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USA-Iran : A quoi doit-on s’attendre en cas de conflit armé ? (Par Moïse Sidibé)

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L’Arabie Saoudite était trop vulnérable pour jouer à la guerre avec les Houthis du Yémen, qui, eux, n’avaient rien à perdre quand ils se sont rebellés contre la chape de plomb de leur gouvernement allié de l’Arabie Saoudite et ennemi de l’Iran, leur allié. L’ennemi de mon ami est mon ennemi.

Si l’Arabie Saoudite avait tout intérêt à ce qu’un conflit armé n’éclate pas à ses côtés pour faire couler à la douce son pétrole, il n’en était pas de même des rebelles du Yémen et de l’Iran sous embargo, qui cherchaient à tout remettre en cause pour une nouvelle donne dans la sous-région.

Dans cette affaire compliquée, tout ne tourne pas seulement autour du pétrole, mais aussi et surtout autour de la question sempiternelle de la prédominance des sunnites ou des chiites. A ce jeu, l’Oncle Sam, le père la gaffe, ne sait plus sur quel pied danser. Tenez bien, il a renversé le gouvernement sunnite à Bagdad pour le remplacer par un gouvernement chiite à cause du 11 Septembre 2001, où plus de la moitié des terroristes étaient des sunnites, à l’image de Oussama Ben Laden, dont Donald Trump vient d’annoncer la mort du fils et héritier. Dans ce jeu de « je t’aime moi non plus », dans cette interdépendance impérative, chacun fait son petit jeu hypocrite, mais sur le dos de l’Iran, les deux ont une convergence de vue à toute épreuve, bien que le gouvernement chiite de Bagdad soit dans leur grâce commune. Véritable embrouillamini.

Personne ne sait comment les Houthis, qui ont revendiqué les attaques sur les installations pétrolières sous haute protection, ont pu les atteindre. Mais d’où que viennent ces attaques, l’Arabie n’est plus en sécurité. Donald Trump a trouvé immédiatement le coupable : l’Iran, qui avait déjà descendu un drone que les Américains croyaient indétectable. Cela fait dire que l’Iran possède une défense anti-aérienne très révolutionnaire. Les Américains doivent revoir le système furtif déjà archaïque de leurs volatiles.

Les Iraniens au pied du mur n’ont plus rien à perdre, ils sont loin d’être recroquevillés sur la défensive, ils font même monter les enchères en rompant toute amorce de dialogue en vue avec les USA pour les pousser à l’action pour un chamboulement général, vaille que vaille, advienne que pourra. Mieux, ou pis, c’est selon, ils viennent de saisir un pétrolier, sous prétexte qu’il faisait du trafic dans le golfe. En clair, s’ils sont interdits de vendre leur pétrole, personne ne doit plus faire ce commerce à leurs yeux. Avec les pannes et avaries causées par les attaques en Arabie Saoudite, les spéculateurs de Londres ont déjà haussé le prix du baril de 15%, dit-on. En cas de guerre ouverte entre l’Iran et les USA, le Golfe sera impraticable, et le prix risque d’aller du simple au double, triple, voire plus. Voilà ce qui est visible.

En plus, la politique de sape pour pousser la rue à se révolter contre les mollahs tombe à l’eau. Les USA sont en train de faire le jeu des dirigeants iraniens. C’est tout le contraire que cherchait Donald Trump. Et plus encore, la flambée du prix du pétrole risque de faire basculer tous ses acquis économiques, son fonds de commerce pour un deuxième mandat, et enfin, doit-on dire que ce sera un autre foyer de guerre inextinguible qu’il a allumé ?

Mais si seulement ça ne se limitait qu’à cela, sans voir les ramifications tous azimuts, sans voir par exemple les Russes et Chinois profiter de l’occupation de Trump pour résoudre définitivement certains problèmes pendants qui leur tiennent à cœur en Syrie et à Hong Kong, pour ne parler que de ces contentieux.

Il faut sortir de cette logique de guerre, ça ne va dans l’intérêt de personne.

Moïse Sidibé

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