Vers le tracé de la frontière entre la Guinée et le Mali : ‘’là où on s’accroche, pour le moment que personne n’y soit ! (Bouréma Condé)

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Les délégations guinéenne et malienne codirigées par le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation le général Bourèma Condé et son homologue malien Thièma Hubert Coulibaly ont été reçues mardi 5 décembre dernier par les populations de Kantédou-Balandou situé à 25 km de la sous-préfecture de Dialakoro, dans la préfecture de Mandiana. De là, les mandats se sont rendus à Gnaoulény dans le cercle de Kangaba en république du Mali où ils ont été aussi accueillis par une foule en liesse.

A Kantédou-Balandou ainsi qu’à Gnaouleni, partout les deux émissaires, entourés des autorités administratives des deux pays ont tour à tour présenté les condoléances d’usage du professeur Alpha Condé et d’Ibrahima Boubacar Keïta, respectivement président de la Guinée et du Mali, aux familles des victimes et rappelé les liens historiques qui ont toujours existé entre la Guinée et le Mali, avant d’inviter les deux communautés antagonistes à la restitution des biens saisis de part et d’autres lors des récents affrontements.

A cette occasion des enveloppes financières de 100 millions de francs guinéens et d’un million de francs CFA ont été respectivement offertes aux familles éplorées de Kantédou-Balandou par les gouvernements guinéen et malien.

Quant aux familles des victimes de Gnaouleny, 5 millions de Francs CFA leur ont été offerts par le président Alpha Condé.

Emu par ces gestes qu’ils qualifient de symboliques, Kolokolo Kanté porte-parole de la notabilité de Kantédou-Balandou et Souleymane Doumbouya, maire de Gnaouleny ont tout d’abord réaffirmé la volonté de leurs communautés respectives au raffermissement des liens de fraternité et cohabitation pacifiques entre nos deux peuples avant d’inviter les autorités à la concrétisation de la frontière le plus vite que possible.

A la question de savoir à quand cette matérialisation de la frontière, le général Bourèma Condé répond : « pour le moment, la première des choses c’est la mise en défend de tous les points litigieux, là où on s’accroche pour le moment que personne n’y soit. Pendant ce temps, les deux Etats mettent des bouchées doubles que cet objectif soit atteint c’est-à-dire le bornage de ladite frontière »

De son côté, le ministre Tièman Hubetr Coulibaly a tenu à préciser que les travaux sont en cours pour la délimitation rapide de cette frontière dont le problème de paternité continue à faire des victimes. « Nous avons pratiquement terminé la partie qui concerne la recherche documentaire, il y a les travaux qui sont en cours pour les propositions de tracée et après cette étape-là, nous avancerons vers le traité de cette frontière là que nous ferons ratifier par nos parlements » dit le ministre malien.

« Nous allons le faire aboutir rapidement parce que c’est un outil de gestion ça nous permettra de stabiliser tout cela et que les populations sachent quelle est la limite de tel ou tel territoire évidemment qu’un tracé n’interdirait pas à un Malien d’aller en Guinée ou à un Guinéen de venir au Mali mais ça permet aux Etat d’organiser et de réglementer », renchérit-il

Il est à rappeler que cette visite des deux hommes d’Etat à la frontière guinéo-malienne fait suite aux violents affrontements meurtriers survenus le 26 novembre dernier entre les habitants de Kantédou-Balandou et les gendarmes maliens au tour d’un site aurifère. Des affrontements qui auraient couté la vie à 5 guinéens et 12 maliens dont 2 gendarmes selon des sources officielles. Reste à voir désormais si ce passage des deux messagers guinéen et malien pourrait calmer les esprits en attendant la matérialisation cette de ladite frontière qui tarde depuis toujours à devenir une réalité.

Alpha Oumar Koïta, correspondant à Kankan, de retour de la frontière Guinée-Mali

(+224) 622-16-07-20

 

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