Vers le renforcement du système de santé en Guinée : Le Ministère de la Santé et ses partenaires à pied d’œuvre pour la période 2020-2023

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Pour renforcer davantage le système de santé en République de Guinée, le ministère de la santé en collaboration avec ses partenaires techniques et financiers dont la Banque mondiale a opté pour une nouvelle approche, le financement basé sur les résultats. Il s’agit d’une innovation qui vise à renforcer le système de santé dans tous les pays du monde dont la Guinée à travers un certain nombre de normes et de principes. C’est dans ce cadre qu’une réunion de restitution sur la budgétisation des activités de financement basée sur les résultats (FBR) pour la période 2020-2023 dans les régions de Kankan, Kindia et quatre directions préfectorales de la santé a eu lieu ce mardi 10 novembre 2020 dans les locaux du ministère de la santé et de l’hygiène Publique à Kaloum. 

« Comme vous le savez, depuis un certain moment notre système de santé a atteint son paroxysme. Et quand un système de santé de façon générale atteint un certain niveau, il faut beaucoup d’innovations. Et l’une des innovations qui a montré une évidence mondiale est l’intégration de l’approche qu’on appelle le financement basé sur les résultats. C’est une approche qui vise à renforcer le système de santé dans tous les pays du monde dont la Guinée à travers un certain nombre de principes et aussi de normes. Le premier principe c’est la contractualisation, c’est-à-dire le Ministère de la santé va signer des contrats de performances avec toutes les structures dans les zones qui développent l’approche, et nous avons aussi l’un des principes c’est la séparation des fonctions. Le ministère de la santé a recruté des structures indépendantes, parce que tu ne peux pas être partie et juge. Ces structures-là sont chargées de vérifier les résultats au niveau des formations sanitaires qui vont signer des contrats de performances avec le ministère de la santé. Et une fois ces résultats sont vérifiés, ces résultats sont transmis sur un portail, c’est-à-dire sur une base numérique, et ces résultats seront vérifiés et validés. Après, sur la base de ces résultats, nous allons effectuer le remboursement. On va payer une prime de motivation aux structures qui sont performantes. Donc c’est vraiment pour nous une approche qui va être encore un plus pour renforcer le système de santé en République de Guinée », a expliqué Dr Daman Kéita, coordinateur de la cellule technique nationale de financement basé sur les résultats du ministère de la santé.

Selon Dr Alpha Amadou Bah responsable financement de la cellule technique de financement basé sur les résultats, cette budgétisation permettra de savoir le coût réel de chaque activité en termes de finances et de ressources.

« L’avantage de cette budgétisation c’est pour permettre non seulement aux acteurs de mise en œuvre mais aussi au ministère en tant que décideur de savoir par rapport à la mise en œuvre des activités qu’est-ce que ça va coûter en terme financier, en terme de ressources, pour qu’on sache si nous voulons améliorer la qualité des soins, nous pouvons motiver le personnel dans le cadre de l’équité. Il faudrait que pour la mise en œuvre, chaque activité doit coûter ça, chaque indicateur doit coûter ça. C’est ça l’intérêt de ce costing. C’est connaître le coût réel des mises en œuvre des activités dans la région de Kankan et de Kindia », précise-t-il. 

D’après une expérience, le financement basé sur les résultats permet d’améliorer les performances des structures de soins et des structures d’encadrement. A en croire Dr Sékou Condé Secrétaire Général du ministère de la santé, c’est ce qui a motivé la décision du ministère d’accepter l’initiative. 

« L’expérience a montré qu’en finançant seulement les activités sans s’intéresser aux résultats, ça ne permet pas de les améliorer. C’est dans ce cadre que de commun accord avec les partenaires techniques et financiers nous avons pris l’initiative de l’expérimenter. Et lorsqu’on veut mettre en place le financement basé sur les résultats, il faut mettre en place un dispositif de motivation, connaître les coûts unitaires et identifier les parties prenantes. C’est ce rapport qui a été présenté ce matin avec son incidence financière et les modalités de mise en œuvre. Nous trouvons que c’est extrêmement intéressant parce que le rapport nous indique que si nous voulons améliorer les performances au niveau des structures de soin, au niveau des structures d’encadrement que sont les directions préfectorales, régionales et même au niveau central, on a besoin d’une dépense moyenne de 4,45$ par tête d’habitant. Donc nous sommes dans cette logique, on va s’en approprier et commencer l’expérience dans 4 préfectures », a-t-il laissé entendre. 

A noter que le coût global de mise en œuvre du FBR dans les deux régions et quatre directions préfectorales de la santé, le niveau communautaire, 161 centres de santé de base, 9 structures privées et 4 hôpitaux pour la période 2020-2023 s’élève à 16.879.080$ soit 152.743.013.117 GNF.

Maciré Camara

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