). Dans la mesure où elle a toujours été au centre des problèmes majeurs dans la crise politique guinéenne.

Ensuite, en tirant l’expérience du passé, le CRND veut suffisamment du temps pour redresser ce qui est tordu. Au jour d’aujourd’hui, le choix des membres au CNT, est le seul motif, empêchant la  détermination de la durée de transition. Il devrait fixer une durée et attendre l’appréciation des forces vives, mais leur stratégie est très complexe. C’est-à-dire, une fois que le CNT sera installé, décidera sur la base de quel principe de compte de vote (non élucidé) pourtant certains acteurs issus des forces vives n’ont pas la capacité politique de déterminer une durée d’une transition. Dans ce contexte, un vote d’une longue transition sera profitable au CNRD dont ce plan de répartition avec l’ensemble des acteurs du pays. C’est pourquoi, il fallait donner moins de place à ces partis politiques, qui sont capables de troubler cette transition à travers leur habitude d’insatiable politique et requête abusive.

Cette incompréhension entre la classe politique ne peut jamais rester sans conséquence pour une transition rapide, transparente et crédible. İl est difficile de voir l’objet qui nous perce les yeux. Tôt ou tard le duel aura lieu entre la classe politique et le CNRD, cela reste indéniable. Notre pays n’a pas besoin d’être gouverné, mais plutôt d’être géré. Un changement de régime facilite toujours les grandes réformes, tout peut y arriver d’un jour à un autre.

Encore, une remarque, la petite différence qui peut exister entre le CNDD et CNRD; il est à retenir que le CNDD manquait de stratégie politique, de vision et très bavard, contrairement au CNRD très stratégie avec des intellectuels à son sein, discret et à l’écoute de tous. Cette fois-ci, la junte militaire est armée de stratégie politique pour sucer un peu le miel du pouvoir. Leur œil est partout pour que rien les échappe. Il serait très difficile pour cette classe politique de dribbler le CNRD comme d’habitude avec le pouvoir civil, car, le CNRD est prêt pour conduire cette transition sans bruit. Nous attendons la fin de ce trajet, seul un peuple est capable de juger hier, aujourd’hui et demain.

Il faut qu’on change de mentalité pour changer notre Guinée, nous devons profiter de cette transition pour finir avec nos conflits d’intérêts politiques ou personnels, sinon cela ne sera profitable qu’à la junte militaire au pouvoir. Lorsqu’on observe les partis politiques en Guinée, nous voyons les personnes et pas des partis politiques. Un désaccord entre ces acteurs politiques, ne fera qu’à ralentir le processus, car la transition est purement politique et c’est une question qui se traite avec les politiques ou les partis politiques.

À défaut, le CNRD reste dans sa logique pour conduire cette transition quelque soit le temps (c’est eux qui ont fait le coup d’État), doit déterminer la durée et leur plan d’action pour une transition réussie. De toute façon, il y a toujours un piège quelque part, que nous ignorons tous, le moment venu et tout sera en face. La classe politique doit être vigilante et unie pour conquérir le pouvoir dans un meilleur délai. Par conséquent, dans la division profitera au CNRD, qui ne fait qu’observer leur comportement pour gagner du temps et la force nécessaire.

Ibrahima CHERIF, doctorant en Sciences Politiques et Administration Publique, à l’université Necmettin Erbakan en Turquie

Email : ibrahimacherif88@gmail.com

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