Un ministre accusé de corruption devient juge… anti-corruption

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Le choix du président brésilien Michel Temer est loin de faire l’unanimité…

Embourbé dans l’affaire Petrobras depuis plus d’un an, le président brésilien Michel Temer chercherait-il a étouffer les poursuites en imposant son candidat à la Cour suprême? C’est la dernière controverse d’un pays qui cherche tant bien que mal à purifier sa classe politique à la réputation peu reluisante.
Crise politique
Michel Temer
 avait remplacé Dilma Rousseff, destituée par le Parlement au mois d’août dernier. La présidente brésilienne avait en effet été écartée du pouvoir à la suite d’une longue bataille politique après 69 mois à la tête de l’État. L’intronisation du vice-président à la plus haute fonction nationale est pourtant loin d’avoir apaisé la crise et son impopularité atteint des sommets.
Juge inapproprié
Désormais, c’est la nomination d’un juge de la puissante Cour suprême qui pose question. Michel Temer a nommé Alexandre de Moraes pour remplacer Teori Zavascki, en charge du vaste dossier Petrobras et décédé en janvier dernier dans un accident d’avion. Or, le nouveau haut magistrat et ministre sortant de la Justice ne semble pas au-dessus de tout soupçon: plagiat, corruption, violation des droits de l’homme, le candidat à l’arbitrage juridique accumule les accusations. Malgré tout, le Sénat, à majorité présidentielle, devrait sans aucun doute valider son entrée en fonction, relate Libération.
Opération “mains propres”
L’opposition y voit là une manière d’entraver l’enquête “Lava Jato” (“lavage express”), l’opération “mains propres” nationale. Alexandre de Moraes obtiendrait un droit de regard sur une affaire à laquelle il est mêlé, au même titre que son supérieur hiérarchique. Plus d’une centaine de politiques, dont le président lui-même, sont toujours soupçonnés d’avoir participé à un gigantesque système de détournement de fonds destiné à remplir les caisses des partis au pouvoir. Après le PT (Parti des Travailleurs) de Dilma Rousseff et Lula, le PMDB de Temer et son allié du PSDB… de Moraes sont désormais rattrapés par le scandale.

Source: Libération

 

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