Usine KKT de Matoto : les employés remerciés réclament le paiement intégral de leurs salaires et leur règlement

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Les travailleurs de l’usine KKT Royale Sweets, une entreprise spécialisée dans la fabrication de Bonbons et de savons, située à Matoto ont encore manifesté leur mécontentement ce mercredi 30 juin 2022. Ce matin, ces manifestations ont empêché tout travail dans l’usine jusqu’à disent-ils satisfaction de leurs revendications.
Selon Ibrahima Kalil Camara, un des manifestants, ce sont des travailleurs dont les contrats de travail seraient terminés qui réclament une 520.000 Gnf comme règlement et le paiement intégral de leur salaire .
« Nous sommes venus pour travailler ici. On a signé un contrat avec monsieur Camara. Moi, j’ai fait 3 mois ici, d’autres ont fait 4 mois, 6 mois et ainsi de suite. Hier, il (le patron de l’entreprise) est rentré dans l’usine, il nous a dit, votre contrat est fini et demain, je vais vous payer à 19 heures, et de déposer nos tenues et partir. On lui a dit monsieur Camara, nous on ne peut pas partir comme ça sans nous régler. Si le contrat est fini, vous devez nous régler. Il a dit non, ici il n’y a pas de règlement entre nous. On a dit nous aussi il n’y aura pas de travail aujourd’hui. Nous sommes tellement nombreux, nous sommes plus de 100 et quelques personnes », a t’il expliqué
Et d’ajouter : « La direction nous a dit de partir porter plainte à l’inspection de travail. Nous aussi, on lui a dit qu’on ne peut aller là-bas. Le contrat n’a pas été signé là-bas mais plutôt ici à l’entreprise. Le boss nous dit que si on a la force, que lui il a l’argent. On demande aujourd’hui notre règlement et le salaire de 520 mille Gnf, le mois c’est 890 mille Gnf. On travaille ici de 9 heures à 20 heures. On réclame notre salaire et notre règlement parceque nous tous on doit aller à la maison. Ils veulent juste nous licencier sinon, c’est écrit sur le contrat qu’il est renouvelable. On a pas d’appel à lancer au maire parce qu ’au mois de novembre passé, nos amis ont grevé ici, ils sont partis jusqu’à la mairie et le maire a bafoué cette affaire. Le maire a été corrompu par la direction parceque le boss a l’argent et nous sommes pauvres ».

Sur place, un autre employé qui doit aussi partir dira qu’au moment où ils avaient manifesté au mois de novembre, le maire aurait instruit les responsables de l’usine, d’embaucher tout employé qui fait deux ans de travail. Pour lui, c’est pourquoi ces licenciement abusifs « Et aujourd’hui, l’entreprise a compris le système de la mairie. Donc, ils veulent casser ce système. Il (le PDG) dit tout élément qui fait six (6) mois, ou trois (3) mois dans son usine, tu ira à la porte. Et c’est son usine, on a pas discuté, on a pas pagaillé. On l’avait demandé de nous régler les mois de travail qu’on a effectué. Et l’entreprise a refusé. C’est ça notre manifestation. De nous régler. Moi, j’ai fais un (1) an et quelques mois ici. Aujourd’hui, on m’a demandé de sortir, que mon contrat est fini. Je n’en disconviens pas, moi je les ai demandé tout doucement, j’ai fait des mois et des années avec vous ici. Je n’ai pas pagaillé, je n’ai pas insulté. Vous m’avez demandé de monter je suis monté, vous m’avez demandé de descendre, je suis descendu. Maintenant, si vous me demandez d’aller à la maison, je suis d’accord avec vous. Mais ce que je demande, réglez moi. Vous ne pouvez pas m’envoyer à la maison avec les mains vides. Donc, c’est ça notre manifestation du jour », a indiqué Tomba Timothé Tolno

Un travailleur qui est à sa neuvième année dans cette entreprise soutient qu’il n’a été embauché qu’à la huitième année. Aujourd’hui, malgré la validité de son contrat de travail, il dit soutenir ses amis manifestants.
« Moi, je ne peux pas m’afficher, mais je soutient mes amis moralement. Puisque ce qui les arrivent aujourd’hui peut être moi demain. Moi, j’ai fait neuf (9) ans ici mais, je ne vais pas vous cacher, tout le monde souffre. En tant que travailleur, je réclame deux choses seulement. Les conditions de travail ne sont pas tellement remplies. Et il y’a des syndicats qui sont là selon moi qui ne sont pas reconnus par les travailleurs. Ils ne travaillent pas pour les employés mais ils travaillent avec les patrons même ce matin ce sont les syndicats qui ont accompagné les patrons à l’inspection de travail. Eux qui étaient censés nous défendre. Vraiment, nous souffrons surtout au niveau des heures. On travaille de 9 heures à 20 heures et avec seulement deux (2) équipes. Je ne suis pas concerné par la fin du contrat mais je soutient mes amis », a déclaré un travailleur qui a requis l’anonymat.

Rencontrés, les responsables de l’entreprise n’ont pas souhaité trop communiquer. Et au moment où nous quittions les lieux, le travail n’avait toujours pas repris à l’usine. Les forces de sécurité étaient sur place pour tenter une médiation entre les deux camps. Et quant aux travailleurs manifestants, ils demandent le paiement intégral de leurs salaires et leur règlement, condition sine qua non pour permettre la reprise du travail à l’usine.

Christine Finda Kamano
622716906

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