Vindicte populaire à Kankan : les analyses d’un sociologue sur le phénomène

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Le phénomène de vindicte populaire devient grandissant dans la commune urbaine de Kankan. Pour preuve, le 1er décembre dernier, un présumé voleur de moto d’une vingtaine d’années a été lynché à mort au quartier Morioulen. Et seulement une semaine après, deux autres ont été battus au centre de santé de Sinkèfara 1, dont un a succombé à ses blessures une fois conduit aux services des urgences de l’hôpital régional de Kankan.

Rencontré dans son bureau à l’université Julius Nyerere de Kankan, Dr Abdoulaye Otem Somparé, sociologue de formation, donne une brève analyse de ce phénomène.

« Les gens ont tendance à se rendre justice parce qu’ils pensent que lorsqu’on arrête un voleur et qu’il va en prison, ils pensent qu’il (le voleur) n’est pas jugé sévèrement et ils pensent qu’on libère très facilement les voleurs quand ils sont emprisonnés. Donc de telles violences ne doivent pas exister dans une société pour préserver la paix», a-t-il fait remarquer.

Pour mettre fin à la vindicte populaire dans la ville de Nabaya, celui qui est vice-recteur de l’université de Kankan, propose une piste de solution.

« Il faut sensibiliser davantage la population. Il faut aussi que la population ait confiance à la justice. Il faut qu’il y ait un dialogue entre les forces de l’ordre, la justice et la population. Pour lutter contre la vindicte populaire, moi, je pense qu’il faut lutter contre l’impunité », a-t-il proposé.

Il faut signaler que lorsque de présumés voleurs sont interpelés par la population, les forces de sécurité tardent à venir. Ce qui pousse le plus souvent les gens à agir de la sorte.

Ahmed Sékou Nabé, correspondant à Kankan

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