Victimes de manifestations : Alia Diaby de l’INIDH pense que ‘’c’est une violation du droit fondamental à la vie’’

Dans un entretien qu’il a accordé jeudi à Mediaguinee, le président de l’institution nationale indépendante des des droits humains (INIDH), Alia Diaby s’est prononcé sur la mort mercredi de deux jeunes à Conakry, en marge de la ville morte appelée par l’opposition républicaine. Tout en condamnant l’attitude des personnes qui sont à l’origine de ces différentes ‘’tueries’’, il a demandé l’ouverture très rapidement d’une enquête pour traduire les coupables devant les tribunaux.

‘’Pour ces deux nouvelles victimes, nous regrettons et c’est une violation du droit fondamental à la vie. Au-delà de ça, comme les événements se sont produits hier (mercredi, ndlr), nous sommes en train de documenter. S’il s’avère que ce sont les éléments de l’armée qui ont tiré sur les intéressés, ce n’est pas normal, c’est une situation anormale, irrégulière et inacceptable.  Nous demandons que les responsabilités soient situées. Ce que nous pouvons, c’est de regretter et de demander que cela s’arrête et que les responsables soient connus, identifiés, sanctionnés à la hauteur de leur forfaiture’’, s’insurge-t-il.

Quand on dit qu’une manifestation est interdite, ceux qui vont manifester ne sont plus des manifestants, ils sont dans l’attroupement illégal et c’est un problème entier

Interpellant la responsabilité de toutes les parties prenantes à la crise, le patron de l’INIDH soutient que tout cela est parti de l’interdiction de la manifestation.  Il soutient que ceux qui ne respectent pas l’interdiction de la manifestation ne sont pas des manifestants.

‘’Ce n’est pas aussi simple que cela, le problème est que nous sommes devant une situation politique dont on profite, Il y a plusieurs intervenants. Normalement, si les manifestations sont organisées conformément à la loi sur le maintien de l’ordre, je ne crois pas qu’il y ait de problème. Maintenant, si les manifestions ne sont pas organisées conformément à la loi, c’est là qu’il y a des problèmes. Quand on dit qu’une manifestation est interdite, ceux qui vont manifester ne sont plus des manifestants, ils sont dans l’attroupement illégal et c’est un problème entier. Si on dit que les militaires ont tiré sur les individus, c’est une situation qui est très complexe. Chacun a sa responsabilité, la police, la gendarmerie, les simples individus, chacun a sa part de responsabilité’’, ajoute-t-il.

Avant de terminer sa communication, le premier responsable de l’INIDH, Alia DIABY a fait une invite au président de la république afin de s’impliquer pour trouver un consensus politique.

‘’Il faut que président de la république accepte de rencontrer le chef de file de l’opposition pour dédramatiser la situation et pour ramener les pendules à l’heure, il faut que les autorités acceptent de négocier. Je pense que dans un Etat, on ne peut pas cesser de négocier ce n’est pas possible. Je demande à l’opposition de voir la situation nationale, il y a plein de gens qui profitent des petits mouvements de l’opposition pour faire de la pagaille, pour faire du vandalisme et faire porter le chapeau à l’opposition’’, conclut-il.

Mohamed Cissé

623 33 83 57

 

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