Veille de la Tabaski : les voyageurs en partance pour l’intérieur du pays à la merci des chauffeurs !

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Les passagers en partance pour l’intérieur du pays font face à un véritable casse-tête à la veille de la fête de Tabaski. C’est de la pagaille totale dans certaines gares routières  de Conakry. C’est le constat fait ce lundi 19 juillet 2021 par Mediaguinee.

A la gare routière de Kagbelen, ce sont les chauffeurs eux-mêmes qui fixent le prix du transport. Aucun contrôle, chacun fait ce qu’il veut. Pour certains chauffeurs, le tarif Conakry-Mamou est fixé jusqu’à cent cinquante mille francs ; Conakry-Labé deux cent à deux cent cinquante francs guinéens, au lieu de   cent mille francs  pour Mamou et cent soixante mille francs pour Labé comme d’habitude.

Hors micro, ce chauffeur nous confie qu’ils sont maîtres d’eux-mêmes puisqu’il n’y a même pas de syndicat à la gare routière.

«Il n’y pas de syndicat ici aujourd’hui. Nous sommes responsables de nous-mêmes. Donc, nous fixerons les prix de nous-mêmes et je ne vous dirai pas plus que ça. », a indiqué ce chauffeur.

 Assise dans un taxi, cette passagère fait part de sa déception par rapport au comportement des chauffeurs. 

«Moi je suis là depuis le matin. Je voyage de temps en temps à Mamou, mais présentement les chauffeurs sont en train de nous décevoir. Ils ont augmenté les frais de transport. Et  il y a plus de cinq voitures qui embarquent pour Mamou. Donc c’est ce qui fait qu’on retarde. Avec ça, on nous dit de payer cent cinquante mille comme transport. Moi en personne, j’ai payé deux cent mille francs guinéens (200000) : cent cinquante mille francs pour le transport et cinquante mille francs pour mes bagages. C’est trop ça. D’habitude, on paye cent mille francs Mamou-Conakry. Je suis très déçue de nos chauffeurs. Mais moi je ne les condamne pas, je condamne plutôt le gouvernement qui laisse tout passer chez nous en Guinée. », déplore Sarah sow.

«Je veux voyager pour Mamou mais le transport est très cher. Le chauffeur me dit de payer cent cinquante mille francs comme transport et soixante cinq mille francs pour mes bagages. Je lui ai dit de me laisser à cent vingt mille francs. Je veux vraiment fêter en famille. S’il me laisse à ce prix, je vais aller ; à défaut, je vais m’embarquer ailleurs. C’est depuis hier que je devais voyager mais les chauffeurs étaient plus chauds hier qu’aujourd’hui même, puisqu’ il y a des gens qui ont payé même deux cent cinquante francs pour se rendre à Mamou. Quand même, cela n’a pas commencé cette année. Chaque année, c’est comme ça.», a laissé entendre  Mamadou Aliou Barry, un passager.

Cet autre passager demande à l’État de les aider afin que les   années prochaines soient meilleures que les précédentes.

«Tout ça, c’est parce l’État est absent. Sinon, s’il y avait des bus de l’État, le coût du transport ne serait pas ainsi. L’Etat n’a qu’à nous aider à trouver les bus prochainement. On les plaide pour ça», a-t-il plaidé. 

Pour justifier cette augmentation du prix du transport, les  chauffeurs disent qu’ils ne peuvent pas venir avec les voitures vides par manque de passagers à l’intérieur.

«Nous avons augmenté le transport parce que nous ne pouvons pas aussi perdre. Moi je suis venu hier de Labé jusqu’à Conakry sans passagers. Tout le monde veut aller fêter à l’intérieur du pays. Donc, c’est dans leur intérêt si on  garait nos voitures à l’intérieur du pays sans venir les chercher ici à Conakry. Beaucoup n’allaient pas pouvoir fêter à l’intérieur du pays. On a fait tout ça pour les aider. Donc, c’est du gagnant-gagnant. Nous nous sommes sacrifiés pour eux, qu’ils acceptent de payer les deux cent cinquante mille francs pour qu’on ne puisse pas perdre aussi.», a indiqué ce chauffeur.

Certains chauffeurs ne  sont pas d’avis  avec ceux qui ont revu à la hausse le prix du transport.

«Je roule sur la ligne Conakry-Labé. Moi dans ma voiture , je ne parle pas de la voiture d’autrui, puisque ce que tu peux faire dans ta voiture, tu ne peux pas le faire avec les autres. Moi je ne vais pas augmenter le transport, moi à l’instant T, je fais payer cent soixante mille francs guinéens (160.000fg). Et ça, c’est le transport normal. Certains font payer aux passagers  deux cent mille, d’autres jusqu’à deux cent cinquante mille francs. Réellement, ce sont eux qui ont fixé ces prix. Comme ils ont entendu qu’il y a assez de passagers à Conakry, ils sont venus avec des voitures vides, sans passagers. Donc, ils veulent réclamer le transport aller- retour. Ils font tout ça à cause de la fête. Moi, je dirai à mes amis qui agissent de la sorte d’arrêter. Il ne faut pas profiter d’un moment de faiblesse pour fatiguer les gens. Je leur demande juste de maintenir le transport normal. Moi je suis chauffeur mais je ne le ferai pas. Dans ma famille, je suis le seul chauffeur. Donc si je fatigue les parents d’autrui, un jour mes parents aussi payeront les frais.», fait savoir Mamadou Alimou Barry.

A la gare routière de Gombaya, les chauffeurs disent respecter la norme en maintenant le prix habituel du transport.

« Moi je suis chauffeur, mais nous à Gombaya ici, le transport Conakry-Mamou est à cent mille  et cent soixante mille pour Labé. Nous condamnons cela. Ce n’est pas bon du tout.», dit Boubacar Baldé, chauffeur à Gombaya

A signaler que beaucoup de musulmans de Conakry et même ceux en dehors de la Guinée aiment fêter la Tabaski en famille et surtout à l’intérieur du pays. Beaucoup de citoyens souhaiteraient que le gouvernement réglemente le secteur du transport à l’approche des fêtes pour les années à venir.

 Christine Finda Kamano

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